Sanseverino

« J’ESSAIE DE FAIRE DES ALBUMS QUI NE SE RESSEMBLENT PAS »

Du tango des gens à Tangomotán, il n’y avait qu’un pas, franchi par Sanseverino. En parallèle de ce projet tango, il mène une tournée solo en hommage au chanteur François Béranger.

François Béranger fait partie de vos classiques ?

Exactement ! C’est un des chanteurs libertaires que j’écoutais beaucoup. Il a œuvré pendant les années 1970 surtout, puis dans les années 80-90, mais il était surtout connu des anar’ nés en 40. Il ne jouait quasiment que dans des salles des fêtes de gauche ou des fêtes anar, des salles politisées, dans un circuit très engagé.

On trouve une vidéo de vous de 2015 où vous repreniez déjà un de ses morceaux : le projet de lui consacrer un album vous titillait depuis longtemps ?

Déjà sur mon premier album en 2001, je reprenais une de ses chansons, et dès que je peux le faire j’en profite. Cette vidéo correspondait à un tournage pour le journal Politis, qui sont des gens avec qui colle bien l’esprit de Béranger. Un jour on m’a demandé de chanter quelques-unes de ses chansons pour un festival, j’en ai profité pour faire un concert entier, et cela s’est transformé en album. Beaucoup d’albums naissent comme ça, au gré des rencontres, des suggestions, et des désirs des uns et des autres.

Ce n’est pas bizarre pour vous de vous glisser dans les paroles et musiques d’un autre ?

Non car je suis d’accord avec tout ce qu’il disait. Je m’étais déjà confronté au problème du « comment faire avec les chansons des autres » pour la tournée. Enregistrer l’album a ensuite été facile. Mais je n’arrive pas toujours à chanter les mots d’un autre : il faut vraiment que ça colle à 100%.

Et qu’est-ce qui colle entre lui et vous ?

Les idées ! L’injustice permanente, dans un monde où tout est conçu par et pour les riches, et les autres n’ont que le droit de fermer leurs gueules. Je prends un vrai plaisir à chanter et lutter pour ce changement, d’autant que ces textes se retrouvent dans l’humeur qu’on vit aujourd’hui un peu partout dans le monde, cette colère qui monte contre le pouvoir, qui réplique par la flicaille et la matraque. J’ai commencé à travailler le projet avant l’arrivée de Macron à la présidence. Le temps qu’on démarre la tournée, j’ai réalisé que les chansons, écrites à l’époque des dictatures grecque ou latinoaméricaines, parlent aussi de certains problèmes du présent que nous vivons. Il y a un véritable écho.

Vous avez mené un gros travail d’arrangements pour vous glisser dans sa musique ?

Je devais arranger des morceaux pour une guitare, donc il y a des trucs à trouver. J’ai arrangé certains morceaux à ma sauce, certains titres un peu folks que je joue un peu blues par exemple. Mais c’était un vrai plaisir de travailler les musiques des autres pour voir ce qu’on peut en faire.

Le tango avec Tangomotán, le blues avec Montreuil-Memphis… Quel sera le prochain univers que vous explorerez ?

Sans doute quelque chose d’assez rock, en trio, avec comme d’habitude une belle place pour les textes. J’essaie de faire des albums qui ne se ressemblent pas. Mais ce ne sera que fin 2020 !

Et avec plus d’une dizaine d’albums au compteur, que pensez-vous de votre parcours quand vous regardez dans le rétroviseur ?

J’ai connu une ascension sociale avec les premiers albums, puis une descente… Je passais moins dans les médias, ce qui m’arrange car je n’aime pas trop aller à la télé, il y avait aussi moins de monde aux concerts, puis ça s’est stabilisé. Depuis plusieurs années, je joue dans des salles qui me conviennent très bien, aux alentours de 500 places, des salles à taille humaine faites pour la chanson. Le fait que ce soit un peu descendu, qu’il y ait moins de promo et moins d’exposition médiatique me convient assez bien finalement.

Et le mot « intime » pour cet Intime Festival, c’est un mot qui vous parle ?

Bien sûr, ça résonne. La musique démarre dans l’intimité, avant l’invention de la sono, la musique est jouée pour quelques dizaines de personnes. Quand Mozart joue, c’est devant la cour du roi. Avant que la musique ne devienne populaire, elle était faite pour un nombre restreint de gens. L’invention de l’ampli a été géniale pour que tout le monde puisse entendre, mais sur les photos de Woodstock on se rend compte que les gens très éloignés ne devaient sans doute rien entendre ! Aujourd’hui dans les grands concerts on a les sonos, les grands écrans, c’est le contraire de ce qui est intime.

Quels sont les trois objets qu’on trouve à coup sûr dans votre loge ?

Un truc pour que mes cheveux restent en place, du gel ou quelque chose du genre, car j’ai une coupe de cheveux où j’ai beaucoup de cheveux sur le haut de la tête, et je rase les côtés, je dois donc faire tenir cette touffe en l’air. Je suis au bord d’annuler un concert si je n’ai pas de gel. Et bien sûr c’est le jour où je n’en ai pas que les photographes sont là ! Donc toujours un truc pour me coiffer, une trousse de toilette spécial concerts (brosse à dents, coupe-ongles pour ne pas m’arracher les ongles dans les cordes de la guitare…), et souvent il y a un bouquin. Sur cette tournée en solo je lis beaucoup car j’ai le temps entre les balances et le concert.

Rendez-vous à l’Intime Festival de Saint-Avertin le jeudi 6 février 2020 – www.ville-saint-avertin.fr.

www.sanseverino.net

[ Crédit photo CECILE RICHARD ]

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