La Petite Histoire… du castel Béranger

Cette mystérieuse bâtisse du boulevard Béranger aura plus d’une fois suscité la curiosité des passants.

Coincé à l’ombre d’un immeuble de six étages au look dépassé, celui qu’on appelait autrefois le castel Béranger a de quoi intriguer : briques, pierre blanche, et boiseries rouges, un je-ne-sais-quoi qui rappelle les maisons normandes du XIXe siècle, et une touche de néo-gothique qui lui donne un air de manoir hanté… Mais d’où sort donc cet hôtel particulier ?

De l’esprit d’un architecte évidemment, en l’occurrence, de celui de Stephen Sauvestre. L’homme n’est pas tombé de la dernière pluie puisque ce Parisien d’adoption a marqué la ville-lumière de plusieurs de ses travaux.

Membre de l’équipe de Gustave Eiffel avec qui il participe aux Expositions Universelles de 1878 et 1889, il est à l’origine de bien des hôtels particuliers de la Plaine-Monceaux… où l’on reconnaît déjà ce qui fera la spécificité du castel Béranger : un mélange entre bois, pierre et brique, pour édifier des demeures à la demande de riches commanditaires.

A Tours il en va de même, puisque ce n’est pas moins que la famille Gouin qui s’attache ses services. Si le nom vous dit quelque chose, c’est normal ! Ces Tourangeaux de longue date forment une véritable dynastie de banquiers qui fricotent avec les plus grandes fortunes du pays depuis le XVIIIe siècle. Et lorsqu’on a son compte en banque bien rempli, comme dirait mamie «il faut investir dans la pierre», ce que font bien sûr les hommes Gouin : des châteaux à Fondettes, Tours ou Nantes, des hôtels particuliers parisiens et tourangeaux, y compris le fameux « hôtel Gouin » de la rue du commerce, acquis au XVIIIe siècle.

Mais pour le castel Béranger, pas question d’acheter un vieil édifice : Georges Gouin le fait construire en 1884-1885. Grand hall intérieur, planchers, carrelages et boiseries, hautes fenêtres… Il fait bon vivre dans l’édifice qui change de main à la mort de son propriétaire en 1925.

Les religieuses de Sainte-Ursule s’y installent, pour y mener une vie beaucoup plus austère, rimant avec dévotion, école et pensionnat !

Il faut attendre 1949 pour que la Ville de Tours se porte finalement acquéreuse du castel qui depuis a hébergé l’Ecole de Droit, mais aussi plus récemment les Beaux-arts avant leur emménagement à Mame. Le castel Béranger est désormais le siège de la Cité Internationale de la Gastronomie. Une mutation qui méritait bien un nouveau nom faisant honneur à la bonne chère : la Villa Rabelais, bien sûr !

Photos © Tours Cité internationale de la Gastronomie en Val de Loire
Sources : Archives Municipales de Tours

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