Jean-Yves Lafesse

«  DÉCONNEUR PROFESSIONNELS »

Au micro de France Bleu Touraine tous les jours depuis la rentrée, Jean-Yves Lafesse nous en dit plus sur cet exercice matinal et sa carrière de « déconneur professionnel ».

Après plusieurs mois à l’antenne de France Bleu Touraine et France Bleu Breizh, vous avez trouvé votre rythme ?

J’ai surtout trouvé le rythme du réveil ! J’avais fait des matinales sur Europe 2, mais c’était il y a déjà vingt ans. Au départ, c’est une question de calage, avec ces deux chroniques sur deux radios. L’humour c’est un travail précis, c’est presque de la chirurgie, on écrit au scalpel, donc ça demande beaucoup de travail. On commence à écrire les chroniques suivantes dès qu’on vient de sortir de la chronique du jour.    

Le fait d’être sur une radio locale amène d’autres contraintes ?

Oui car on va chercher dans les actus locales. C’est l’amorçage des chroniques. On peut aussi raccrocher l’actualité internationale au local, en essayant d’imaginer comment cela se passerait chez nous, ou quelles conséquences cela pourrait avoir. Avec mon frère, avec qui je coécris, on part d’infos qui paraissent parfois fantasques ou absurdes, et on les traite de manière logique, en déroulant l’enchainement des événements. Ce qui m’intéresse dans tout ça, c’est « de quoi est capable l’être humain ? ». Et tout est possible ! Faire passer un message ce n’est pas mon truc : ce que j’aime, c’est m’interroger, et c’est aussi ce qui me fait rire.

Si l’on se penche sur votre carrière, on s’aperçoit que vous êtes monté sur scène assez tard… Pourquoi avoir attendu ?

La scène me terrifiait ! J’avais fait des études de réalisation, de mise en scène, et des études littéraires, mais je n’avais aucune formation pour la scène. Et petit, j’avais fait une allergie au talc lors d’un maquillage pour une pièce de théâtre, et ma première expérience sur scène à l’âge de 13-14 ans m’a laissé un très mauvais souvenir : devant plus de 600 personnes, je jouais le rôle d’un des avocats versaillais dans le procès de Louise Michel, derrière un masque, pétrifié pendant 1h30, face à mon grand-père, assis au premier rang. Entre ça et l’allergie, je n’avais pas vraiment envie de monter sur scène ! Puis avec le temps on m’en a parlé de plus en plus souvent, et j’ai fini par vouloir me lancer, malgré la peur. J’y suis allé à reculons, et les premières fois il y avait 100% d’appréhension et de per en moi. Petit à petit le curseur est descendu, et aujourd’hui je suis à 98% de plaisir et d’envie… Et toujours une petite appréhension, mais je crois que toute personne qui monte sur scène l’a.

Dans votre spectacle « Lafesse c’est du poulet », c’est vous, ou votre personnage de Germaine Ledoux qu’on retrouve sur scène ?

C’est une sorte de bataille de rires entre le mien et celui de Germaine, mais je fais en sorte que Germaine sorte vainqueur, qu’elle soit plus drôle : cette femme hors d’âge, qui bafoue les conventions de toutes sortes, est libératrice. Elle traverse toutes les barrières, casse les codes… Si on la met sur un bateau, elle sera celle qui s’écrie « terre en vue » sans rien voir à l’horizon, ou créera des continents inconnus. C’est pour moi l’occasion de déconner, d’être dans un échange festif avec le public, un peu dans l’esprit de la commedia dell’arte et de ces comédiens qui arrivaient dans un village, s’installaient sur la place et embarquaient le public dans leur farce.    

La farce est un mot qui vous décrit bien, non ?

Avec mes deux frères, nous avons grandi dans une famille de déconneurs : nos parents faisaient des blagues, nos grands-parents maternels aussi, notre enfance s’est déroulée dans ce bouillon de culture où nous avons développé ce sens du rire… sans savoir qu’on en ferait une vocation. Je ne me considère pas comme un comédien ou un comique, mais comme un déconneur professionnel, plus dans l’artisanat que dans un star-system qui ne m’intéresse pas.

Pour finir, petite confession : quelle est votre gourmandise préférée ?

Je suis plutôt salé… mais c’est trop difficile de choisir ! Récemment je me suis cuisiné des crevettes, je vous le conseille ! Vous les faites revenir dans du beurre (salé, évidemment !), avec du paprika et du piment d’espelette. Vous faites bien chauffer la poêle, vous mélangez avec une cuiller en bois. Et quand elles sont assez cuites (n’hésitez pas à goûter), vous faites flamber au whisky, ou avec un autre alcool (en extérieur, hein, évitons les accidents !).

« La Touraine aime Lafesse » tous les jours à 7h40 et 18h10 sur France Bleu Touraine.

https://www.francebleu.fr/emissions/la-touraine-aime-lafesse/touraine

[ Crédit photo ©JFotographie / LGPSpectacles ]

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