Ben Mazué

« Je raconte une histoire dans laquelle je mets mes chansons » 

Avec son album Paradis en bandoulière, Ben Mazué débarque pour la 1e fois au festival Terres du Son, le 13 juillet. L’occasion de lui demander comment il a vécu cette année.

Paradis sorti en novembre vous a amené à être très présent dans les médias, beaucoup qu’avant : comment avez-vous vécu cette exposition soudaine ?

J’ai plutôt eu la sensation d’avoir vu les portes s’ouvrir au fur et à mesure, très lentement…

Et cette lenteur vous convient ?

Tout à fait ! Je crois que lorsqu’on commence ce métier très fort, c’est difficile car il faut ensuite s’inscrire dans la durée. En tous cas mon but est de faire ce métier longtemps, donc m’installer sur le long terme, c’est plutôt cool, ça me va !

Dans Paradis vous évoquez une rupture amoureuse : ce n’est pas douloureux de s’y replonger pour chaque concert ?

Non car je n’y parle pas que de douleur : j’en parle aussi comme d’un triomphe, d’une victoire. Ce qui traverse l’album c’est l’idée qu’une histoire d’amour qui se finit n’est pas forcément une histoire ratée ou un échec. Donc il y a des moments optimistes, et d’autres poignants, touchants… Mais c’est aussi pour ça qu’on va voir des spectacles, non ? Pour être émus ? J’aurais eu plus de difficultés si j’avais eu un album dansant, car je suis nul là-dessus, je n’aurais pas su faire danser les foules tous les soirs !

Et que proposerez-vous sur scène ?

Ça fait quelques spectacles que c’est un format de conteur plus que de chanteur. Je raconte une histoire dans laquelle je mets des chansons. C’est construit un peu comme un seul en scène avec un orchestre qui joue et s’adapte aux différents moments de l’histoire. 

On vous voit plus souvent jouer en salle qu’en festival…

J’ai l’habitude d’un public assis, à l’intérieur, car je n’ai pas vraiment un profil de festival… Sauf cette année où les spectateurs seront assis, donc c’est l’occasion pour moi de jouer aussi en festival !

Et quel regard portez-vous sur cette année 2020-21 marquée par la pandémie ?

J’ai confiance dans la vie, je vis en me disant que des jours meilleurs arriveront. En tant qu’artiste, il arrive qu’on se confine volontairement quand on fait des albums, pour écrire des chansons, donc le confinement pouvait nous paraitre anodin, le 1er confinement l’a un peu été pour moi. Le 2e c’était différent car on devait commencer la tournée de Paradis, donc c’était difficile d’avoir à reporter les dates. Et difficile aussi d’être vu comme le cancre de la classe. La culture passait un peu pour le mauvais élève, qui n’aurait pas pu respecter ce qu’il fallait mettre en place pour éviter les contaminations.

Maintenant j’ai l’impression qu’on commence un peu à s’en éloigner, c’est agréable. Et les gens ont vraiment très envie de retrouver la culture, d’échanger, d’être émus. Ils en ont besoin.

Vous avez 40 ans cette année : crise de la quarantaine en perspective ?

Difficile de savoir ! Je n’ai pas la sensation de vivre une crise de la quarantaine, car j’ai l’impression que la crise de la quarantaine, ce sont des gens qui toute leur vie ont fait ce qu’il fallait, et qui se demandent à 40 ans s’ils font ce qu’ils veulent.

A travers les choix que j’ai fait, le choix de faire de la musique, j’ai l’impression d’avoir fait ce que je voulais, ce qui m’a un peu protégé cette crise-là. Ça ne veut pas dire que je ne peux pas être sujet à d’autres types de crise, attention ! Mais j’ai l’impression d’avoir fait ce que je voulais.

Et vous voulez encore de nouvelles choses ?

Je carbure au projet, c’est ma came ! Des projets artistiques, personnels, familiaux, avec les amis… Par exemple la tournée est assez dense et se termine avec des zéniths. Un zénith c’est une scène très spéciale, c’est mon grand projet du moment !

Et ça ne vous fait pas peur de jouer dans zénith de plusieurs milliers de places ?

Ça m’excite beaucoup ! Je trouve ça hyper intéressant d’aller se servir de cette matière qu’est le zénith. C’est différent des théâtres, c’est quelque chose qu’on peut réussir, à condition d’y mettre les ingrédients qu’il faut. Artistiquement c’est passionnant, il y a plein de choses à imaginer… mais je ne peux pas vous dévoiler ce qu’on fera !

Votre livre de chevet du moment ?

Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu, c’est captivant.

Le morceau que vous nous conseillez pour l’été ?

« The Hearse », de Mustafa, un artiste de Toronto, que j’aime beaucoup même si ça ne fait pas tube de l’été ! 

En concert le 14 juillet 2021 au festival Terres du Son www.terresduson.com (et le 3 novembre au Vinci)

Plus d’infos sur www.benmazue.com

Interview publiée dans le PROG ! nº182 de juillet-aout 2021.

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