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OLDELAF

"Personne n'est drôle en permanence"

Oldelaf a toujours marié humour et chanson, avec Oldelaf et Monsieur D puis en solo depuis 2010. «La Tristitude», «Le monde est beau»… Des titres qu’il a défendu sur scène à Terres du Son en 2012 et qu’il présentera à Avoine le 18 avril, mêlés aux nouveautés de son album «Dimanche».

Est-ce que nous aurons le plaisir de réécouter la «Tristitude» ou «Raoul» à Avoine, ou seulement le tout dernier opus  «Dimanche»?

Je sais qu’en tant que public si on va voir un artiste qu’on aime bien et qu’il ne joue pas ses titres les plus connus, c’est un peu snob... Comme je ne me suis pas lassé de ces chansons et que cela me fait toujours plaisir de les jouer elles seront bien là !

Sur votre album «Dimanche» certaines chansons sont plus dans l’émotion, et peut-être moins dans l’humour que les précédentes. Le titre « Je mange » évoque ainsi la solitude. Aller vers des choses plus intimes ou noires est quelque chose qui vous tente ?

On est tous pareils : personne n’est drôle en permanence ni triste 24h/24, et c’est ce que je voulais atteindre sur mes deux deniers disques en mélangeant des moments différents, et différentes manières de dire les choses. Pour « Je mange » le fond est triste, mais certains passages peuvent faire rire aussi. Depuis «Le monde est beau» je me permets de dire des choses sur un ton différent, c’est intéressant à écrire et j’ai l’impression d’être plus honnête en n’étant pas perpétuellement dans la bonne humeur, avec un projet qui me ressemble.

Ces chansons dans l’émotion sont-elles plus faciles à écrire ?

Disons que c’est plus facile en fonction de l’humeur que j’ai. Ecrire un truc drôle au moment où je n’en ai pas l’inspiration serait compliqué. L’inverse aussi : avoir envie de dire des âneries et se lancer dans l’écriture d’un texte sombre. J’essaie donc d’écrire le mieux possible, en fonction du sujet, du moment… Certaines chansons sont plus techniques à écrire, comme « Kleenex » coécrite avec Kyan Kojhandi : la forme demandait du travail, de la précision sur les mots.

 

Votre souvenir de la Touraine où vous étiez pour Terres du Son 2012 ?

Même si pendant notre passage à Terres du Son il s’est arrêté de pleuvoir… dans mon souvenir Tours c’est de la boue ! Je n’avais jamais vu autant de boue de toute ma vie !

Avec ou sans pluie, votre plaisir sur scène est communicatif : est-ce le même plaisir en studio ?

Cela n'a rien à voir avec la scène, c’est vraiment un autre travail dans lequel je suis un peu moins expérimenté mais qui me procure autant d’intérêt. Je pourrais tout à fait envisager la possibilité de ne plus pouvoir enregistrer de disque. Mais si on me disait que je ne peux plus monter sur scène je serais carrément dévasté. Faire des disques m’intéresse mais c’est moins vital qu’être sur scène.

On vous a vu d’ailleurs dans Bref, la mini-série de Kyan, et plus récemment dans HeroCorp : vous prenez goût à faire l’acteur ?

Je m’amuse à faire ce genre de choses même si ce n’est pas ma formation première : je ne suis qu’un invité. La musique c’est différent car j’ai étudié pour, cela fait longtemps que je travaille dans ce domaine, donc je m’y sens un peu légitime. Mais quand l’occasion se présente de faire l’acteur j’en profite et je m’amuse beaucoup, en étant mélangé à des gens de talent qui m’accueillent pour partager leur univers.

Etiez-vous satisfait de votre super pouvoir dans HeroCorp (l’invisibilité) ?

Malheureusement dans la série je ne pratique pas tant que cela, je ne m’en sers qu’une fois !

Autre projet, vos chroniques dans l'émission de Dave sur France 3. Comment diable êtes-vous arrivé sur "Du côté de chez Dave" ?

On m’a appelé fin août pour m’expliquer qu’une émission sur les chansons se montait et qu’on me proposait d’y faire des chroniques dès la semaine suivante. C’est le genre de choses qui retarde d’autres projets, car j’avais prévu de faire un album de chansons pour enfants. Mais je ne me plains pas, car je m’amuse beaucoup à le faire, cela demande beaucoup de travail, il faut trouver de bonnes idées,… Ce qui me fait plaisir c’est que je mélange encore une fois chanson et humour.

Vous envisageriez de faire de l’humour sans chanson ?

Je ne sais pas… je pense qu’il y a un souci de lâcheté : l’humour c’est génial quand ça marche, mais si cela ne fonctionne pas cela peut être très violent. Alors que l’humour en chanson, même si ce n’est pas drôle il reste quand même la chanson ! Une chanson peut se défendre par la musique, alors que je vois autour de moi à quel point les humoristes sont des angoissés, car chaque absence de rire est une claque terrible. Je ne pense pas avoir le courage d’être seul sur scène et d’affronter le non-rire. Peut-être qu’un jour je n’aurai plus cette angoisse, mais pour l’instant je n’ai pas de projet de cet ordre-là.

Au Zénith il y avait beaucoup de surprises, les Tourangeaux ont-ils des raisons d’être jaloux des parisiens ?

On essaie d’improviser à chaque concert, pour que chaque soirée soit différente. Donc on a bien sûr une base de travail pour que ce soit bien présenté, mais si on peut rajouter des surprises on essaie de le faire !

Un livre de chevet ? Je ne lis pas assez, à mon grand désespoir… En ce moment je lis «Nous deux (moins toi)» de Didier Tronchet, un petit fascicule facile à lire avec des chapitres courts….

Que fredonnez-vous en ce moment ? « La Maritza » de Sylvie Vartan car je prépare une chronique sur elle !

Dernier film vu au cinéma ? J’ai accompagné mes enfants pour voir Paddington.

Votre pire souvenir de scène ? Avec Monsieur D. on finissait par la chanson « Le Mont St Michel » avec une chorégraphie. Je dis donc « tout le monde se lève » et je vois au pied de la scène une rangée de gens en fauteuil roulant… J’ai essayé de me rattraper en rajoutant « enfin ceux qui peuvent »… Il y a eu 10 secondes vraiment terribles, j’aurais mieux fait de ne rien dire, je me sentais mal mais personne ne m’en a voulu… François Feldman avait fait la même chose au Téléthon, mais j’ai la chance qu’on ait eu assez peu de public ce soir-là donc pour moi cela n’a pas gâché ma carrière !

Retrouvez Oldelaf sur la scène de l'espace culturel d'Avoine le samedi 18 avril ! Réservations au 02 7 98 11 15.

 

 

Crédits photo ©Franck Bohbot.