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LOUIS CHEDID

« les concerts sont un moment d’humanité »

Après un an de concerts, Louis Chedid achèvera la tournée solo de l’album Deux fois l’infini en passant à Saint-Avertin pour l’Intime Festival, avant de revenir nous voir avec la famille Chedid en mai prochain. L’occasion pour PROG! de partir à la rencontre du chanteur.

Vous jouerez en Touraine à l’occasion de l’Intime Festival : l’adjectif « intime » vous ressemble-t-il ?

Cela dépend des morceaux mais c’est vrai que je ne suis pas un chanteur à voix tonitruante, je suis peut-être un chanteur à voix intime ? Le concert que je donne en ce moment est en tous cas un concert solo qui nous met vraiment le public et moi l’un en face de l’autre : il n’y a rien d’autre à écouter que tous les instruments dont je joue et ma voix. Donc cela crée un climat assez intime, mais cela ne veut pas dire non plus qu’on reste assis à écouter religieusement, cela s’anime en général beaucoup, les gens finissent debout, dansent… Les concerts sont un moment d’humanité et de partage entre l’artiste et le public et souvent il se passe des choses chaleureuses et c’est ce que je recherche, plus que la «performance».

Pourquoi cette envie d’enregistrer et de jouer seul ? On n’est jamais si bien servi que par soi-même ?

C’était mon 16e album et je trouve que chaque album est une expérience différente, en tous cas j’ai envie que ça le soit. J’avais envie de retourner à l’époque où je faisais mes premières maquettes, mes premiers disques: je faisais beaucoup d’instruments tout seul, la batterie, la basse… Par exemple sur des titres comme «Hold Up» j’ai fait presque tout ce qu’il y a sur le disque. Je voulais retrouver cette fraîcheur-là, être en studio avec un réalisateur et juste jouer. C’était un peu le cahier des charges pour cet album et il était cohérent d’aller jouer sur scène de la même façon, seul.

Sur scène vous serez donc seul avec tous vos instruments ?

Oui, c'est un concert solo que j'ai démarré depuis février dernier - St Avertin sera l'avant-dernier concert de la tournée. Cela faisait longtemps que j'avais envie de monter sur scène tout seul avec guitare, synthé, batterie, quelques boucles rythmiques, dans l'idée d'être seul en face des gens. Au début cela fait un peu peur mais c'est finalement assez extraordinaire, la relation est directe et c'est encore plus chaleureux que d'habitude.

 

Sur Deux fois l'infini le titre "Scoop" qui évoque la soif d'infos, les chaînes d'information en continu, a une résonnance particulière après les événements de janvier retransmis quasi en direct…

Dans ce titre "Scoop" je parle aussi de cette presse qui est paparazzi, qui poursuit les gens, qui crée des polémiques sans arrêt, qui adore cela, et c'est quelque chose qui me hérisse un peu. Je trouve que l'on est dans une époque où l'info est extrêmement rapide : il se passe un truc il y a 5 minutes au Pérou, vous le savez quasiment en temps réel à Paris, c'est la nouvelle donne. Mais dans le cas précis de Charlie on était tous extrêmement traumatisés, choqués et on attendait et on cherchait l'information pour savoir si les responsables ont été arrêtés, si le cauchemar se termine, des choses comme ça…

Dans ce monde de l'instantané où tout va et vient très vite, quelle place occupe la musique selon vous ?

Je crois qu'il y a la musique par le canal des grands médias, et la musique qui passe par une voie plus artisanale (même si elle l'est de moins en moins) avec plein de musiciens et auteurs-compositeurs qui diffusent leur musique par internet et se font connaître de cette manière-là. Ces voies nouvelles me semblent très intéressantes. Le fait de pouvoir faire de la musique chez soi avec un ordinateur et à un coût modeste rend les choses plus faciles. Quand j'ai démarré il fallait aller en studio où le magnétophone coûtait plusieurs dizaines de milliers d'euros. Il y a donc des choses très positives avec internet, et d'autres qui le sont moins, évidemment : les gens sont habitués à tout avoir de manière simple et presque gratuite, ce qui transforme l'amateur de musique en consommateur musicophage. Les choses vont très vite, vous regardez un film ou vous écoutez un disque, si les premières minutes ne vous plaisent pas vous zappez, alors que certaines créations demanderaient à être patient. Certains bouquins sont extraordinaires une fois qu'on a passé les 30 ou 40 premières pages. Je pense qu'on a moins l'habitude aujourd'hui de faire des efforts, on a besoin d'être séduit immédiatement.

Vous reviendrez en mai avec la famille Chedid, qu’est-ce qui vous rassemble sur scène avec vos univers musicaux différents ?

En plus du côté familial et des liens du sang il y a le côté musical, et c’est ce qui est rigolo. Mathieu, Anna, Joseph et moi on ne fait pas la même chose mais on est tous musiciens. Ce qui est amusant c’est qu’on sera sur scène tous les quatre, on formera vraiment un groupe, et on s’échangera les instruments, on passera de la basse à la batterie ou aux claviers. On ne va pas obligatoirement chanter chacun ses chansons à soi, on va tourner autour de tout cela pour faire un mélange, comme si on mettait des chansons dans un chapeau et qu’on tirait la première pour l’attribuer à tel ou tel d’entre nous. On va vraiment adapter les titres à nos quatre tempéraments.

En tant que père, avez-vous été content de voir vos enfants se lancer dans ce milieu pas forcément facile ?

Je n'étais pas mécontent, car je trouve que ce sont des métiers extraordinaires même s'ils sont difficiles. J'éprouve un plaisir immense encore aujourd'hui à faire ce métier, faire de la musique, monter sur scène. Mais on est toujours inquiet car on ne sait pas s'ils vont réussir et s'épanouir là-dedans. C'est sur ce point qu'on peut éprouver de l'inquiétude car ce n'est jamais gagné, mais ils ont tous l'avantage d'avoir eu un exemple. Mathieu me voyait, et connaissait les aspects positifs et négatifs, et Joseph et Anna ont aussi vu Mathieu, donc cela leur a donné un recul par rapport à ce métier que n'ont pas des gens qui démarrent sans connaître personne qui fasse cela. Aujourd'hui ils aiment ça et ils le font très sérieusement donc tout va bien ! A eux de faire leur chemin !

 

Votre expression préférée ?  Carpe Diem, profite de chaque jour !

Quel disque emmèneriez-vous sur une île déserte ? C'est une question qui tue…. J'emmènerais sans doute Le Clair de Lune de Debussy.

Etes-vous un peu cuisinier ? Je fais très bien l'épaule d'agneau avec des petites pommes de terre. C'est le seul plat que je fais, je le cuisine une ou deux fois par an et évidemment c'est un événement ! Aux dires de tous les goûteurs c'est une grande réussite !

Louis ChedidLouis Chedid sera sur la scène du Nouvel Atrium pour l'ouverture de l'Intime Festival le jeudi 5 février 2015. Réservations au 02.47.48.48.33. Quant à la famille Chedid, elle sera de passage à Tours le 13 mai 2015 (réservations www.cheyenne-prod.com ).