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LA PETITE HISTOIRE

DE L'HÔTEL GOÜIN

Pas besoin d’être Indiana Jones pour dénicher des trésors ! Et inutile d’aller courir le monde pour cela, comme l’ont compris les archéologues sans lasso ni chapeau qui se sont attaqués à l’Hôtel Goüin pour en révéler les mystères au cours de sa rénovation aujourd’hui achevée…

L’avantage des fouilles en plein cœur de Tours, c’est qu’on ne risque pas d’y croiser des mygales… juste un réseau de caves ou de leurs restes,  qui formaient autrefois un véritable labyrinthe né au fil des siècles: chaque propriétaire de l’Hôtel et des maisons attenantes y a mis sa touche, ouvrant ou bouchant accès et couloirs.

Mais l’Hôtel n’a pas à subir tant de changements puisqu’il ne sort de terre qu’a la fin du XVe siècle, à l’époque où Tours s’enrichit des soies et du commerce autour de la basilique Saint-Julien ! Erigé sur les ruines d’une domus de l’ère gallo-romaine, belle demeure dans un quartier cossu (déjà !), il prend la place de maisons romanes tout aussi notables.

Attention toutefois à ne pas tomber dans le panneau des mots : l’Hôtel Goüin n’était pas une auberge, et la famille Goüin ne l’a pas construit ! La demeure est un hôtel particulier sans doute bâti pour une riche famille de la région à l’époque florissante de la Renaissance, les Goüin n’entrant dans la partie qu’au XVIIIe siècle. Leur futur nid douillet est alors caché des regards indiscrets par deux maisons qui le séparent de la rue du commerce d’où on accède par un petit passage.

Pour cette famille aisée de banquiers, la cour s’agrandit et les logis sont détruits pour permettre un accès direct à la rue. Essentiel pour ces hommes qui mènent parfois leurs affaires depuis Tours vers Paris et l’étranger. Le maire de Tours en 1900, Eugène Goüin, fait restaurer la bâtisse. Mais l’Hôtel ne parvient pas à rester de marbre durant les bombardements de 1940 : seuls survivants, la façade sud encore debout aujourd’hui, et la tour d’escalier. On reconstruit en 1950 l’édifice principal, oubliant les jardins et les bâtiments de la cour Nord où s’élèvera bientôt le Centre d’Art Contemporain Olivier Debré.

La Société Archéologique de Touraine dont fait partie  Henry Goüin (encore et toujours banquier) s’installe dans ces lieux chargés d’histoire en 1925, avant de passer la main au Conseil Général en 1977. Après avoir entrepris une grande rénovation, le Département rouvrira cette année les portes du fameux bijou tourangeau  pour plusieurs événements... L’occasion d’en pousser la porte pour plonger dans l’histoire !