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PIERRE-ALEXANDRE RISSER

« A chaque saison correspond une facette différente du jardin » 

Jardinier-paysagiste depuis une trentaine d’années, Pierre-Alexandre Risser s’est fait une spécialité des jardins urbains. Pour le festival de Chaumont-sur-Loire, il s’aventure en Touraine, autour du thème « Jardins de Paradis ».

Vous avez choisi la voie de la mythologie grecque pour traiter le thème du festival, avec votre jardin « Agapé ». La mythologie vous intéresse ?

J’avais été séduit par l’idée des Grecs de parler de l’amour de dix façons différentes, et je m’étais dit qu’il serait intéressant de faire un jour un jardin autour de ces interprétations. Quand le festival m’a invité pour une « carte verte » sur le thème du paradis, c’était donc une évidence de partir sur cette piste-là.

Un jardin est forcément changeant : y aura-t-il une période idéale pour visiter celui-ci ?

Il a été planté en mars-avril, donc depuis juin les végétaux commencent à s’exprimer, jusqu’en octobre.

Et ce n’est pas frustrant de créer une œuvre qui va évoluer, puis faner ?

Au contraire ! Car la création va se sublimer au fil des mois qui vont passer, avant d’entrer en dormance… A chaque saison correspond une facette différente, et à Chaumont c’était intéressant de travailler avec des capucines, des cosmos, des pois de senteurs : on a les plantés, vus lever et fleurir, pour voir émerger complètement la création, chose qu’on ne peut pas forcément faire pour d’autres événements comme Jardin Jardins aux Tuileries, où les jardins ne durent que cinq jours.

Jardin Agapé ©Eric Sander

Concrètement, créer un jardin, cela commence avec un papier et un crayon, dans un bureau ?

Il y a une première phase de réflexion. On dessine des jardins, on les réalise, on les conçoit, on les entretient : c’est pourquoi je me définis comme "jardinier-paysagiste" plutôt que comme paysagiste, car nous avons aussi une pépinière. Il faut redonner ses lettres de noblesse au métier de jardinier, qui consister à savoir faire pousser les plantes… mais aussi à savoir les assembler, pour créer des ambiances. La parcelle qui m’a été attribuée à Chaumont était déjà plantée, et comportait un étang que je voulais inclure à la parcelle, pour m’intégrer à une végétation qui existe déjà, et profiter de la présence d’eau. Avec l'idée qu'un jardin de paradis est forcément un jardin de bien-être. Ensuite nous avons pensé que le paradis c’est l’amour, donc je me suis demandé ce qu’était l’amour, ce que voulait dire « aimer »… On en revient à nos racines grecques, puisque les racines de l’Europe c’est l’Antiquité et la Grèce.

Et pour vous, le paradis c’est quoi ?

C’est être dans son jardin ! Qu’on l’ait planté ou que ce soit une parcelle de nature, le paradis c’est être dans cet environnement où l’on se sent bien, où on oublie le monde extérieur pour se retrouver avec soi-même ou avec les autres, un endroit où on partage des moments de vie qui vont rester.

chaumont sur loireVisitez le Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire jusqu’au 3 novembre 2019 ! Et pour suivre les actualités de P-A. Risser, rendez-vous sur son site en un clic.

 

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