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BRAHIM

«  il faut un nouveau départ »

Artiste tourangeau confirmé sur la scène reggae française,  Brahim revient cet automne avec un 4e album intitulé Déconnecté. Associé à Manu Digital il propose un opus reggae engagé et inspiré du quotidien.

Tu viens de sortir ton album "Déconnecté" chez Baco Records, label de Danakil : comment est née cette collaboration ?

Quand j'ai sorti mon album Dans quel monde on vit en 2000 ils commençaient la musique et cet album les a beaucoup inspirés. Le temps a passé, ils ont monté leur groupe qui a bien marché, ils ont tourné, monté leur label et naturellement ils sont venus me voir pour produire mon avant-dernier album qui s'appelait Sans Haine, et ensuite Déconnecté.

Sont-ils intervenus uniquement sur la production ou aussi sur la partie artistique ?

Ils coproduisent, tout ce qui est artistique c'est moi et Manu Digital.

Comment choisis-tu tes réalisateurs ?

Pour mon album Sans haine j’ai bossé avec un musicien, Kubix, un guitariste. Je compose mais je ne suis pas un vrai musicien : je sais poser mes mains sur un clavier, composer, mais pas comme un virtuose ! C’est pour ça que j’aime bien m’associer toujours avec un musicien, c’est mieux et ça donne une couleur différente à chaque album.

Et comment s'est fait l'échange avec Manu Digital ?

Lui habite en région parisienne et moi à Tours, donc il m'a envoyé des débuts de musique, j'ai vu ce qui me plaisait et j'ai commencé à écrire et je montais ensuite à Paris chez lui pour bosser le tout ensemble, un travail d'équipe.

Il t'accompagne aussi en concert?

Oui, les concerts sont mi-soundsystem mi-live avec des machines et Manu est à la basse en live sur scène.

 

 

Vous avez choisi ensemble les premiers titres clippés - "J'allume la télé" et les suivants ?

C'est vraiment un travail d'équipe à chaque fois, on se pose la question de ce qui est bien, ce titre ou un autre… Pour "J'allume la télé" tout simplement on aimait bien le morceau, ça nous parle par rapport à notre époque… En vérité on a envie de clipper tous les morceaux si on pouvait ! On en a déjà 4 : "J'allume la télé", "Le sable", "Toujours opé", et bientôt "Second Rôle" qu'on devrait publier fin novembre.

Tu parles dans le 1er titre du danger se laisser emporter par son ego, est-ce quelque chose que tu as connu au cours de ta carrière ?

Pas seulement dans ma carrière, dans ma vie… mais il n’y a pas que moi. Si on était plus sages dans certaines situations ça nous emmènerait dans moins de problèmes. Je parle du vice et de l’ego : on a tous des petits trucs qui ne sont pas bons pour nous. C’est bien d’avoir un certain ego aussi, mais quand j’en parle c’est par exemple lorsque tu ressens le besoin de te venger… On pourrait écrire un livre sur ça ! C’est un sujet qui me touche car parfois il se passe des trucs dans la vie et il faut que tu prennes ton mal en patience et que tu la fermes.

Avec le temps c'est quelque chose que tu arrives à faire de plus en plus ?

Oui… Des fois il vaut mieux fermer sa gueule.

L’album offre une vision assez critique du monde dans lequel on vit - le business, la télé, l’argent… Tu es pessimiste ou tu estimes qu’il y a des choses porteuses d’espoir ?

Mon opinion personnelle c’est qu’il faut un « nouveau départ ». Je ne vais pas non plus refaire le monde. Mais ce pessimisme qu’on peut percevoir c’est pour aller vers quelque chose de plus positif. Le monde a été construit sur des mauvaises choses, le système, tout ça… L’autre fois j’écoutais un truc où ils disaient qu’on était dans une période pré-insurrectionnelle et c’est ce que je ressens. Dans le morceau « A peine le temps », ce que je veux dire c’est que je ne comprends pas comment tu peux travailler et galérer quand même à compter tes sous, ça ne me rentre pas dans la tête, on a une vie où on ne fait que galérer, engraisser l’Etat en restant la tête sous l’eau… Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui devraient changer dans le fonctionnement du système, dans le fonctionnement de ce monde.

Si tu avais une baguette magique tu changerais quoi en premier ?

… je ne sais pas, il y a tellement de choses à changer ! Je pourrais dire "la paix dans le monde" et blablabla, mais l'humain se prend la tête sur tellement de choses, des trucs bidons, on est parasité tous les jours…

Quelle serait la fonction de la musique dans ce monde ?

A mon échelle la musique m'emmène ailleurs, cela me permet d'écrire. Certains ont un journal intime moi j'écris dans mes chansons. Je pourrais écrire dans un cahier le soir juste parce que ça me fait du bien d'écrire et de sortir quelque chose. Pour moi la musique, c'est un deuxième cœur. Mais en général la musique fait du bien à tout le monde, toutes sortes de musiques, la musique engagée, la musique plus festive, il faut de tout.

Tu considères que tu fais de la musique engagée ?

Souvent je dis que je suis un humain concerné, et j'écris. Après je ne suis pas un militant à fond. J'ai plein de chansons d'amour aussi, qu'un jour je sortirai, j'en ai déjà mis quelques-unes dans mes albums précédents. C'est bien de faire des trucs engagés et d'autres plus légers. J'aime bien une phrase qui dit "ne sois pas trop doux car on t'avalerait, ne sois pas trop amer car on te cracherait". Il faut essayer d'être dans un juste milieu.

Brahim par Eric SintèsLe dessinateur Eric Sintès a fait un portrait de toi intitulé "Prince du reggae français", c'est un titre princier que tu assumes ?

Je ne me considère pas comme un prince, c'est trop pour moi mais c'est joli, un bel hommage. D'ailleurs Eric Sintès dessine très bien.

Le reggae français fonctionne-t-il plus comme une famille ?

Dans le reggae on se connaît un peu tous. Mais je me sens souvent seul. Peut-être parce que j'ouvre ma gueule… même si je ne suis pas seul, je suis entouré, mais c'est un sentiment que j'ai parfois. Mais j'ai commencé la musique dans un groupe et j'ai réalisé que j'aimais être indépendant, donc c'est sans doute pour ça aussi. Bien sûr on ne peut pas faire les choses seul, c'est juste un sentiment. En tous cas je ne me sens pas comme faisant partie du milieu du reggae, ni d'aucun autre. Il y a cette phrase "Je ne suis d'aucun côté, je suis un enfant de Dieu, seule la raison du Juste a de la valeur à mes yeux" qui reflète un peu ça.

 

 

Ton petit plat préféré ? Il y en a plusieurs, j’aime bien le poisson, le sashimi mais comme il faut arrêter de manger du thon rouge…

Ton programme préféré à la télé ? J'aime bien les émissions sur la nature, la cuisine, des choses intéressantes… et le zapping aussi, qui est un bon reflet de notre époque. Quand tu regardes des zappings d'il y a 10-15 ans et aujourd'hui c'est comme une horloge qui nous donne l'heure de ce monde.

En ce moment sur ton ipod ? Plein de trucs, j'écoute de tout, en ce moment plutôt du hip hop, de la soul.

Ton meilleur souvenir sur scène ? Ils sont nombreux mais sans doute le jour où ma fille m'a rejoint sur scène à Aucard de Tours.

Les 3 albums que tu emmènerais sur une île déserte ? Compliqué… Bob Marley, Marvin Gaye et Stevie Wonder… Mais trois ce n'est pas beaucoup, j'écoute tellement d'artistes ! Jacques Brel, Al Green…

Le cliché sur le reggae que tu détestes ? Le joint, et les mecs qui se prennent pour des Jamaïcains alors qu'ils ont peut-être grandi en Normandie ou dans le Pas-de-Calais.

Le cadeau de Noël que tu rêverais d’avoir? PROG! va me l’offrir ? (rires). Un studio d’enregistrement, soyons fous !

Retrouvez l'album de Brahim "Déconnecté" chez tous les bons disquaires et ses dates de tournée sur sa page Facebook de Brahim !