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Gringe © Mika CotellonGRINGE

« Ni mieux ni moins bien, juste différent »

Acolyte de longue date d’OrelSan, Gringe se lance en solo ! Dans son album Enfant Lune, il se dévoile, et n’hésite plus aujourd’hui à suivre ses envies, en musique ou au cinéma. Rencontre avant son passage à Terres du Son.

La dernière fois qu’on vous a vu à Terres du Son c’était en 2016 avec les Casseurs Flowters : ça change beaucoup de choses d’être maintenant seul sous les projecteurs ?

Il y a une appréhension avant de monter sur scène, car je me dis que ce sera moins confortable que d’être avec mon pote. Mais je suis accompagné de DJ Pone, un homme d’expérience et un ami, donc j’ai toujours un bouclier avec moi. Et les gens chantent aussi, donc je me sens entouré. Finalement ce n’est ni mieux ni moins bien, juste différent.

Dans votre album on trouve beaucoup de titres très personnels : qu’est-ce qui vous a amené à vous dévoiler ainsi ?

J’avais quelques mois d’écriture dans les pattes, avec des choses qui allaient dans le sens des Casseurs, mais sans colonne vertébrale. Je savais que je voulais aborder le sujet de la relation avec mon père et ses ricochets sur mes relations sentimentales, et aussi la maladie de mon frère (schizophrène, ndlr), mais de manière pudique… Une fois que j’ai fini ces deux morceaux, « Pièces détachées » et « Scanner », je me suis dit que je devais poursuivre ce travail d’introspection. Le résultat est un projet très personnel, qui n’aura pas un succès commercial énorme, mais je suis heureux de voir que les gens qui l’ont écouté ont été touchés.

 

Si vous pouviez vous revoir à 18 ans, vous vous donneriez quel message ?

Fais-toi confiance, ne flippe pas, ne sois pas aussi attentiste, et embrasse ce côté contemplateur que tu as. C’est cela qui au final m’a servi à mieux me connaître, à développer une curiosité pour les gens et le monde qui m’entourent, et qui me permet d’écrire aujourd’hui.

Justement, pourquoi avoir attendu longtemps avant de vous lancer en solo ?

Je crois que c’est une question de timing. Tout ce que j’ai pu faire avec Orel, c’est de l’expérience engrangée, jusqu’à ce que j’aie envie de me dire « ça y est, je suis capable de faire un album, j’ai l’expérience en studio et sur scène ». C’est une histoire de bon moment, de confiance et d’envie.

 

Vous êtes aussi comédien : c'est quelque chose qui vous tentait depuis longtemps ?

Pas depuis si longtemps, j’ai ressenti du plaisir à jouer et l’envie de recommencer sur le film Comment c’est loin qu’on a fait avec Orel. C’est quelque chose que j’ai envie de poursuivre, je tournerai dans deux longs-métrages à l’automne. Ma passion première avant ma découverte du rap, c’était le cinéma, depuis l’enfance. Ma maman a longtemps été comédienne. Je n’avais jamais eu l’ambition d’être comédien, ça m’est tombé dessus un peu par hasard, mais je me demande si ce n’est pas un peu une histoire d’ADN...

Quel regard porte votre maman sur les films dans lesquels on vous voit ?

C’est une fierté pour elle, mais elle porte aussi un regard critique sur ce que je fais, toujours bienveillant, en me disant ce que je peux améliorer ou ce qui foire. J’ai l’impression que ça la galvanise un peu. J’ai joué avec elle dans les Chatouilles, nous sommes allés au festival de Cannes pour la sélection Un Certain Regard. Quand les lumières se sont rallumées dans la salle, je me suis tourné vers elle, pour observer sa réaction, et je la sentais émerveillée, fière, plieine d'émotions fortes.

Avec plusieurs cordes à votre arc, vous avez d’autres envies artistiques ?

J’avais envie peut-être de me lancer dans l’écriture. Et il se trouve qu’un éditeur parisien m’a proposé de m’accompagner. Je suis en train de préciser un peu mes idées, pour savoir quelle direction emprunter, mais ça pourrait être sympa !

 

La chanson que vous chantez sous la douche ?

Disons que la musique d’Alain Bashung m’accompagne pas mal au quotidien, en ce moment je chantonne souvent La Nuit je mens.

L' oeuvre d’art que vous auriez aimé créer ?

Ce qui me vient tout de suite à l’esprit c’est le triptyque de Jerome Bosch (Le Jardin des délices) qui évoque la Genèse, les enfers… C’est un tableau que j’ai étudié il y a longtemps et qui est fascinant, subversif, c’est une folie de détails et de symboles.

TDS2019Retrouvez Gringe en concert samedi 13 juillet au festival Terres du Son, Monts. Pour réservez, on clique ici. Et pour suivre l'actu de Gringe, direction sa page Facebook.

 

CREDIT PHOTO © Mika Cotellon

 © Mika Cotellon