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HK

« J’ai pris le parti de me battre en musique »

 

Avec ou sans ses Saltimbanks, HK ne lâche rien, et surtout pas l’envie de partager ses chansons. Avant une mini-tournée en Touraine pour les Cinq Scènes en Campagne, il nous en dit plus.

 

« Chanteur engagé », l’expression est galvaudée, mais elle vous va bien ?

L’image du chanteur ou de la chanteuse engagée est ancienne et a traversé les époques, disons que j’aime bien l’idée d’être dans cette tradition, celle de mes idoles comme Bob Marley, Bob Dylan ou Jean Ferrat.

Et ce n’est pas fatigant de se mobiliser depuis des années, sur les mêmes sujets, comme si rien ne bougeait ?

J’ai pris le parti de me battre en musique, donc c’est beaucoup moins fatigant que d’autres formes de luttes ! En tant qu’artiste on est là pour ça : apporter de la musique, de la poésie, de la joie et du sourire dans la lutte, et apporter la lutte dans la musique… sans oublier pourquoi on se bat : un monde plus juste, et pour ces petits moments de bonheur partagé qu’il faut prendre le temps de vivre… J’ai essayé de mettre la pédale douce sur l’engagement dans mes chansons, mais je n’y arrive pas. Chassez le naturel, il revient au galop !

Il y en aura peut-être une ou deux, mais ce n’est pas l’objectif de cette tournée 2019. Il y aura en tous cas les deux dernières sorties, en soutien à l’Humanité et le "Alors on change" sur la mobilisation pour le climat.

Vous avez même participé à une pièce de théâtre, Le coeur à l'outrage, elle aussi engagée... ?

Elle est extraite du dernier roman que j’ai écrit, autour des attentats, dans la lignée de la chanson « Ce soir nous irons au bal ». Elle pose la question de comment, en tant qu’individus, et en tant que société, on peut se positionner dans cette époque, face à de tels événements, en faisant front ensemble, pour en ressortir avec encore plus d’humanité. C’est une idée d’engagement positif, d’essayer de construire les choses qui m’anime. On m’a beaucoup connu avec la chanson « On lache rien », un hymne de la contestation, que je ne renie pas, mais je ne crois pas qu’en ça : il faut garder aussi notre envie de rêver, dans une société ou être un rêveur est devenu péjoratif.

 

Jouer en milieu rural, comme avec les Cinq Scènes en Campagne de Touraine, c’est aussi un engagement ?

J’essaie de jouer partout, et surtout là où cela peut être plus compliqué. Heureusement des gens s’impliquent dans la vie associative, ils font vivre la culture là où on en a besoin, loin des lieux où l’offre est pléthorique. On se sent moins utile quand on est un concert parmi 300 autres dans une grande ville. C’est finalement la tradition du saltimbanque : être sur la place publique (ou dans les salles pour ce coup-là !) et créer un événement avec une guitare, un public, dans la simplicité du moment.

Vous viendrez chez nous avec un nouveau format ?

On sera sur un format très acoustique, contrebasse, guitare et violon. On va bien s’amuser, mais en proposant un concert de proximité, pour passer un moment « entre nous » avec musiciens et public.

Pour mieux vous connaître : le jeu de société où vous êtes le plus fort ?

Risk, le jeu où il faut tuer tout le monde ? Ou le Monopoly où il faut dépouiller tout le monde ? C’est peut-être une manière de me lâcher dans le jeu, à l’opposé de ce que je suis dans la vie !

 

En concert du 24 au 28 avril à la Touline, le Rossignolet, la salle Davidson, les Wagons, et Vaugarni.

Photos © Najib SELLALI