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MAGYD CHERFI

L’une de voix de Zebda, mais pas seulement : en plus d’une carrière de chanteur solo, le Toulousain est aussi écrivain. Autant de cordes à son arc qu’on avait envie d’explorer avec lui.

 

La tournée pour l’album Catégorie Reine touche à sa fin : quel est le bilan ?

C’est la plus belle tournée que j’ai faite, car j’ai trouvé la manière dont je voulais être sur scène, avec une part de comédien et de chanteur. Je joue avec des textes extraits de mes bouquins, des chansons, ce qui donne un spectacle particulier, le plus grand bonheur de ma vie en ce moment. J’aurais même aimé qu’on joue un peu plus souvent.

Un documentaire qui vous est consacré s’intitule Portrait d’un chanteur devenu écrivain : ça s’est passé dans cet ordre-là ?

C’est justement tout à fait le contraire ! Môme, je rêvais d’être Flaubert ! Donc j’ai pataugé dans l’adolescence et le début de l’âge adulte, plus j’avançais et plus je m’éloignais de Flaubert… et la musique est arrivée. J’ai découvert que j’arrivais plus facilement à écrire des chansons. J’ai donc fait chanteur un peu par accident. En réalité pour être écrivain, à moins d’être surdoué, je pense qu’il faut beaucoup de temps de maturation, et de travail.

 

Vous avez écrit, tant dans la nouvelle que le roman : avec le recul quel format vous convient le mieux ?

Ce qui me va bien ce sont les histoires courtes, car je suis très dense dans l’écriture. C’est la curiosité qui m’a fait essayer différents formats et styles, et la prétention et l’orgueil qui m’ont fait aller vers le roman.

Vous utilisez aussi votre plume pour signer des tribunes dans certains journaux. Ce rôle de porte-voix, d’artiste engagé, vous tient à cœur ?

Pour moi l’art est forcément un engagement, il doit traduire une idée du monde, sublimer un idéal, donner un point de vue. Je ne peux pas écrire sans dénoncer une injustice, mais je ne suis pas non plus homme politique. Mais pour moi quelqu’un qui se dirait artiste et pas engagé, ce serait incompréhensible ! Mais pour autant je n’aime pas non plus l’engagement primaire, binaire.

Votre mot préféré de la langue française ? Exégèse !

Et un mot détesté ? Je ne crois pas en avoir. J’aurais aimé trouver un mot de droite, mais ça ne me vient pas !

Et côté musique, un coup de cœur en ce moment ? Angèle, tout le contraire de moi : jeune, belle et moderne !

 

Le 22 mars 2019 à Oésia - www.oesia.fr.