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OLIVIER DUTTO

L’auteur de la série des Petits Diables sera l’invité d’honneur de BD en Chinonais. L’occasion pour nous d’en savoir plus sur ces petits héros et leur créateur.

 

Qui dit festival de BD dit Angoulême : quel est l’intérêt pour les auteurs de venir à des festivals plus petits comme BD en Chinonais ?

C’est tout simple : cela permet d’échanger avec nos lecteurs, et ce sont toujours de belles rencontres. C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres dessinateurs et collègues qu’on ne voit pas souvent au fil de l’année, car notre travail est plutôt solitaire, face à la table à dessin.

Avec plus d’une vingtaine d’albums des P’tits Diables, quel est votre secret pour avoir encore des idées ?

C’est beaucoup de travail ! Et entre deux albums, je fais beaucoup de choses : je remplis des carnets de dessins et d’idées, je m’occupe de ma famille, je lis, je me documente, je vis… Donc quand je reviens pour un nouvel album, j’ai une fraîcheur qui me donne l’impression de reprendre à zéro, et pour l’instant cela fonctionne, j’ai encore des idées. Bien sûr c’est parfois un peu plus difficile, il faut alors réfléchir plus longtemps, jusqu’à ce que ça se débloque.

Vous étiez vous aussi un enfant turbulent, comme vos héros ?

Je crois que j’étais plutôt sage ! J’avais juste un grand frère qui a une dizaine d’années de plus que moi donc on ne se disputait pas trop, mais je voyais chez mes copains ou mes cousines qui avaient des frères et sœurs ces disputes qui m’interpellaient et qui m’inspirent aujourd’hui.

Et vous n’avez pas envie de faire grandir vos personnages ?

Pas du tout ! Ils sont très bien petits, et je m’amuse bien avec eux ! Si un jour je m’ennuyais je préfèrerais arrêter plutôt que de les faire grandir, car cela deviendrait une autre histoire, un autre univers.

Le monde qui les entoure a-t-il évolué ?

J’essaie de créer quelque chose d’intemporel, je fais en sorte de ne pas forcément utiliser des objets à la mode, pour ne rien utiliser de daté. En quinze ans je crois qu’on ne voit donc pas trop la différence à part peut-être la disparition du téléphone fixe !

Les P'tits Diables sont aussi passés au format dessin animé : vous avez été impliqué dans tout ce processus ?

C’est une grosse usine, beaucoup de gens travaillent dessus. J’ai donc beaucoup été présent au départ pour briefer le réalisateur, les dessinateurs, les scénaristes, on a beaucoup échangé, corrigé, retouché. Mais à partir du moment où ça a roulé et que j’avais confiance sur la fidélité du dessin animé à la BD, j’ai laissé couler en suivant d’un peu plus loin.

On laisse grandir son bébé finalement...

Oui ! C’est assez difficile comme première expérience, d’autant qu’en tant que dessinateur on travaille seul, alors que là il faut s’accorder avec toute une équipe : un scénariste qui reprend vos personnages, un réalisateur et un producteur qui ont leur avis, sans compter les chaînes qui achèteront le dessin animé et qui ont chacune aussi leur opinion. Ca peut parfois rendre fou ! Mais ça s'est bien passé.

Votre bande-son idéale pour dessiner ?

Le matin c’est la radio, France Inter par exemple, de la musique de film qui peut tourner en boucle pendant un mois (celle de la Tortue Rouge récemment), et ensuite des playlists variées pour m’éviter de me bloquer sur les paroles au lieu de travailler. Beaucoup de chanson française et de musique anglo-saxonne, et un peu de classique parfois.

Et la chose que vous avez du mal à dessiner ?

C’est une question-piège car si je le dis les gens me le demanderont en festival… Donc Tom et Nina !?! Mais plus sérieusement ce serait les chevaux.

BD en Chinonais

16 & 17 mars à Chinon