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ROMAIN LELEU

« Ouvrir le champ des possibles »

Le trompettiste avait annulé l’an dernier son concert avec l’ensemble Convergences, pour raison de santé. Il revient donc honorer l’invitation des Moments Musicaux de Touraine avec un répertoire allant du classique à la musique de film.


 

Sur l’album Inspirations et sur le programme annoncé, on retrouve du Ennio Morricone. Quelle place tient la musique de film dans votre formation, dans vos goûts ?

C’est surtout dans mes goûts personnels que la musique de film est présente. Avec Convergences, le principe c’est de se dire que quand une musique me plaît, d’où qu’elle vienne, on peut s’en saisir, et voir si on peut l’adapter pour la jouer. La musique de Morricone est comme une pièce de concert, on n’a pas forcément besoin de l’image, et si on connaît le film c’est encore une autre expérience.

D’autres compositeurs de musique de film sont à votre répertoire ?

On a joué des pièces de Michel Legrand il y a un petit moment. Et la pièce « Manhã de Carnaval » de Luis Bo Negro vient du film Orfeu Negro. Il y a souvent un lien entre musique savante et musique populaire : plein de pièces du répertoire classique ont été utilisées pour faire des musiques de film, et le classique est une source d’inspiration pour tout le monde, qu’on s’appelle Morricone, Legrand, ou Desplat… même si ça ne s’entend pas nécessairement.

Ce travail d’adaptation des morceaux pour le quintette à cordes et trompette, c’est vous qui vous en chargez ?

Je donne les idées de départ, le répertoire, je fais les plans, et on travaille ensuite ensemble sur l’orchestration. L’an prochain l’ensemble aura dix ans, on a donc maintenant assez de recul pour savoir ce qui peut fonctionner ou non lorsqu’on réfléchit à un morceau.

 

Vous êtes également enseignant au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon : vous transmettez à vos élèves ce goût des chemins de traverse, hors musique classique ?

J’essaie de leur ouvrir le champ des possibles, d’élargir leurs horizons. J’estime que leur formation de musiciens professionnels se doit d’être la plus variée possible, car ils devront pouvoir faire face à plein de choses, et pour pouvoir s’exprimer en tant qu’interprète, il faut voir plus loin que la classe dans laquelle on est.

Et en tant que trompettiste, y a-t-il des terrains artistiques sur lesquels vous ne vous engagerez jamais ?

Les choses se font au fil des rencontres et des opportunités. On m’a proposé de mettre des danseurs de hip-hop, cela m’intéressait mais cela n’a pas encore pu se faire… La chose la plus importante c’est que ce soit fait de façon authentique, et avec qualité. Si ces conditions sont réunies il n’y a pas de raison que je ne m’aventure pas dans un projet. Faire des choses transversales est très intéressant, mais il ne faut pas les faire juste parce que c’est dans l’air du temps. Je travaille en ce moment sur Concerto écrit par le pianiste de jazz Baptiste Trotignon : il y a tout un échange entre nous autour de la création, avec un respect mutuel entre nos deux univers, la musique jazz improvisée pour lui et la musique de formation classique de mon côté. Lorsque cela se déroule avec cette écoute, c’est très enrichissant.

La mauvaise habitude dont vous aimeriez vous débarrasser ?

Profiter un peu plus du temps, et ne pas être toujours en train de courir.

Votre dernier coup de coeur au cinéma ?

Un film que j’adore et que j’ai revu récemment : Apollo 13. J’aime le côté histoire vraie, sans trop d’effets spéciaux, c’est un film prenant… Et ça fait relativiser les problèmes du quotidien !

Enfin quel conseil donneriez-vous à ceux qui voudraient venir voir le concert à la Pléiade ?

N’hésitez pas à venir à notre rencontre après le concert, et réservez en avance pour être sûr d’avoir une place ! Même si vous ne connaissez pas Convergences, soyez curieux !

En concert le samedi 23 février à la Pléiade, La Riche.

 

 

CREDIT PHOTO ®Jean-Baptiste Millot