L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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FRANCK SCURTI

« La notion de jeu était importante pour moi »

L’une de ses premières grandes expositions avait eu lieu en 1997 au CCC de Tours. Plus de vingt ans plus tard, l’artiste contemporain Franck Scurti est invité au CCCOD, pour y présenter une sélection de quinze vidéos, en forme de rétrospective d’un pan de son travail souvent peu connu.

Vous êtes sculpteur, peintre... Qu’est-ce qui vous a décidé à proposer uniquement des vidéos au CCCOD ?

La vingtaine de films que j’ai faits à mes débuts sont aujourd’hui méconnus, alors que certains ont été présentés à l’époque autour du monde. Alain Julien-Laferrière (directeur du CCCOD) m’a donc proposé ce projet en me disant que les gens ne savent plus que j’ai fait des vidéos. Je n’avais jamais fait d’inventaire de toute cette partie de mon travail, que je n’ai jamais dissociée du reste. J’ai donc replongé dans tout cela, ce qui n’a pas été facile... Je n’ai pas retrouvé tous les films ! Et c’est une étape lointaine de mon parcours...

Justement, avec le recul, vous avez distingué une ligne directrice dans ce travail vidéo ?

J’ai commencé les vidéos en 1996-97 et j’ai continué jusqu’en 2003. A cette époque-là j’habitais Paris mais je n’avais pas d’atelier. C’était un moment où j’avais du mal à produire des sculptures, des peintures, j’étais dans une sorte de crise créative. Je cherchais donc une issue, et j’avais une caméra : j’ai commencé à filmer ce que je voyais, un peu comme un jeu, à la recherche de ce que je n’arrivais plus à faire via la sculpture ou la peinture.

Cela donne plusieurs vidéos tournées dans la rue : tout est le fruit du hasard ?

Je suis souvent à la terrasse des cafés, et mon regard est attiré par quelque chose. Pour Drunk par exemple, j’étais derrière une vitre, je voyais ce parvis, et cette scène étonnante d’un homme saoul en train de jouer avec un ballon argenté. J’ai commencé à le filmer, sur ce parterre gris aux figures géométriques, qui transformait la scène en terrain de jeu. Cette notion de jeu était alors très importante pour moi, tout comme le rapport à l’espace.

Aujourd'hui des réseaux comme Youtube, ou l'accès permanent à internet, ont modifié la place de la vidéo dans notre quotidien. Cela a aussi changé votre rapport à ce média ?

 

Youtube c'est comme pour la photo de rue puisque tout le monde a Instagram. J’ai un iphone, si je voulais faire des vidéos je pourrais, mais bizarrement ça ne me vient pas à l’idée, alors que je me suis baladé avec une caméra pendant des années ! Je n'ai jamais été un artiste vidéo, au sens où eux trouvaient des moyens de production importants, avaient des références cinématographiques... des choses que je n'étais pas, que je n'avais pas. J'ai fini par laisser tomber au moment où dans ma vie d'artiste j'ai retrouvé la manière de m'exprimer par la sculpture et les moyens pictureaux. Aujourd’hui si j’avais à refaire quelque chose je le ferais peut-être d’une autre manière, plus conceptuelle, sans aller chercher dans la rue des choses que je n’arrivais plus à faire à l’atelier.

 

Votre livre de chevet ?

J’aime les biographies et le rock, c’est donc l’autobiographie de Philippe Manoeuvre.

La musique du moment chez vous ?

Roméo Elvis. Bruxelles est assez présente dans ma vie en ce moment !

 

15 EASY SHORT FILMS c'est du 1er décembre 2018 au 10 mars 2019 au CCCOD !

Photos Portrait © Jennifer Westjohn et What’s my name (Trottoir gris / Mur blanc), vidéo couleur © Franc Scurti / ADAGP