L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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LA PETITE HISTOIRE...

...DE LA DINDE

Les Nord-Américains ont déjà fait sa fête au pauvre animal lors de leur Thanksgiving, le jour où ils remercient les habitants originels des Etats-Unis… L’histoire raconte que les tout premiers colons anglais auraient pu périr sans l’aide de la tribu des Wampanoags, qui amena nourriture et art de la pêche, de la chasse et de l’agriculture aux immigrants.
Revenons à nos moutons. Ou plutôt à nos dindons… Quoique nous ne nous étions pas tant éloignés que ça : en effet, le volatile à qui certains carnivores consacreront tout un repas de Noël, nous vient des Amériques. Là-bas, le Meleagris gallopavo (à retenir pour briller lors du repas de famille) est présent depuis dix millions d’années, et à l’état sauvage. Mais les Indiens d’Amérique l’ont domestiqué depuis un bout de temps, déjà à l’époque aztèque, où la bonne société comme le peuple s’en régalaient. Et un peu comme pour le cochon, où tout est bon, dans la dinde on récupérait tout : les plumes ornaient ainsi les parures des rois aztèques et mayas.
Comme pas mal d’autres choses, Colomb et consort rapportèrent la dinde en Espagne, avant que le volatile n’envahisse l’Europe. En France, on la nomme « poule d’Inde ». Vous nous voyez venir : on raccourcit, ça donne « dinde ». Elémentaire, mon cher lecteur ! En Europe, elle fait le délice des tables nobles et royales où on la considère comme un mets de choix. Elle est même servie pour le mariage royal d’Henri II, puis celui de Charles IX ! Louis XIV tomba aussi sous le charme de cet animal qui glougloute, et veillait à ce que son Capitaine de basse-cour les rendent bien dodus.
Jean-Anthelme Brillat-Savarin, avocat et auteur culinaire du début du XIXe siècle, aurait lui aussi mis sur le podium des bons plats notre amie à plumes : «le dindon est certainement un des plus beaux cadeaux que le nouveau monde ait fait à l´ancien ». Rien que ça !
Des tables princières aux tables de fête, il n’y a qu’un pas, car durant une bonne partie de notre histoire, les modes ont souvent été lancées « d’en haut ». Le repas de Noël ou du jour de l’An devient donc l’occasion de s’offrir un luxe avec une table digne des plus grands, où la dinde ou le dindon trônent en majesté. Le poulet, trop commun, est laissé de côté, et l’oie, un peu plus chère, n’est pas à la portée de toutes les bourses. C’est donc la dinde qu’on fourre de farce aux marrons, à son corps défendant. Et depuis, la dinde a quitté la fête pour s’inscruster au quotidien dans nos menus... sauf, bien sûr, si vous êtes végétarien ! Dans tous les cas, bonnes fêtes à tous !

Photos ©Pixabay  /Wikimedia Commons