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Taïro

TAÏRO

« Ainsi soit-il »

Après avoir arpenté les soundsystems et réalisé de nombreux featuring, Taïro avait sorti un 1er album réussi en 2009. Deux street tapes plus tard, sortie du 2e opus en 2013: Ainsi soit-il, qu’il présente sur une tournée qui passera par Tours le 16 mai pour la Reggae Night Fever.

 

Pourquoi avoir attendu assez longtemps avant de sortir votre 1er album ?

Sans doute car je ne me sentais pas encore les épaules pour porter un album solo. J’ai commencé la musique vers 16 ans comme un loisir qui me passionnait, je n’avais pas conscience que c’était un métier! Assez vite j’ai fait des petits concerts, et un jour à la sortie d’un soundsystem quelqu’un m’a démarché et je me suis retrouvé à faire Taxi 2, j’ai été jeté dans le grand bain, un peu dépassé. Après cela j’ai fait beaucoup de featurings car les gens ont découvert mon travail et l’ont apprécié. Je gagnais suffisamment ma vie pour ne pas avoir à me dire «halala il faut que je fasse un album pour ne pas être en galère!». J’ai donc pris mon temps, tout en ayant un peu cette angoisse du 1er disque, car je n’avais jamais eu de projet sous mon propre nom. La street tape sortie en 2007 m’a aidé à franchir le pas car j’y ai mis un peu tout ce que j’avais fait et quelques inédits.

Entre le premier et le deuxième album vous avez sorti des street tapes. C'était une manière de retourner à l'époque des soundsystem, presque une récréation entre les deux ?

Oui il y a un peu cette idée là de relâchement, de légèreté, et en même temps j'avais aussi besoin de gagner ma vie, et je voulais être présent sur le terrain du disque, et donc de la communication.

Et comment est né votre dernier album «Ainsi soit-il» ?

Après le 1er album qui a eu un succès d’estime mais ne s’est vendu qu’à 10.000 exemplaires, la Warner était peu motivée donc je suis parti pour me retrouver en indépendant. J’ai fait deux street tapes, pour renouer avec le soundsystem et une certaine liberté. Elles ont eu une super résonnance sur internet, j’ai retrouvé mon public alors que chez Warner je ne faisais qu’attendre, attendre, attendre… Je mettais de côtés mes titres préférés, et mon ancien manager a voulu produire l’album: on a enregistré une quinzaine de titres en studio, puis il nous a quittés. Le nouveau nous a présenté à Polydor Universal qui a aimé le projet et nous a signés. Retour en studio pour peaufiner les titres, en ajouter de nouveaux et Ainsi soit-il est né!

Ce titre, c'est parce que c'est l'heure du bilan?

C'était plutôt parce que les deux streetapes faites en indépendant ont eu une super résonnance sur internet, alors que pendant que j'étais chez Warner je n'ai jamais aussi peu travaillé de ma vie! Avec les tapes j'ai donc retrouvé mon public, les soundsystems, j'ai commencé à rejouer tous les weekends un peu partout en France et sur youtube les vidéos avaient des millions de vues. J'avais du mal à comprendre que les maisons de disque n'aient pas envie d'investir pour un artiste qui avait de l'expérience, un public, une demande… Dans l'album, ce titre "Ainsi soit-il" porte déjà quelque chose de fort en soi, et je me disais à ce moment-là "je dois faire les choses en indépendant? Et bien qu'il en soit ainsi". Et une fois que Polydor nous a signé, je me suis de nouveau dit "ainsi soit-il"!

C'était une véritable envie de retourner en maison de disque?

Le fait d'être indépendant me plaisait assez, mais il y a toujours ce truc… Maintenant j'en suis sorti, mais il y a cette sensation qu'on a, que les professionnels du spectacle comme ils aiment s'appeler (comme si tous les autres n'étaient que des amateurs), doivent valider ton travail. Que si tu n'es pas approuvé par une radio, une major, tu n'as pas assez de valeur. J'en suis sorti, je me suis même demandé si on avait vraiment besoin d'eux quand on nous a proposé de signer, mais c'était une opportunité à saisir, l'occasion de passer à une autre étape. Mes questionnements se sont un peu évaporés.

Vous parlez de "validation". Le fait que le Printemps de Bourges vous ait programmé cette année, sur une grosse soirée reggae et sur la plus grande scène du festival, c'en est une ?

C'est une date pas tout à fait comme les autres, pas forcément une validation, mais une reconnaissance de notre travail. C'est aussi une opportunité d'être vu par beaucoup de programmateurs, qui peuvent voir que le public est là, répond, et leur donner envie de nous voir jouer.

A Tours vous serez avec Alpha Blondy, Brahim et Naäman: des artistes que vous connaissez?

Oui, avec Brahim on a longtemps été les ptits jeunes, et on commence doucement à être des ptits vieux! Lui et moi on est d’une autre génération que Naaman par exemple, avec qui j’ai déjà joué quelques fois. Avec Alpha aussi, sur deux ou trois festivals… Je suis ravi de partager la scène avec eux tous, de partager cette musique. Même si on ne s’appelle pas tous les jours pour s’envoyer des fleurs, il est évident que sur ce genre de plan on n’est pas en concurrence, on prend plaisir à être ensemble.

Est-ce qu'on peut s'attendre à un duo avec Brahim par exemple?

On n'en a pas encore parlé mais ce n'est pas impossible!

Avez-vous d'autres collaborations en cours ou à venir?

Oui, notamment pour le volume 4 des street tapes que je prépare pour cet été. Marginal, à Annecy, ou Kenyon de Rennes, je viens de faire un morceau avec lui, Samuel et Dragon Davy pour un projet à lui mais qui sera peut-être aussi sur la mix-tape… C'est toujours quelque chose que j'aime faire, c'est pour ça qu'il y a toujours des collaborations dans mes albums.

Vous aviez fait vos premiers pas au cinéma, devant la caméra de Jacques Doillon pour le film "Le jeune Werther". Envie d'y retourner?

J'ai rejoué dans un court-métrage il y a peu de temps, il n'est pas encore monté donc j'attends de voir le résultat! C'est un truc que j'aime beaucoup, qui m'était arrivé par hasard car je n'ai jamais pris de cours de théâtre, j'ai été sélectionné au cours d'un casting sauvage et on m'a proposé le premier rôle. Mais j'ai rencontré la musique et je me suis jeté corps et âme dedans. Le cinéma était arrivé par hasard et m'a surtout ouvert les champs du possible, tout un coup tout pouvait arriver! J'étais à l'affiche d'un film, par un réalisateur reconnu… Jouer la comédie me plairait mais ça dépendra vraiment des rencontres, disons que c'est dans un coin de ma tête.

Taïro

En tournée qu'est-ce qui tourne dans l'ipod?

Beaucoup de choses, pas mal d'artistes jamaïcains, des vieilleries, évidemment Marley… Mais dans le camion je dors surtout beaucoup, et je regarde des films pour me changer les idées.

La chose à ne pas faire avant d'entrer en scène? Je ne fume jamais de joint avant de monter en scène!

Le concert le plus surprenant vu dernièrement? FFF, un groupe que j’aime bien sans être grand fan, une énergie incroyable sur scène!

Une danseuse est sur la page d'en face: vous et la danse? j'aime bien danser en soirée, je prends plaisir sur scène à me laisser aller à danser un peu, mais je crois que c'est quelque chose que je devrais perfectionner!

Taïro sera sur la scène du Grand Hall de Tours, avec Alpha Blondy, Naaman et Brahim pour la Reggae Night Fever du 16 mai. Retrouvez toute la programmation du festival les Fourchettes Soniques sur www.fourchettes-soniques.com

 

TAIRO - INTERVIEW PROG!