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LA PETITE HISTOIRE...

...DU GRAND THEATRE DE TOURS

Promenez-vous donc rue Voltaire à   Tours  : ce bout de mur ancien ne ressemblerait-il pas à une église ? Bingo !  Le Grand Théâtre de Tours s’est en effet érigé sur les restes de l’église des Cordeliers.

Mais avant de devenir le bel édifice que vous connaissez aujourd’hui, l’église a connu plusieurs vies. Avec la Révolution française, Dieu et son clergé tombent de leur piédestal, tandis que les bâtiments religieux tombent dans l’escarcelle de l’Etat et de ses représentants. Notre  église des Cordeliers n’échappe pas à la règle, et le citoyen Bûcheron qui l’achète à la veille du XVIIIe siècle en fait même un théâtre.

Avec ses 800 places et sa situation en plein cœur de ville, notre théâtre privé attire les foules : théâtre et concerts sont au programme. En 1837, quelques travaux sont entrepris par notre homme d’affaires. Mais puisque le lieu est privé et ne bénéficie pas de subvention, on se contente du strict minimum… en passant tout de même à 1000 places de capacité.

Le temps passant, le particulier essaie de refourguer le bébé à la municipalité. Après avoir rechigné, la mairie finit par acheter les lieux en 1867… Pour tout faire raser ! Dès l’été 1868 les travaux commencent, et malgré l’interruption due à la guerre de 1870, on inaugure un nouveau théâtre public en août 1872, tout beau tout neuf.

Galeries sur trois niveaux, 1200 places, marbres, velours, statues en façade… c’est un succès ! Ce que les édiles ne savent pas encore, c’est que cette débauche de beauté ne durera pas bien longtemps. En 1883, un incendie ravage en effet les lieux, ne laissant sur pied que la façade et les murs. La toiture s’est écroulée, les intérieurs sont pour ainsi dire cramés.

Les sculptures en façade de Frédéric Combarieu ont donc survécu du sinistre, mais pour le reste, on repart à zéro. L’architecte tourangeau François Hardion décroche le pompon puisque le voilà chargé du chantier après le concours de 1884. Peintures des plafonds, escalier majestueux, décors du parisien Georges Clairin, coupole richement décorée… Encore une fois, on ne se refuse rien ! Ou presque… Puisqu’il a épuisé les budgets, Hardion doit abandonne rle chantier en 1886, pour céder sa place au parisien Loison, qui achève l’édifice.

Depuis, notre Grand Théâtre n’a pas bougé, toujours posé majestueusement au milieu de la  rue de la Scellerie. Son faux-air  d’opéra Garnier ravit les habitués,  et les curieux viennent le visiter  lors des journées portes ouvertes  qui se multiplient d’année en  année. Allez : osez !

 

Photos ©Gérard Proust (escalier) / Wikicommons (façade)