L’AGENDA DES SORTIES DU 37

lien agenda
  • image annonceur
  • image contact

Trouver une sortie



Hervé DevolderHERVE DEVOLDER

« Je ne suis pas très bon danseur »

Tourangeau dans l’âme, Hervé Devolder sera de retour pour le festival des Devos de l’Humour avec sa comédie musicale Chance. Compositeur, musicien, comédien, dramaturge... Quelle corde manque encore à l’arc de cet artiste multi-facettes ? A nous de le découvrir en quelques questions !

Pourquoi reprendre Chance, une quinzaine d’années après sa création ?

C’est une drôle de question car en fait je n’en sais rien… J’ai toujours dix projets en chantier et on ne sait jamais lequel va prendre le dessus. On a joué Chance 1000 fois de 2001 à 2009, et puis on avait fini l’exploitation, rangé le décor et les costumes car il n’y avait plus de dates à venir, mais sans avoir forcément décidé d’arrêter. Et depuis ce temps-là je croise régulièrement des gens qui me demandent « quand est-ce que vous reprenez Chance ? ». Le spectacle sommeillait, jusqu’au moment où un théâtre où je donnais un coup de main à la programmation cherchait un spectacle musical, j’ai donc pensé à Chance et on a lessivé les décors et nettoyé les costumes pour une représentation en avril dernier. Des programmateurs sont venus, le Théâtre La Bruyère était intéressé, et voilà comment on a recommencé !

Vous dites avoir plusieurs projets sur le feu, souvent des projets musicaux, alors que le spectacle musical n’est pas si bien représenté que cela sur la scène française. C’est un genre difficile à défendre auprès des producteurs ?

Le spectacle musical, ou comédie musicale, ou opérette pour les plus désuets, c’est parler et chanter pour raconter une histoire. Or c’est une invention française de la deuxième moitié du XIXe siècle (avec aussi des créations en Allemagne et en Angleterre). Et avec Offenbach on a même exporté ce savoir-faire. Mais on a loupé le coche après les deux guerres mondiales : le genre ne s’est pas renouvelé, les anciens n’ont pas laissé les jeunes se faire une place, on s’est même fait voler des artistes qui sont partis aux Etats-Unis ! Le genre a donc vieilli, alors qu’aux Etats-Unis le rock et le jazz ont rencontré la comédie musicale. Les capitales du genre aujourd’hui, ce sont Broadway et Londres !
Dans ce désert français, il n’y a eu que Starmania en 1979, et puis Notre-Dame de Paris en 2000, en même temps que Chance, dans deux formats différents : Notre-dame de Paris a été crée au Palais des congrès et a tourné dans les Zéniths alors que Chance est conçu pour des théâtres de 500-600 places.
Heureusement ça a marché et ça a suivi, mais la culture de la musique en France est déficiente, y compris à l’école. Il y a bien sûr eu des mauvais spectacles, où la musique était plaquée sur une pièce au lieu d’en être une partie intégrante. Mais il y a du changement, heureusement ! La reprise de Chance à Paris a bien marché cet été, et les directeurs de théâtre commencent à se rendre compte de l’intérêt de ces spectacles musicaux, qui ne sont pas forcément des fardeaux.

Votre Molière 2016 pour Les Fiancés de Loches vous aide-t-il à mieux défendre et vendre vos projets ?

C’est un tout. La statuette n’aide pas toute seule, elle s’ajoute à des spectacles qui ont eu des beaux succès. Cela permet de faire quelques rencontres supplémentaires, mais on n’arrive pas devant une porte qui s’ouvre uniquement si on a sa statuette à la main.

Comédien, musicien, compositeur, metteur en scène... Il y a quelque chose que vous ne savez pas faire ?

Je ne suis pas très bon danseur ! Il m’arrive de remplacer un comédien sur Chance, et j’appréhende un peu. Est-ce que je vais placer le bon pied au bon moment ? Mes partenaires me voient très concentré. Avec le taylorisme on a pris l’habitude de diviser le travail, et en France on est encore dans cette logique-là : des comédiens-chanteurs sont souvent catégorisés comme comédien ou chanteur, alors qu’ils sont bons dans les deux ! Dans mon cas, j’étais bon élève, j’ai étudié la musique, l’art d’amatique, le cinéma... Donc quand j’écris un spectacle je visualise tout, c’est le metteur en scène qui est tour à tour auteur, compositeur, pour donner vie à son rêve.

 

La Touraine en trois mots ? La douceur (du climat notamment), la fertilité de ce jardin de la France, et le dynamisme (un mot qui fera plaisir aux politiques !).

Un style musical que vous n’aborderez jamais ? Je n’espère pas ! Dans Chance chaque personnage véhicule un style musical, et l’un d’eux fait même un rap. C’est toujours intéressant et agréable d’aborder comme compositeur un style qu’on ne connaissait pas. On l’explore, on l’analyse techniquement, et on a souvent des très bonnes surprises en découvrant que c’est loin d’être si simple !

Votre meilleur souvenir de rentrée des classes ? J’ai emménagé à Cigogné entre le CM2 et la 6e. Donc c’était la rentrée de tous les changements : je ne connaissais personne, c’était la première fois que je prenais le car de ramassage scolaire avec des enfants que je ne comprenais pas tout le temps (ils avaient un patois), et puis la 6e c’est changer de prof à chaque cours… Tout était nouveau !

Retrouvez Hervé Devolder et la troupe de Chance dimanche 30 septembre à Monnaie, dans le cadre du festival Les Devos de l'Humour qui vous propose des spectacles du 29 septembre au 20 octobre en Touraine !