L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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WRIGGLESLES WRIGGLES

« C’était juste le bon moment ! »

Depuis 2009, les fans étaient sur le qui-vive : les Wriggles reviendraient-ils un jour ? Le quintet formé entre Tours et Paris avaient distillé durant quinze ans regard noir sur la société et chansons douces-amères dans leurs spectacles musicaux. Le groupe est de retour, avec trois anciens et deux nouveaux.

L’heure est à la reformation de groupes mythiques : Téléphone, NTM, ABBA, et surtout les Wriggles. Qu’est-ce qui vous a motivés à reprendre l’aventure après dix ans de parenthèse ?

Franck : « Surtout les Wriggles ? »... waouh, le budget chaussettes vient d’exploser, merci beaucoup, on voit bien que c’est pas vous qui payez les costumes. Sérieusement, on dira que c’était juste le bon moment. Depuis la mise en pause du groupe en 2009, plusieurs d’entre nous se demandaient si et comment Les Wriggles pourraient revenir sur scène, et surtout pour y faire quoi. Après quelques années d’hésitations et beaucoup de discussions, trois d’entre nous (Antoine, Stéphane et moi) ont  décidé de tenter le coup. Le désir, l’énergie et l’inspiration étaient réunis et au taquet. Nous avons donc commencé en douceur et sans pression, juste pour le plaisir. On a ressorti les guitares, les stylos et les cordes vocales, histoire de voir ce que ça donnait. Et ça a bien donné ! On a aussi appelé Sébastien Lalanne, le metteur en scène originel du groupe avec qui on avait créé le délire en 1995 afin d’assurer la direction artistique du projet dans un état d’esprit à la fois très pro et très déjanté. Une fois qu’on s’est senti prêts et solides, on est passés du désir au réel. Beaucoup de boulot, de fou-rires et d’arrachage de cheveux, mais nous revoilà !
Stéphane : Toujours la même chose, l’envie de l’échange avec le public et l’envie d’échange entre nous.

L’aventure Wriggles s’était terminée en trio : pourquoi intégrer de nouveaux membres (Fabien et Emmanuel) ? Y a-t-il eu casting d’élite ou ce sont des copains ?

Stéphane : Il y a eu un casting d’élite parmi les copains. Chose peu aisée, au demeurant. Mais la motivation de base résulte de l’envie d’emplir pleinement l’espace musical et scénique avant tout.
Franck : Il nous a semblé assez vite évident que Les Wriggles fonctionneraient mieux dans une formule à 5, comme aux débuts. Les possibilités scéniques, vocales et musicales sont démultipliées, et l'univers du groupe avait été pensé en quintet à la base. Ça nous paraissait donc naturel et évident de remonter le groupe avec 5 chanteurs. Etant donné que Frédéric et Christophe ne souhaitaient pas participer à cette aventure, nous avons décidé d'intégrer d'autres artistes. Il n'y a pas vraiment eu de casting, on n'est pas chez The Voice. Le choix d'Emmanuel et Fabien s'est imposé de façon très naturelle et logique, car on aimait leur état d'esprit, leur boulot et on savait qu'ils comprendraient parfaitement la dynamique et le délire dans lesquels on était. L'idée étant de ne pas « refaire du Wrigggles » mais bien d'en « recréer », à partir de nos parcours et de nos idées mais en respectant au mieux ce qui de notre point de vue définissait l'ADN du groupe.

wriggles ©pidz

Pour les nouveaux, pas trop durs de prendre le relais ? Comment avez-vous été convaincus (ou corrompus) ?

Emmanuel : C’est un costume lourd à porter mais très bien ajusté, et il n’a pas fallu plus qu’un apéro agrémenté de saucisses revenues dans de la moutarde aux herbes pour nous soudoyer.
Fabien : Je n’ai aucun souvenir de cette soirée...

Le Café de la Danse à Paris a affiché complet très rapidement : vous vous attendiez à une telle déclaration d’amour ?

Stéphane : Pas exactement. On savait que du monde nous attendait. On ne pensait pas à une telle réactivité. On est très touchés.
Franck : Oui, on imaginait bien que nous retrouverions un peu du public de l'époque, curieux de voir ce que nous étions devenus et de vérifier aussi si on avait encore des crocs un peu acérés malgré notre quarantaine rugissante. Mais on ne pensait pas que les salles se rempliraient si rapidement. Ce qui est drôle et assez surprenant, c'est que certains « fans » de l'époque viennent avec leurs enfants. On découvre des « jeunes » de 16/19 ans qui ont écouté et chanté « La Petite Olive » dans la voiture des parents quand ils partaient en vacances. Le genre de trucs qui nous fait nous dire que c'est pas si mal de vieillir en fait. Mais bon, ce qui compte le plus au final, ce sont les réactions des gens à ce nouveau spectacle. On n'est pas remonté sur scène pour entretenir la nostalgie en mode « Age Tendre et Tête de Bois » mais bien parce qu'on avait un désir dingue de présent et d'avenir.

 

Les Wriggles avaient déjà un regard précis et acerbe sur notre société de con…sommation il y a 10 ans : avec l’âge ça n’a pas dû s’arranger ?

Stéphane : Et pis quoi encore ?
Franck : Bon, on est toujours méchants, cyniques et impitoyables. Mais cela va bien au-delà des problématiques sociales ou politiques. C'est le genre humain dans son ensemble qui nous inspire et nous désespère, et comme jusqu'à preuve du contraire, nous en faisons partie, nous sommes également très ironiques sur nos propres faiblesses. On ne se positionne pas comme des analystes, mais plutôt comme des témoins et des acteurs. Nous puisons dans tout ce qui nous forme et nous transforme, tout ce qui nous bouscule, nous élève ou nous violente, pour en tirer matière à écrire et à chanter. S'il y a une critique, un jugement ou un point de vue général, ils partent la plupart du temps de nos expériences, ou du constat de nos limites et de nos lâchetés. Nous sommes très adeptes de l'auto-dérision mais pas du tout du « donnage de leçons ». On se force donc à ne rien laisser passer, à ne pas s'auto-censurer et à garder un regard limpide et acéré autant sur nous-même que sur le monde qui nous entoure. On est également toujours aussi obsédés par la Mort, le Cul et l'Amour.    

Le Grand Théâtre de Tours, c’est un peu la maison pour Stéphane et Antoine : est-ce que jouer à domicile met plus de pression ?

Antoine : Pour ma part, pas forcément. Je sais que le public nous attend et nous réserve un bon accueil. Nous avons la chance de jouer souvent devant un public très réactif et ce sera sûrement le cas à Tours avec en bonus beaucoup de famille et d'amis. Une date un peu spéciale donc, mais pas plus de pression.
Stéphane : Je crois que l’important, c’est de rester concentrés sur l’action (respiration), c’est vrai que c’est toujours un moment particulier (respiration). Mais ça fait des mois qu’on s’entraîne (respiration) et je crois qu’on peut faire un beau match (respiration).

 

L’album qui vous a le plus marqué au cours des dix dernières années ?

Stéphane : Je suis au Paradis de Thomas Fersen.
Antoine : Difficile de faire un choix mais quand faut y aller faut y aller : Dying is a Wild Night de Mélissa Laveaux (2013).
Franck : Black Star de David Bowie, obviously.
Emmanuel : Amour Chien Fou de Arthur H.
Fabien : Il y en a plein. Récemment j'ai pas mal écouté Sinkane, Life & Livin'It.
Sébastien (metteur en scène) : Je n'ai pas de mémoire mais disons le dernier album de Curtis Harding parce que c'est le dernier que j'ai découvert.

Votre rituel avant d’entrer en scène ?

Stéphane : Plus besoin, à priori. Une bise, un merde, et hop !
Antoine : Concentration.
Franck : Je casse des parpaings à coups de boule.
Emmanuel : Toucher une partie intime d'un autre Wriggles choisi au hasard.
Fabien : Je me brosse les dents.
Sebastien (metteur en scène) : Dire « ils sont où » parce que je monte sur scène 5h avant le spectacle (après je glande).

Votre gourmandise préférée ?

Stéphane : Eclair à la vanille.
Antoine : Chocolat.
Franck : Espresso pur arabica sans sucre. 
Emmanuel : Le Comté (mais le bon hein).
Fabien : Le Carrot Cake.
Sebastien (metteur en scène) : Tout ce qui a de la crème pâtissière.

Qui est le pire danseur de la troupe ?

Stéphane : Jamais posé la question.
Franck 
: On est tous des killers sur le dancefloor frérot !
Fabien : Je veux pas balancer, on a tous notre style.

Nous avons agrémenté cette interview de vidéos des Wriggles "ancienne génération". Pour découvrir la nouvelle formule, rien de mieux que le live ! Dépêchez-vous de réserver pour le mardi 9 octobre au Grand Théâtre de Tours, ou pour d'autres dates de la tournée à retrouver ici et sur la page Facebook du groupe.

 

Crédit photo ©Pidz Photographe - www.pidz.com