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LA PETITE HISTOIRE...

... DU COMPAGNONNAGE

Le musée du compagnonnage fête ses 50 ans. Youpi ! Mais… (regard dubitatif)… Savez-vous ce qu’est le compagnonnage ? Puisque Tours accueille non seulement un musée mais aussi une Maison des Compagnons du Devoir (souvenez-vous, Monsieur le Président y a fait un tour en mars dernier), profitons de l’occasion pour vous expliquer le concept.

Etre artisan, c’est bien, être compagnon, c’est mieux ! Ou disons plutôt que dès le Moyen-âge, une idée s’impose : l’union fait la force. Vitraux et enluminures laissent ainsi apparaître des bandeaux et autres rubans, qui pourraient symboliser une union des artisans d’un même corps de métier. Les documents attestent également l’existence de groupements d’ouvriers dans certaines villes.

Amitiés nées pendant les dures journées de labeur ? Entraide pour aller d’un chantier à un autre, avec gîte et couvert offert au fil du chemin ? Les origines du compagnonnage sont encore à l’étude. Pour certains historiens, il se pourrait même que ces réseaux soient nés pour compenser la difficulté d’accès au statut de maître-artisan. Puisque devenir maître coûte cher, autant s’allier entre employés pour défendre ses droits ! Pas très loin finalement de ce qu’on appellerait aujourd’hui un syndicat...

Au XVIe siècle, aucun doute, le système est alors en place : les « aspirants compagnons » sont les jeunes artisans en formation, qui doivent faire leur Tour de France. Ils apprennent ainsi leur métier au contact de différents patrons, et logent dans les maisons de compagnons qu’on trouve alors dans de nombreuses villes. Le compagnonnage forme ainsi un véritable monde, avec ses codes et son langage. Les chambres sont des « cayennes » ou « chambres », placées sous l’autorité d’une femme le plus souvent appelée « la Mère ».

Certains critiquent ce qui pourrait s’apparenter à une société secrète ou à des bizutages, mais une chose est sûre : les compagnons ont pour avantage d’être de plus en plus nombreux, ce qui leur permettait de passer outre le pouvoir de décision des maîtres-artisans pour imposer leurs conditions sur certains chantiers. Ils n’hésitaient pas à en bloquer l’accès en cas de mécontentement. On raconte même que la ville de Dijon fut bloquée en 1768-69… car les compagnons-menuisiers voulaient plus de vin à table sur leur chantier !

Malgré cela, les compagnons sont des artisans tellement doués qu’on leur passe souvent leurs débordements. La preuve de ce savoir-faire incontestable qui perdure encore aujourd’hui ? Tout compagnon du devoir, pour obtenir ce titre, a dû réaliser un chef-d’œuvre. Epreuves ultimes d’entrée dans le corps du compagnonnage, qui nécessitent des heures de travail et d’inventivité, ces travaux sont exposés au musée, qui vous en dira plus sur les codes et l’histoire du compagnonnage d’hier et d’aujourd’hui.