L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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OMAR SOSA ©Ron JonesOMAR SOSA

« Tout est un jeu ! »

A bientôt 53 ans, le pianiste cubain Omar Sosa multiplie les aventures musicales. Après avoir travaillé avec les Allemands du NDR Big Band, il est de retour en France pour des concerts dans une formation qu’on lui connaît bien : le cuarteto afrocubano. Avant sa venue en avril, il nous en dit plus.

Passer du format big band au quartet, ce n’est pas un peu dérangeant, voire même frustrant ?

Pas du tout car chaque formation a son propre son, et au moment de jouer, l’idée est la même : prendre du plaisir, car la vie est trop courte pour qu’on se la complique !

Vous jouez les mêmes morceaux sous les deux formats : est-ce que le big band a influencé la manière dont vous jouez à présent en quartet ?

Eh bien contrairement à ce qu’on pourrait penser, jouer avec un big band laisse beaucoup moins de liberté, tout est plus cadré, corsetté, afin que chacun ait son espace, sa partition.
Avec le quartet l’improvisation est beaucoup plus ouverte, car nous avons plus d’espace, c’est comme se passer le ballon sur un terrain de basket... et en plus nous nous connaissons bien ! Le cuarteto afrocubano est un projet qui a déjà quelques années, avec lequel nous avons eu des nominations aux Grammy. C’est un vrai moment de partage entre nous quatre : quatre musiciens qui partagent leurs traditions et leur musique. Childo Tomas, notre bassiste, vient du Mozambique : lorsqu’on dit que notre musique est afrocubaine ce n’est donc pas uniquement une référence aux racines musicales, mais bien aussi ce vrai apport que nous avons grâce à Childo ! Nous sommes trois Cubains et un Africain, et chacun apporte ses rythmes, ses influences.
Du big band au quartet, on parcourt finalement le même chemin, mais les paysages ont des couleurs différentes !

 

C’est intéressant de comparer tout cela au basket, car en français on a le même verbe pour le sport et la musique : jouer.

Tout est un jeu ! Il faut s’amuser, aller de l’avant et essayer de faire ce que l’on ressent, ce que nous dicte notre âme. Comme musicien, j’aime partager ce que je ressens, et nous pouvons tous partager, à condition d’être assez humbles pour écouter ce que dit l’autre, pour lui répondre clairement... en musique comme dans la vie.

Quand on écoute vos collaborations avec le joueur de kora Seckou Keita, ou le flûtiste chinois Wu Tong, on a l'impression que la musique est aussi pour vous une manière d'explorer le monde, non ?

Nous vivons un moment de l'histoire de l'humanité où la mondialisation domine tout, et nous amène des choses positives et d'autres négatives. La pluriculturalité, le fait pour moi d'être cubain et de vivre entre l'Europe et les Etats-Unis, Seckou Keita qui est à Londres... Ce sont des opportunités de connaître d'autres cultures, d'autres traditions qui ouvrent ton esprit et t'amènent à partager avec autrui, dans le respect des traditions de chacun. Au final nous sommes tous des humains - un coeur, des yeux, une bouche, un nez... tout le monde sent, aime, pleure... Le concept de frontière me semble donc archaïque, et partager les cultures est ce qu'il y a de plus sain ! La diversité nous rend plus grands, et c'est ce que j'essaie de faire depuis toujours avec la musique : être humble, m'ouvrir à l'autre, le respecter et l'écouter.

 

Avez-vous d'autres projets en préparation ?

En septembre sortira un nouveau disque avec la jeune violoniste cubaine Yilian Canizares : "Aguas". Il s'agit tout simplement de la rencontre entre deux musiciens cubains de générations différentes, qui vivent depuis plusieurs années loin de Cuba. C'est un projet assez contemplatif, avec une petite touche de nostalgie, un projet d'amour et de paix dédié à Oxun, la déesse de l'amour et la maîtresse des fleuves dans la santería cubaine.

Quel est votre livre de chevet du moment ?

En fait je ne lis pas. J'écoute de la musique, et je regarde autour de moi... Quand tu lis un livre, tu te places dans le regard d'un autre que toi sur le monde. Je préfère regarder ce qui se passe autour de nous, et la réalité est parfois tout aussi étonnante ! Ce qui se passe en Catalogne est un mélange de Kafka et de Fellini ! Je lis tout de même un peu les infos sur internet, surtout quand je suis à l'aéroport, pour savoir un peu ce qui se passe dans les pays que je visite, la politique, le climat, les problématiques sociales... Certaines personnes lisent pour s'évader, mais je prends les choses trop à coeur quand je lis ou que je regarde la télévision, ce que j'y vois m'affecte beaucoup. C'est pour cela qu'au cinéma je vais seulement voir des comédies (j'ai vu Amélie Poulain des centaines de fois!). Dans la vie il faut rire !

Votre mot préféré en français ? MERCI !

Omar Sosa ©José Torres GarcíaRetrouvez Omar Sosa avec le Quarteto AfroCubano le jeudi 12 avril sur la scène de la salle Thélème de Tours grâce au Petit Faucheux ! Pour réserver un clic juste ici.

 

 Photos ©José Torres García / Ron Jones