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LA PETITE HISTOIRE...

... DE L'EMIR ABD EL KADER

L'Emir abd el Kader par Ange TissierOn le sait peu, mais pour certains pensionnaires du château d’Amboise, mener la vie de château a rimé avec luxe, calme et captivité. Hôte inattendu dans l’histoire des princes qui avaient élu domicile en bords de Loire, l’émir Abd-el-Kader y a en effet été retenu prisonnier de 1848 à 1852. Le prix à payer pour son combat pour la souveraineté algérienne et une promesse française non tenue. On a connu cachot plus  désagréable, d’autant que l’émir recevait des visiteurs... mais il était bel et bien privé de sa liberté.

Adversaire respecté, Abd-el-Kader n’est pas qu’un militaire : élevé dans une famille lettrée, il découvre tôt les joies des sciences et de l’astronomie, dévore littérature et philosophie et est versé dans l´étude du Coran. Un intellectuel complet, comme on n’en fait déjà plus beaucoup à l’époque ! Et un habile politicien…

ABd-el-Kader, aidé par un père qui construit la réputation du fiston avec prophéties et grandes déclarations : dans un pays morcelé entre tribus et beys, il est bientôt proclamé émir et commandeur des croyants.
Face à la France lorgne sur l’Algérie dès le début du XIXème siècle, il sera en effet l’homme emblématique de la résistance à la colonisation, qui débute dès 1830 sous prétexte de conflit diplomatique. Les Français débarquent à Alger..

Les batailles s’enchaînent, puis un premier traité de paix en 1834 lui donne le pouvoir sur l’Oranie. Pour les Français, voilà un allié idéal qui va s’occuper de mater à leur place les tribus de la côte et de l’intérieur !

Pour l’émir, c’est l’arrivée au pouvoir et l’occasion d’unifier des populations et un territoire qui s’agrandit à nouveau avec le décret de la Tafna (1837) après deux nouvelles années de conflit. En vrai chef d’Etat, il édicte décrets et lois, tout en renforçant l’armée régulière pour faire face à l’envahisseur.

Attaque de la SmalaIl repasse ainsi à l’attaque en 1839 pour libérer l’Algérie, mais après de violents combats et de cuisantes défaites dont la prise de la Smala, sa capitale errante, il est contraint de rendre les armes en 1847 et obtient la promesse qu’il pourra quitter l’Algérie pour le Moyen-Orient.

Il atterrit à Marseille, Pau puis Amboise. Parole donnée n’est pas toujours respectée…

Il ne quittera la France qu’en 1852 en laissant à Amboise des proches décédés durant sa captivité, pour aller s’établir à Damas, loin de la fureur des combats, défenseur des Chrétiens d’Orient dans les massacres de 1860, avant de mourir en 1883, laissant en Algérie l’image d’un héros précoce d’une indépendance qui surviendra plus d’un siècle plus tard !

Le jardin d'Orient (Amboise) par JF Le ScourLe Jardin d'Orient au château d'Amboise, sépultures des proches d'Abd el Kader (photographie JF Le Scour).