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LA PETITE HISTOIRE...

... DU CADRE NOIR DE SAUMUR

Cadre noir ©R. HAraneDes chevaux à Saumur ? Autant vous dire que ça ne date pas d’hier ! Au départ, l’affaire était même universitaire… Mais laissez-nous vous expliquer tout cela en quelques mots :

Il était une fois… un futur roi protestant, Henri de Navarre (alias Henri IV), qui s’était dit qu’une Université protestante ferait bon effet. Aussitôt dit, aussitôt fait, c’est à Saumur à la fin du XVIe siècle qu’on choisit d’installer l’établissement qui compte une Académie équestre destinée à accueillir les fils de bonne famille.

Une fois l’édit de Nantes révoqué en 1674, les protestants partent, et les chevaux restent, puisque l’académie poursuit ses activités durant trois ans avant de fermer ses portes, faute d’avoir des élèves en nombre suffisant.

Lorsqu’il monte sur le trône, Louis XV prend les choses en main. Il faut dire qu’à l’époque, l’équitation est un art qu’on enseigne aux jeunes nobles et autres princes ; les académies forment de véritables artistes de la cavalerie, mais de piètres combattants pour les champs de bataille.

Il est donc temps de remettre un peu d’ordre dans tout cela, et c’est le duc de Choiseul qui s’en charge en créant cinq écoles de cavalerie. Mais Saumur ne fait pas officiellement partie du lot ! C’est à Angers que le ministre de la guerre choisit d’installer une école, mais la réputation sulfureuse des cavaliers aux mœurs légères pousse l’évêque d’alors à faire déplacer l’école jusqu’à Saumur.

Quelques années plus tard, l’école prend de l’ampleur : alors que Choiseul réunit en 1766 les instructeurs des cinq écoles pour qu’ils se mettent d’accord sur leurs méthodes d’enseignement, c’est la pratique saumuroise qui s’impose par son efficacité. En 1771, Saumur reste même la seule école en fonctionnement, avant de souffrir elle aussi de coupes budgétaires qui provoquent le déménagement des cavaliers à Lunéville.

… le temps passe… il faut en effet attendre le XIXe siècle pour voir renaître le manège saumurois de ses cendres, avec quelques soubresauts liés à la vie politique agitée de l’époque. C’est d’ailleurs dans les années 1800 que le costume noir des cavaliers prend forme : alors que les enseignants sont des militaires vêtus de bleus, les écuyers venus du civil revêtent la tenue noire… Un usage qui se transformera vite en tradition !

Depuis, Saumur s’est imposée en France et à l’international comme la référence de l’équitation de tradition française. Devenue Ecole Supérieure du Cheval et de l’Equitation en 2015, on n’y forme plus des cavaliers partant au combat, mais des maîtres dans l’art du dressage, tout en finesse et en harmonie.

 

Photos ©R. Harang / Alain Laurioux