L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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jarry ©julien benhamouJARRY

« Je suis un hyperactif qui s’ennuie très vite »

Dans les émissions d’Arthur sur TF1 ou sur scène, Jarry joue les trublions énergiques et incontrôlables. Mais en coulisses, il s’investit dans la mise en scène ou la formation et multiplie les projets. Coup de projecteur sur l’humoriste avant sa venue en Touraine.

Les gens ne le savent pas, mais vous vous destiniez au départ à la danse, qu’est-ce qui a provoqué ce changement de parcours ?

Je faisais partie de cette première génération de danseurs influencés par l’émission HIP HOP, qui s’entrainaient dehors, et je me suis beaucoup blessé. Aujourd’hui j’ai les genoux d’une personne de 70 ans ! Je me suis déplacé le bassin, j’ai les coudes pétés, les articulations d’une personne âgée… Donc je ne pouvais pas faire une carrière professionnelle. Il a donc fallu à un moment donné mettre des mots sur le mouvement, je me suis alors orienté vers le théâtre car je ne voulais pas quitter la scène. C’est alors allé assez vite.

Avez-vous vu la télévision comme un vrai déclencheur dans votre carrière ?

Effectivement la télé est un accélérateur, et les gens de province ont commencé à entendre parler de moi, ce qui ne m’a pas forcément rendu service au début car les gens étaient étonnés de voir ce personnage un peu foufou, différent, qui assumait profondément ce qu’il était. Mais aujourd’hui ils m’ont accepté dans leur salon et partout où je vais le public est adorable, je n’ai jamais été embêté ni reçu de mot déplacé. Je suis très content de ce rapport positif avec le public, d’autant que je fais ce métier pour rencontrer les gens et je suis ravi que ça fonctionne.

Ce spectacle "Jarry atypique" date de 2014...

Mon spectacle précédent plutôt destiné aux théâtreux, car il était très intimiste et pas vraiment dédié à l’humour. Le spectacle d’humour est né en 2014. J’avais envie de faire rire car j’en avais marre que les gens me disent que j’étais rigolo ! Je l’ai donc fait comme un exercice, et c’est venu assez vite. Dans la vie, même quand j’essaie d’être sérieux les gens rigolent. Donc à un moment donné il ne faut plus lutter contre sa nature !

Ce n'est pas frustrant d'être cantonné à ce rôle comique ?

Il faut accepter ce qu’on est profondément ! Mais je travaille aujourd’hui l’autre pendant : après la dimension humoristique, je m’intéresse à la dimension dramatique que je peux avoir, par exemple dans le film Christ(off) que nous avons tourné avec Michael Youn, Lucien Jean-Baptiste et Simon Astier, film dans lequel je joue un rôle assez sombre.

jarry ©julien benhamou

Vous faites également de la mise en scène pour d’autres humoristes : c’est une pratique complémentaire au jeu d’acteur ?

Je suis un hyperactif qui s’ennuie très vite ! Et quand on est sur scène, tout tourne autour de nous. Mais j’aime aussi être dans l’ombre, être au service d’autres personnes. J’aime autant l’un que l’autre, d’autant que quand je dirige quelqu’un, je comprends aussi comment moi j’aimerais être dirigé ou comment on me dirige, cela me nourrit dans les deux sens. Et j’adore révéler les gens. J’ai toujours enseigné au fil de mon parcours et cet aspect pédagogique est très important pour moi.

Et la formation, vous continuez ?

J’interviens surtout auprès d’étudiants préparant des concours aux grandes écoles sur l’oralité, ou lors de masterclass très ciblées, mais je n’ai plus le temps de faire de l’enseignement pur et dur, même si cela me manque énormément. J’ai un côté sérieux que j’ai besoin de nourrir aussi, par la lecture par exemple, pour mieux comprendre ce qui nous entoure, être dans la réalité plutôt que dans le jugement. Je pense que l’humoriste a besoin de se nourrir constamment de plein de choses pour rester d’actualité.

Vous n'avez pas envie d'un projet collectif après cette période de seul en scène ?

Je suis en train d’écrire un film produit par Feisner films, c’est un gros projet qui aura cette dimension de groupe. Une comédie dramatique, car je trouve que c'est génial d’aller au cinéma pour y vivre plein d’émotions, être bouleversé, rigoler, la vie quoi ! Mais sur scène pour l’instant c’est trop tôt : j’ai joué pendant dix ans avec des gens, cela fait maintenant 4 ans que je joue seul, il y a une attente du public et j’ai encore des choses à dire avec un nouveau spectacle seul en scène avant de repartir sur des projets collectifs.

 

Votre dernier coup de coeur artistique ? Le one-man show de Ben Hash au Sentier des Halles à Paris. Cela n’a rien à voir avec les codes du one-man. C’est intellectuel mais accessible, pas bobo, c’est une belle découverte !

Dans votre mp3 en ce moment ? Je suis revenu en arrière : Dire Straits, Jean-Jacques Goldman, et aussi l’album des United Kids. On m’en parlait beaucoup, je voulais écouter.

La chose la plus folle que vous ayez faite ? J’en ai fait beaucoup ! Je ne vous parlerai pas de tout ce qui est interdit. Disons tout simplement d’être monté sur scène, et c’est toujours aussi fou aujourd’hui de monter sur une scène en pensant pouvoir faire rire 2000 personnes. Tous les jours je me dis qu’il faut que je joue comme si c’était la première fois pour moi et pour eux.

affiche JarryLes places s'arrachent pour le spectacle qui se déroulera à l'espace Malraux de Joué-lès-Tours le vendredi 22 décembre 2017, ne tardez pas pour réserver en cliquant juste ici.

 

 Crédit photo ©Julien Benhamou