L’AGENDA DES SORTIES DU 37

lien agenda
  • image annonceur
  • image contact

Trouver une sortie



chapelier fou ©romain gambaCHAPELIER FOU

« Le chemin à parcourir me plaît »

Sous le couvre-chef de Chapelier Fou se cachent des projets en pagaille. Violoniste de formation, diplômé de musicologie et passionné d’informatique, le trentenaire se nourrit de son parcours pour composer une musique électronique hors-norme, à découvrir au Temps Machine... et en interview !

Le début de la tournée Muance a été un peu compliqué, non ?

Oui car on a dû remplacer au dernier moment Chaton (Maxime) pour des raisons de santé, cela a supposé beaucoup de travail supplémentaire, une semaine avant le départ, mais au final tout a bien fonctionné... et aujourd’hui Chaton est remis sur pied !

Sur scène au Temps Machine qui retrouvera-t-on ?

Je suis accompagné de Chaton au synthétiseur et violon alto, de Maxime Tisserand aux clarinettes et claviers, et de mon côté je joue du violon, de la guitare, du clavier et des synthés.

 

Vous êtes issu d’une formation de musicien classique : cela influence-t-il votre manière de composer ?

C’est difficile de dire comment, mais il est certain que ma formation intervient. Je compose des musiques assez complexes, avec plein de parties, peut-être plus de variété et d’éclairage que dans la musique pop chantée actuelle ? Sans jugement de valeur, je pense que ma manière de composer est peut-être plus proche de la musique classique, car j’introduis souvent plusieurs thèmes, avec des modulations et des plans harmoniques qui sortent de l’ordinaire… Il y a des techniques de composition qui empruntent à la fugue, des échos, des réponses, des renversements, des idées de motifs étudiés et tordus, à la manière du contrepoint de Bach par exemple. Le titre « Philémon » est par exemple construit sur un motif descendant, puis tout s’inverse et le motif monte. Ce sont des techniques assez communes en musique classique que j’aime bien utiliser.

« Muance » est justement un terme issu de musicologie, non ?

Tout à fait, c’est difficile à expliquer de manière simple, cela permettait de solfier des mélodies dans la musique du Moyen-Age. J’utilise cette notion de manière libre : la muance se référait à un système d’accords de six notes, et justement tout le disque tourne autour d’un motif de six notes, j’ai joué avec cette terminologie. On retrouve un écho dans le titre du dernier morceau « Superhexacordum », dont le titre est un autre clin d’œil à la musique du Moyen-Age.

C'était une contrainte de départ, pour vous stimuler ?

C’est quand j’ai commencé à travailler sur ce morceau Philémon qui m’a obsédé que j’ai décidé d’irradier de cela tout le disque et pousser le bouchon encore plus loin. Je me suis donc amusé à malmener les morceaux que j’avais déjà fait en leur incorporant cette contrainte.

On vous retrouve aussi sur des projets d’art contemporain, des installations, quel plaisir y trouvez-vous ?

J’aime me lancer dans des projets que je ne maîtrise pas au départ, lorsque j’ai une idée mais que je ne sais pas comment la réaliser par exemple. Le chemin à parcourir me plaît, car je sais qu’en réalisant le projet je vais apprendre des choses... Les installations me permettent par exemple de creuser mes connaissances en électronique, en informatique, en construction… Et je peux parfois réintégrer ces apprentissages dans la création musicale, et dans tous les cas ce sont des processus enrichissants.

Vous avez de nouvelles envies, de futurs projets ?

Plein de choses ! Il y a un projet avec un orchestre, un projet d’installation musique-vidéo, des workshops…

Le cadeau de Noël idéal ? La discographie complète de Franck Zappa (ça doit faire une soixantaine d’albums)!

Dernier coup de cœur sur écran ? Je n’ai plus le temps d’aller au cinéma, mais j’ai vu récemment Zombillenium, un film plutôt pour enfants que j’ai trouvé hyper drôle, touchant et avec une dimension musicale assez drôle. Sonate au clair de lune de Beethoven à la guitare, et les accords étaient scrupuleusement respectés, cela m’a fait plaisir de voir ça !

Votre mauvaise habitude ? Etre bordélique ! J’ai passé une journée entière à ranger mon studio.

le temps machinePour savourer la musique de Chapelier Fou, rendez-vous le 15 décembre 2017 au Temps Machine - pensez à réserver juste ici.

 

Crédit photo ©Romain Gamba

chapelier fou