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francis husterFRANCIS HUSTER

« Ecrire me décontracte, m’enlève le trac »

L’aventure qui ne devait au départ durer que quelques représentations s’est transformée en tournée longue durée. Il faut dire que la figure d’Albert Camus, que le comédien Francis Huster explique et raconte sur scène avec « Dans la peau d’Albert Camus », a de quoi fasciner et questionner.

D’où vous vient cet intérêt pour Albert Camus ?

Camus m’a passionné à partir du moment où j’ai croisé le chemin de Jean-Louis Barrault dans les années 60. Avant il était pour moi comme Hugo ou Balzac. Mais Barrault m’a raconté l’homme Camus, et j’ai été alors choqué, tout comme je l’avais été par la mort de Kennedy, car ces deux hommes avaient poursuivi la même chose dans la vie : ni l’un ni l’autre n’ont cédé devant la religion, ni devant les dérives des hommes politiques qui baissent les bras et laissent le pouvoir à des dictateurs, des guides, des fuhrers… Je trouve qu’il y avait dans l’homme quelque chose d’extraordinaire pour la jeunesse, cette force de toujours dit non, ne jamais abandonner ni renoncer.

C'est donc un personnage fascinant...

C’était un séducteur terrible au même titre que Bogart ou Fonda, alors qu’il était tuberculeux et en a souffert toute sa vie. Il a d’ailleurs été réformé pour cela et a ainsi échappé à la guerre, mais il ne s’est jamais tourné vers Dieu. Il s’est tourné vers les hommes, ses semblables, parce que la vie dès les départ l’avait trahi : né en Algérie en 1913 d’un père envoyé en France pour la 1e Guerre et tué au combat, sa mère est analphabète et son frère aîné est sourd-muet. Imaginer dans ces conditions qu’il deviendra le premier prix Nobel français de littérature est incroyable ! Quand Barraut a commencé à me raconter cette vie je suis tombé des nues, et j’ai promis à Jean-Louis que je ferais un jour vivre Camus sur scène en racontant sa vie, mais pas en lisant des extraits de ses œuvres.

Quel est a été le déclic qui vous a fait passer à l'acte et monter cette pièce Dans la peau d'Albert Camus ?

Je fais tellement de représetations de théâtre à Paris et en tournée dans des pièces « spectaculaires », des grands classiques ou des comédies, que quand Jean-Luc Grandrie m’a suggéré d’aller là où personne ne va jamais et de faire quelques représentations autour de Camus, j’ai dit oui tout de suite. On en avait programmé cinq, et cela  fait finalement trois ans que ça dure ! J’en suis à la soixantième, 25000 personnes ont vu le spectacle, et la dernière aura lieu à Montpellier en 2018.

Dans ce spectacle vous êtes seul en scène et semblez interagir avec le public : vous laissez-vous une marge de manoeuvre pour l’improvisation ?

Disons que je décale des moments : si je sens que les spectateurs sont très concentrés sur l’Algérie, je continue sur ce sujet, si je les vois émus, je passe à la vie privée pour revenir plus tard sur l’Algérie. Cela fonctionne car je crois que les gens adorent les biopics, et il n’y a encore pas eu de film sur Camus, ou sur Corneille… C’est pour cela que les jeunes ne vont pas forcément vers ces auteurs qu’ils voient encore comme « scolaires ». Or les grandes œuvres de Molière, Camus ou Corneille ont été écrites quand ils avaient eux-mêmes une vingtaine d’années !

Vous êtes en tournée avec ce spectacle, ainsi qu’avec A droite à gauche (16 novembre au Vinci) : vous trouvez votre équilibre entre troupe et solo ?

La troupe c’est la vie que je menais déjà à la Comédie française, avec des grands spectacles à plusieurs, une équipe comme dans un match de football où tout le monde est là pour interpréter la pièce. Le one-man-show permet d’imposer des textes plus difficiles, que les directeurs de théâtre n’oseraient pas forcément proposer. Le public a confiance en l’acteur ou l’actrice célèbre qu’il voit à l’affiche et se déplace pour un spectacle de portée politique ou intellectuelle, comme quand Gerard Depardieu et Fanny Ardant ont fait Love Letters.

francis huster

Votre musique préférée en ce moment ? Toujours la même : My Way de Sinatra, et aussi la chanson Gemmede Nolwenn.

Dernière chose avant d’entrer en scène ?  J’écris pendant un quart d’heure environ ! Cela me décontracte, m’enlève le trac. Je prépare en ce moment le Dictionnaire amoureux de Molière pour les éditions Plon.

Francis Huster vous fera donc découvrir la vie de Camusle jeudi 30 novembre 2017 à l'Escale de Saint-Cyr-sur-Loire. Pour réserver vos billets et ne pas louper cette opportunité un petit clic ici et c'est parti !

 

Photos ©Christine Renaudie