L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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Awa Ly ©Bernard BenantAWA LY

« J’aime beaucoup le fait d’être inclassable »

Avec son album  Five and a feather sorti en 2016, la chanteuse Awa Ly se transforme en conteuse enchanteuse, sur des rythmes entremêlant blues, jazz ou world. Un métissage à l’image de son parcours, dont elle nous dit quelques mots avant son concert en Touraine.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, comment décrire votre musique ?

C’est LA question ! Pour faire simple, c’est un mélange de beaucoup de styles. A la FNAC vous me trouverez rarement dans le même rayon : je suis parfois classée en jazz, d’autres fois en world music ou en pop, il faut donc mieux aller demander directement au vendeur ! J’aime beaucoup le fait d’être inclassable, car je n’aime pas le fait de ranger les gens dans des cases. Je m’inspire de genres très variés, je suis française née à Paris, d’origine sénégalaise, je vis aujourd’hui en Italie où j’étais venue pour 6 mois et où je vis depuis presque 18 ans, et j’ai étudié aussi aux Etats-Unis… Chacun de ces endroits m’inspire et me nourrit de beaucoup de choses, ce qui se reflète je pense dans ma musique. Pour la décrire je dirais donc que c’est un beau mélange de jazz, de bribes de blues, de pop, avec des instruments venus de ladite « world music ».

Vous avez sorti votre 1er album à 32 ans : quelle vie meniez-vous avant cela ? Quel a été le déclic pour vous lancer ?

Je m’occupais de la distribution de programmes pour des chaines thématiques pour le câble et le satellite en Italie. La musique a toujours fait partie de ma vie même si à la maison nous n’étions pas musiciens mais mélomanes. J’aimais chanter déjà à l’école, j’ai fait partie d’une chorale à Bagneux… En arrivant en Italie pour un stage j’ai rencontré des musiciens qui me proposaient de participer aux jams sessions, et de fil en aiguille nous avons monté un groupe, et finalement j’ai dû faire un choix et j’ai démissionné de mon emploi pour me lancer complètement dans cette folie, que je ne regrette pas du tout ! Si c’était à refaire le je referais malgré l’instabilité et l’insécurité que cela comporte, car je reçois énormément d’énergie et de partage.

 

Vous avez des invités de marque sur votre premier album - Faada Freddy, Ballaké Sissoko, Guo Gan... Vous les connaissiez déjà avant cette aventure musicale ?

Faada est mon grand frère de cœur, j’écoutais son groupe hip-hop Daara J. au Sénégal quand j'étais petite, à une époque où j’étais loin d’imaginer jouer un jour avec lui ! J’aime sa voix, sa musicalité, il est intervenu sur cette chanson « Here » qui fait référence aux migrants et réfugiés, en écho au drame de Lampedusa en 2013. Je connaissais aussi Ballaké aussi bien par son travail avec Vincent Ségal que pour ses disques solo, et j’avais déjà joué avec Greg Cohen il y a quelques années. Le seul que je n’avais pas encore rencontré c’était Guo Gan, le maestro du violon chinois, que m’ont fait découvrir mes producteurs... et pour mon plus grand plaisir, il a accepté l’invitation.

Vous évoquez "Here", qui a fait l'objet de reprises et adaptations par des artistes autour du monde : vous êtes à l'origine de ce projet ?

Mathieu Raymond et moi en avions déjà parlé sans trop savoir comment le mettre en place, mais tout s’est fait facilement. J’avais pensé à quelques artistes que j’aimais beaucoup et que j’avais croisés, et nous leur avons proposé d’écouter la chanson et d’y ajouter ce dont ils avaient envie, et cela a finalement fait boule de neige. Flavia Coelho, Natalia Doco, Nawel Ben Kraiem en tunisien ; ou la dernière en date Lura (du Cap-Vert). Féfé, Ben l'oncle soul, Gaël Faye sur scène, Régis Kole du Bénin… Ils sont nombreux à avoir participé, et j’espère que cela va continuer car le thème est malheureusement toujours d’actualité et des milliers de personnes ont perdu la vie en mer Méditerranée.

Dans la chanson "Storyteller" vous évoquez un personnage décrit comme "une conteuse, elle crée des milliers de mondes, elle forge ses propres mots, laissez-la guérir vos esprits...". Etre chanteuse ou musicienne c'est aussi être cette storyteller ?

Pour moi la musique et la création sont de l’ordre du surnaturel, du subconscient, de la magie de l’inspiration… La mélodie qui arrive en tête sans qu’on sache d’où elle vient… J’aime dire qu’il faut avoir tous ses sens ouverts, y compris le sixième, pour attraper ces mélodies et les utiliser, car il y a beaucoup de mélodies qui viennent en tête et qui s’évaporent si on ne les note pas immédiatement. Il faut ensuite se les approprier, les transformer, les travailler. La création est vraiment une part magique dans nos vies. Cette storyteller provient d’un rêve, peut-être qu’effectivement je me suis vue dans ce personnage ? En tous cas je me sens conteuse car les chansons sont des histoires racontées en musique.

 

Le prochain rêve à réaliser ? Il y en a plein ! Je suis en train de finir la partie artistique des chansons du nouvel album, j’espère donc qu’en 2018 il pourra voir le jour et rencontrer le même accueil que Five….., pour le chanter un peu partout.

Dernière nuit blanche ? C’était dimanche pour de la musique car je chantais avec des amis de longue date dans une soirée privée, qui s’est prolongée jusqu’au bout de la nuit.

Le petit plat qui vous réussit ? J’adore cuisiner, donc il y aurait beaucoup de choses… J’aime beaucoup faire le Yassa, un plat sénégalais à base de poulet avec du citron et des oignons, et les crêpes c’est aussi mon péché mignon ! Et pour l’Italie, je cuisine aussi les spaghettis aglio e olio qui est un plat simple mais qu’il ne faut pas rater ! Le dosage de l’huile d’olive, de l’ail et du piment est très important.

Awa Ly ©Bernard BenantProchain rendez-vous avec Awa Ly en Touraine : le samedi 18 novembre à l'espace Jean Cocteau de Monts. Une occasion à ne pas rater puisque la soirée promet de vous faire voyager... Pour réserver il suffit de cliquer ici, et pour suivre les actualités d'Awa Ly rendez-vous sur son site officiel.

 

Photos ©Bernard Benant.

Awa Ly