L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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LA PETITE HISTOIRE...

...DE L'ÉTOILE BLEUE

Il y a à peine plus d’un siècle, la rue du champ-de-mars s’appelait encore rue des prêtres. Mais le culte de la bonne chair qu’on pratiquait dans les établissements installés là était bien éloigné de la piété voulue par l’appellation !

Plusieurs maisons closes y avaient en effet pignon sur rue, une rue bientôt baptisée du champ-de-mars puisque les militaires n’étaient pas loin (ceci explique d’ailleurs peut-être cela… ?).

Au n°15, on pénétrait à l’Étoile Bleue dans l’espoir d’atteindre le 7e ciel. Pour l’ambiance, les fresques suggestives du dessinateur de presse Jacquemin décorent encore aujourd’hui le salon où les futurs clients venaient profiter de la musique et de la vue sur les jeunes femmes de la maison.Une fois le choix fait, direction les chambres des étages. Dix portes pour autant d’invitations aux plaisirs… Rien de bien luxueux pourtant si l’on s’en tient à la taille des pièces où, une fois le lit et les sanitaires installés, il ne reste plus beaucoup de place pour la gaudriole acrobatique...

De toute façon, pas le temps de jouer les prolongations: la patronne sonne la fin des ébats lorsque le corps à corps est trop long à son goût.L’ingénieux système de sonnettes permet également aux clients de signaler qu’ils ont fini leur affaire, pour qu’on leur assure une sortie discrète par la pièce dite «du curé», où ils attendent que la voie soit libre dans le couloir pour sortir sans croiser voisins et collègues !La maîtresse et son assistante la contremaîtresse régissent les échanges et tiennent le tiroir-caisse : les messieurs leur achètent des jetons pour s’adonner à des jeux qui ne doivent rien au hasard… on gagne à tous les coups et les risques sont minimes grâce à des visites médicales obligatoires pour les filles, afin de tenir à distance les maladies d’amour du type syphilis.


C’est d’ailleurs là leur seule sortie ! Nourries, logées et soignées, elles sont prétendument volontaires pour exercer leurs charmes sur les Tourangeaux de classes moyennes, qui laisseront leur place pendant la guerre aux sous-officiers allemands.Depuis la loi Marthe Richard de 1946 qui ferma les maisons closes, la plupart de ces lieux de luxure ont disparu, à l’image du Petit Soleil, (autrefois au 10 de la rue du même nom) dont le bâtiment est rasé dans les années 1980, à l’exception d’une mosaïque déplacée rue de la Monnaie...


Si l’Etoile Bleue brille donc encore, c’est grâce à l’association JCE - Jeune Chambre Economique, qui s’efforce de faire vivre et découvrir les lieux en restaurant les fresques et en laissant les portes ouvertes pour les Journées du Patrimoine… Serez-vous de ceux qui oseront franchir la porte des plaisirs coupables les 21 et 22 septembre prochains ?