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Claire desertCLAIRE DESERT

« Nous sommes des passeurs de texte »

Piano à 5 ans, Conservatoire National Supérieur de Paris à 14, année en Russie pour se perfectionner... Claire Désert est tombée sous le charme du piano dès son plus jeune âge et ne l’a plus quitté. Avant son concert aux Sonates d’Automne, elle nous en dit plus sur son parcours.

Le festival Sonates d’Automne aura cette année pour thème la musique russe : c’est un thème qui vous est cher de par votre parcours ?

Effectivement j’ai fait mes études à Moscou et j’ai eu un grand professeur russe qui m’a formée, mais pour tous les musiciens il existe de toutes façons une vraie tradition russe, que ce soit du côté des instrumentistes, comme pour les grands compositeurs que sont Tchaikovski, Rachmaninov, ou Prokofiev qui ont servi la musique de chambre, la musique orchestrale, la musique vocale… L’histoire de la musique a commencé un peu plus tardivement qu’ailleurs en Russie, mais elle est très riche et est très souvent jouée.

Y a-t-il une vraie différence dans la manière d'apprendre et d'interpréter la musique entre la Russie et le monde occidental ?

De moins en moins depuis la chute du Mur puisque les musiciens russes sont ensuite venus nombreux en Occident pour enseigner. Mais avant cela il y avait une école assez définie, avec de grands pédagogues et une grande tradition russe. Du temps de l’URSS on n’en écoutait que quelques-uns car beaucoup ne pouvaient pas sortir du pays, mais il y avait une tradition forte et intense.

Vous proposerez des morceaux joués à deux pianos avec Emmanuel Strosser : c’est une forme plutôt inhabituelle, non ?

Quand vous êtes pianiste vous pouvez jouer soit en récital, soit en soliste avec orchestre, soit en musique de chambre auprès d’autres musiciens, soit à quatre mains sur un piano ou sur deux pianos. Il existe en réalité un grand répertoire pour deux pianos, mais comme cela suppose d’avoir deux fois plus de place, et deux pianos à queue, on ne voit pas très fréquemment cette forme pour des raisons économiques et d’espace, tout simplement !

Vous êtes vous-même devenue également professeur : est-ce facile de passer d'interprète à pédagogue, pour transmettre son savoir ?

Rien n’est simple ! Il faut tout d’abord aimer la transmission, et l’expérience joue beaucoup. J’enseigne depuis environ 25 ans donc j’ai un peu de bouteille. J’ai toujours enseigné à un niveau supérieur ce qui est plus facile que d’initier un enfant à la musique, car on a alors la responsabilité de lui donner le goût et l’envie de la musique. Je m’adresse à des quasi professionnels qui ont déjà cette motivation, et je fais surtout face à des problèmes techniques, donc c’est du velours et c’est parfois plus de l’accompagnement que de l’enseignement. Je suis d'ailleurs venue à l’enseignement par le biais de l’accompagnement d’autres instrumentistes, ce qui m’a permis de forger ma propre méthode. L’enseignement c’est beaucoup une histoire de passion, et en travaillant avec les étudiants on travaille aussi pour soi-même. En essayant de résoudre les problèmes on réfléchit, et le répertoire qu’on travaille avec les étudiants est aussi un enrichissement pour l’enseignant.

Avez-vous parfois envie de prendre d’autres chemins en dehors de la musique classique ?

Non car le monde de la musique classique est tellement vaste et on est déjà tellement frustré de ne pas pouvoir tout faire ! Par ailleurs, les autres formes de musique sont souvent improvisées, et je ne sais tout simplement pas improviser : c’est un point qui n’est pas abordé dans la formation des musiciens classiques. Nous sommes avant tout des interprètes, nous sommes des passeurs de texte alors que l’improvisation est un tout autre monde qui relève de la création. Ce sont deux démarches différentes.

Votre meilleur souvenir de concert ? Ce sont des moments d’émotions fortes, musicalement et humainement, lors de concerts en prison ou dans des hôpitaux.

Votre livre de chevet ? Un livre que je lis et relis souvent : La Recherche du temps perdu de Proust.

La Touraine en quelques mots ? L’atmosphère de convivialité, de chaleur humaine et de proximité avec le public des Sonates d’automne me touche toujours, entourée d’amoureux et passionnés de musique.

affiche SonatesClaire Désert jouera aux côtés d'Emmanuel Strosser ainsi qu'en trio le samedi 7 octobre, et participera au "Carnaval pour petits et grands" le dimanche 8 octobre pour un Carnaval des animaux revisité. Le festival Sonates d'Automne se déroulera quant à lui du 7 au 14 octobre à Beaulieu-lès-Loches et Loches.