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manu dibangoMANU DIBANGO

« il faut laisser sa chance à la vie, tout simplement »

Soixante ans de carrière et autant de faits d’arme musicaux : père de la world musique, jazzman émérite, 1er disque d’or africain aux Etats-Unis dans les années 70... Le saxophoniste franco-camerounais poursuit ses périples musicaux et sera sur la scène de Jazz en Touraine, friand de nouvelles expériences.

Vous serez en septembre à Jazz en Touraine, mais vous êtes aussi considéré comme le père de la world music : vous faites une différence entre ces genres musicaux ?

Il n’y a qu’une musique : la bonne ! Le reste ce sont des classifications, je ne fais pas attention à tout ca. Je fais la musique que j’aime. Ça peut passer par le jazz, par le reggae, par plusieurs choses… On transmet les ondes, c’est tout, et les ondes n’ont pas d’œillères, elles passent partout !

Avec 60 ans de carrière, comment réussissez-vous à toujours vous réinventer artistiquement ?

Si je le savais je vendrais le brevet ! (rires). C’est un ensemble de choses, chacun a son karma. Tant qu’on se réveille le matin en se disant qu’on est encore debout, c’est l’essentiel. Ce qui est intéressant c’est d’ailleurs ce qu’on va faire, et pas ce qui est déjà fait. Il y a tellement à faire, en très peu de temps…

Y a-t-il des rêves que vous n’avez pas encore réalisés ?

Oui heureusement, car si on ne rêve plus on n’est plus là. Tant qu’on est en vie il y a toujours des rêves et je crois qu’il faut surtout laisser l’opportunité aux autres d’entrer chez vous, garder sa porte ouverte sans tout réglementer en se disant « je vais faire ça et ça et ça demain ». J’ai fait des choses dans ma vie que je n’aurais jamais pensé faire, parce que les circonstances me l’ont permis. Je cours plutôt vers ce genre de choses plutôt que vers ce qui est réglé à l’avance. Pour ça il vaut mieux alors voir une cartomancienne pour se faire lire les lignes de la main, et qu’elle me dise ce que je ferai demain ! Il faut laisser sa chance à la vie, tout simplement.

C’est comme cela qu’on vous retrouve dans un concert-lecture de Senghor à Avignon cet été ?

Tout à fait, c’est un projet auquel je ne m’attendais pas... Il m’est aussi arrivé de faire du théâtre pour jouer le personnage de Duke Elllington avec Jérôme Savary, dans une pièce reprise pour la télévision. Je n’avais jamais pensé faire du théâtre et j’ai accepté car cela touchait à la musique, et une fois qu’on a dit « oui » il faut s’y tenir et travailler ! Il faut donc laisser un peu le hasard entrer dans nos vies.

Cela vous arrive aussi de dire non ?

Oui cela m’arrive, par exemple on m’a proposé quelques fois de jouer au cinéma, mais c’est quelque chose dans lequel je ne me vois pas du tout. Vous mangez 25 fois du poulet pour et c’est la 26e prise seulement qui est bonne mais à chaque fois il faut faire croire que c’est goûteux… C’est pas mon truc ! La musique me va mieux.

Et côté musique, quelle équipe vous accompagne sur scène ?

Ce sont toujours les mêmes musiciens depuis une dizaine d’années. On a un vaste répertoire et on choisit au dernier moment les morceaux à jouer. Il y a quelques fondamentaux, mais il faut se surprendre entre nous et surprendre le public. J’annonce parfois aux musiciens un morceau qu’on n’a pas joué depuis longtemps et les musiciens se réveillent ! (rires). Il n’y a pas deux salles qui se ressemblent, et cela vous inspire des morceaux pour le concert. Puis pendant le concert on peut avoir envie de changer l’ordre des morceaux ou d'en rajouter d’autres. Il faut avoir cette liberté pour éviter la monotonie.

L’endroit que vous nous recommandez au Cameroun ?  A Yaoundé vous avez des clubs avec de la bonne musique. Le Cameroun est très vivant la nuit, surtout à Yaoundé, avec une vie musicale plus variée qu’à Douala.

En ce moment dans votre mp3 ou platine vinyle ? Pratiquement toujours les mêmes, et j’écoute beaucoup la chaine Trace Africa, ce qui me permet de découvrir de jeunes talents africains et de percevoir le climat africain dans la musique. Les disques sont créés et produits là-bas, ils ont un rythme qu’on ne pourra jamais avoir ici. Ici on a une idée et un savoir-faire, là-bas il y a la créativité. J’ai beaucoup de curiosité envers ces jeunes et leurs musiques.

Votre gourmandise préférée ? Ce n’est pas fixe, et la France comme les pays africains ont la chance d’être riches en plats. Récemment j’ai mangé une côte de bœuf, je me suis régalé, cela faisait deux ans que je n’en avais pas mangé ! Ce qui ne m’empêche pas de déguster des gumbos, du n’dolé, des plats sénégalais…

jazz en touraine 2017Manu Dibango sera sur la scène du festival Jazz en Touraine 2017 ! Du 14 au 24 septembre prochain, retrouvez à Montlouis et dans les communes partenaires des dizaines de concerts autour du jazz. Les premières informations et réservations sont déjà disponibles sur www.jazzentouraine.com.

 

 

Crédit photos ©L.Vincent

manu dibango ©LVincent