L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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LA PETITE HISTOIRE...

... DU MAQUILLAGE

Loin de nous l’idée de plomber l’ambiance alors que vous vous dessinez des lèvres pulpeuses pour sortir faire la fête, mais à ses débuts, le maquillage avait plutôt trait aux rites funéraires… Dans l’Egypte tout comme dans la Grèce antique, fards végétaux et autres cendres s’inscrivent ainsi dans des pratiques religieuses, qui font le lien entre le défunt et les dieux, ou marquent la frontière entre corps et âmes.

Mais il ne faut pas attendre bien longtemps pour que le maquillage soit aussi l’étape indispensable avant de montrer sa frimousse en société ! Après les yeux de biche des prêtres égyptiens, place aux visages colorés de la Rome antique ! La mode de l’époque est haute en couleurs : bouche et joues bien rouges, grâce aux pigments naturels que sont la cochenille, la mûre ou la fraise, et yeux noircis avec de la cendre, ou colorés au safran.

L’arrivée du christianisme met le holà au maquillage : se faire beau devient synonyme de coquetterie, et traduit donc un penchant vers le péché… tout juste retrouve-t-on fards et poudres chez les artistes de cirque et les prostituées. Les réprimandes du Clergé se poursuivent durant des siècles, mais cela n’empêche pas les lois de la beauté d’évoluer. Bien vite on préconise l’épilation du front (à la chaux), et le fond de teint et les lèvres rouges deviennent de véritables canons de beauté. Avoir le teint pâle sera par exemple une règle d’or des femmes de nobles familles jusqu’au XIXe siècle.

Marquons une pause : pourquoi parler au féminin ? Les hommes aussi sont concernés ! A la Renaissance et à l’époque des Lumières, on utilise les fards aussi bien pour les rois et autres nobles que chez ledit sexe faible. Un véritable langage codé se met d’ailleurs en place entre mouches et maquillage. La dame que vous convoitez ne se maquille pas ? Alors ne perdez pas votre temps, car elle signale par là qu’elle se destine à la religion, et s’éloigne en tous cas d’une quelconque vie amoureuse.

Du XVIIIe au XIXe siècle, même les bourgeois s’y mettent, mais avec modération. La manière de se maquiller reflète alors les classes sociales : un maquillage léger dans la bourgeoisie, tandis que l’ouvrière utilise du bleu et du vert. L’élargissement de cette pratique va de pair avec la création de nouveaux produits, de la poudre de riz colorée jusqu’aux eaux matifiantes ou démaquillantes…

La course aux modes et aux nouveautés se poursuit depuis lors, et si les canons de beauté féminins évoluent de la blonde diaphane hollywoodienne aux « smokey eyes » d’aujourd’hui, une pratique est en passe de revenir sur le devant de la scène : le maquillage pour hommes. Alors messieurs, tentés ?

 

Illustrations : peintures de Rogier van der Weyden, et Boucher (La marquise de Pompadour - détail).