L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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Charlelie coutureCHARLELIE COUTURE

« la musique cajun est une musique du partage »

Ici, qui dit Charlélie Couture dit musique. Mais depuis toujours ce diplômé des Beaux-Arts désormais installé à New-York mène de front créations picturales et musicales. Avec son album Lafayette cet artiste multi-facettes nous fait voyager en Louisiane. Il nous en a dit plus avant son passage au Salamandre Gumbo Festival (événement annulé depuis notre interview).

Vous voir aller vers les musiques de Louisiane semble naturel lorsqu’on connaît votre musique, l’était-ce pour vous aussi ?

J’ai choisi la Louisiane car c’était l’Etat le plus francophone et francophile des Etats-Unis, et cela me permettait de faire la jonction avec ma double-culture. Cela fait quatorze ans que je suis installé à New-York où je venais régulièrement depuis les années 80, et ma mère avait enseigné le français aux Etats-Unis après la guerre et elle en avait gardé cette désinvolture et cette liberté des femmes américaines d’après-guerre. Je parlais souvent avec elle en anglais, qui est donc ma langue maternelle au sens propre du terme ! Quand elle est décédée il y a deux ans, aller en Louisiane était aussi une manière de lui rendre hommage. C’est peut-être pour cela que cela peut sembler naturel !

 

Et que trouvez-vous à New-York qui vous manquait en France ?

La grosse différence est qu’en France on vous dit à quoi vous devez ressembler, alors qu’aux Etats-Unis vous choisissez vous-même. Quand j’étais en France, les gens me connaissaient pour ce que je faisais en musique, mais j’ai toujours menée en parallèle une carrière de peintre, plasticien, photographe et sculpteur. Mais la France adore l’imparfait et vous raconte par ce que vous avez déjà fait. Or s’appuyer sur son passé peut être un atout mais aussi un frein. En France les gens aiment les spécialistes, ils aiment vous mettre dans des boîtes dont il est très difficile de sortir. Voilà pourquoi je suis venu à New-York.

Vous composez donc autant que vous peignez ?

Les arts visuels sont aussi importants pour moi que la musique, ils me permettent d’exprimer d’autres choses. Je me compare à un triathlète qui se donne autant dans l’eau que sur sa bicyclette ou à la course, même s’il n’y a aucune ressemblance dans les différentes pratiques et les muscles sollicités. Et quand je fais une chose ou l’autre, je le fais à fond.

Au quotidien une forme artistique prédomine-t-elle tout de même sur une autre ?

Je suis autant engagé dans l’un que dans l’autre, j’assume en quelque sorte ma schizophrénie (rires). Au lieu de la combattre j’accepte mes différents composants, je vis dans une sorte de dualité permanente, entre mon cerveau droit et mon cerveau gauche et je ne sacrifie pas l’un au profit de l’autre : j’accepte autant l’intuition de mon côté artistique que le côté plus réfléchi du cerveau gauche. Mon travail de peintre aborde d’ailleurs le thème de la personnalité, de la recherche de l’être, et les choses que j’exprime en musique sont un peu différentes mais finalement c’est le même arbre, les racines sont communes.

La différence réside-t-elle dans l’aspect solitaire de l’atelier et le collectif de la musique ?

Oui, c’est un peu la différence entre sport collectif et sport individuel, je joue aussi bien un tennis en simple qu’en double ! Mais j’aime le jeu, quel qu’il soit, donc je prends du plaisir aussi bien dans la solitude de mon atelier que lorsque j’ai le privilège de retrouver mes équipes pour créer et partager des moments de délire sur scène avec ces gens que j’admire. Je m’en régale d’ailleurs encore plus avec le temps qui passe.

Vous êtes donc impatient de retrouver la scène, notamment au Salamandre Gumbo Festival ?

Cette année j’ai fait des concerts tous exceptionnels et que ce soit en solo piano au club Bonafide de New-York ou avec les copains, cela m’excite car c’est une vraie chance ! Louis Michot et ses  Lost Bayou Ramblers ont joué sur mon disque et seront au festival, j’espère que l’on pourra partager un moment sur scène ! La musique cajun et acadienne de Louisiane est une musique du partage, de la convivialité populaire, de la musique « pop » au vrai sens du terme. C’est une musique sincère, parfois un peu simple, mais d’une simplicité qui recèle quelque chose d’émouvant avec lequel j’ai du plaisir à me retrouver quand je la joue.

 

Le plat cajun que vous nous recommandez ?  Bien évidemment un gumbo, qui est une sorte de ragoût épicé, et comme je mange peu de viande je vous recommande un veggie gumbo à base de légumes.

Votre livre de chevet ? Je viens de finir Yellow Cab de Benoit Cohen, que je vous conseille pour les vacances. C’est un réalisateur de cinéma qui est devenu chauffeur de taxi à NYC pour écrire un scénario, et il raconte cette expérience de manière très amusante.

L’objet qui ne quitte jamais votre valise en tournée ? Un canif, mais j’en ai laissé tellement en douanes lorsque je prends l’avion… Disons un marqueur et un carnet que j’ai toujours sur moi, ce sont mes indispensables en toutes circonstances. J’abhorre le fait de perdre une idée, même si elle n’a aucune importance. Je les attrape au vol comme un chasseur de papillons avec son filet.

Nota bene : le festival a été annulé.

Retrouvez Charlélie Couture en région Centre dans le cadre du Salamandre Gumbo Festival de Montoire ! Charlélie Couture y sera le vendredi 26 mai, et le festival accueillera également du 25 au 28 mai des groupes d'ici et d'ailleurs pour quatre jours de musique blues, country et cajun. Réservez ici et consultez le programme juste là.