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DIDIER LOCKWOOD

« violon tout terrain »

Trois géants du jazz seront sur la scène de Jazz en Touraine pour un concert d’exception : le guitariste Biréli Lagrène, l’accordéoniste Richard Galliano et le violoniste Didier Lockwood. Ce dernier nous en dit plus sur cette réunion au sommet et ses nouveaux projets.

Comment s’est monté ce trio qui réunit trois grands noms du jazz ?

On a déjà joué ensemble ou séparément, avec grand plaisir. Avec ce trio, en acoustique, on propose la réunion des trois grands instruments - accordéon, guitare et violon - et de leurs chefs de file en France, pour un concert sans doute représentatif du jazz à la française. Chacun amène ses compositions, et on bâtit le concert sur la musique des uns et des autres.

Avec bien sûr une bonne dose d’improvisation ? Peut-être quelques surprises ?

Oui toujours de l’improvisation, avec une vraie complicité instrumentale. De fait, cette musique c’est toujours une surprise puisque le jazz c’est toujours de l’improvisation, les thèmes sont des prétextes et des rampes de lancement pour jouer et être le plus libre possible. La surprise, c’est que c’est la surprise à chaque fois !

Votre nouveau projet solo, Improvisible, semble justement centré sur l’impro avec la participation du public… On peut en savoir plus ?

Le but c’est que vous vous posiez la question ! C’est un spectacle qui va se faire en temps réel et que j’ai déjà donné quatre fois. On est dans le cadre d’une création instantanée, avec Alain Sachs à la mise en scène. Sur scène, j’ai des défis de création comme créer une pièce avec le public par exemple. Les défis changent tous les soirs, je suis au bord du gouffre à chaque seconde, je n’ai pas le droit de me référer à des choses déjà faites, pour certains défis je devrai jouer dans « le style de » mais sans prendre des compositions ou mélodies existantes.
Il y a aussi un dialogue avec le public, c’est une manière de rapprocher les gens des artistes, ce qui est rare... Je trouve qu’il y a une grosse séparation entre artiste et public alors que je pense que tout le monde a en lui un potentiel artistique au départ, ensuite c’est une question d’éducation, de parcours. Aujourd’hui, les gens qui viennent écouter du jazz ou de la musique improvisée ne savent pas trop comment ça se passe. D’autant qu’on cherche souvent à être rassuré, si on va voir un spectacle on aime savoir ce qui va se passer. On a tendance à répéter les mêmes choses par souci de sécurité, alors que la création c’est être tout le temps près du précipice, se perdre pour mieux se retrouver. Je tenais à faire un spectacle dédié à ça, car il n’y en avait pas.

C’est donc l’improvisation avec un « i » majuscule ?

J’ai le droit de tout faire, même rester en silence. J’improviserai aussi avec un invité surprise pendant 5 minutes, sans qu’on se soit vu auparavant. Il pourra s’agir d’un musicien mais aussi d’un scientifique ou un peintre… Il y a une feuille de route, mais même si la feuille de route ne me plaît pas, je peux la modifier. Le public aime ça, et j’essaie de montrer que tout le monde improvise tout le temps et de le valoriser car celui qui improvise c’est celui qui a oublié sa leçon ou qui ne sait pas faire.

Vous avez œuvré aussi bien dans la musique de film que collaboré avec des musiciens indiens ou une chanteuse lyrique : d’autres projets sont en cours, au-delà du jazz ?

Certainement un jour avec ma nouvelle compagne, Patricia Petibon, qui est aussi chanteuse lyrique et qui s’intéresse beaucoup à l’improvisation. C’est toujours intéressant de mélanger les genres, ce sont parfois des tentatives qui ne sont pas toujours des succès, mais c’est enrichissant.

Y a-t-il des genres musicaux plus difficiles à aborder ?

Ce qui est sûr c’est que je ne jouerai jamais de la musique indienne aussi bien qu’un musicien indien. En tant que VTT - violon tout terrain, je fais du grand tourisme : je vais flirter avec les traditions musicales du monde, mais je ne fais que flirter. J’en retire les essences primordiales ou en tout cas ce qui me parle, et quand je restitue je ne fais pas dans le détail, car c’est impossible pour moi. Dans ce sens rien ne me décourage et je vais flirter partout, car je cherche surtout à m’imprégner de l’ambiance globale d’une musique. Quant à la symbolique des différentes musiques, c’est un travail colossal, que je suis trop feignant pour travailler. Je retire l’essence et je me débrouille avec, je bricole.

Votre pire souvenir de rentrée ? Ma première rentrée à l’école maternelle avec mon copain et voisin qui pleurait sans cesse car sa mère était partie, et je ne savais pas quoi faire pour le consoler, j’étais démuni…

Votre goûter préféré après l’école ? Le pain perdu.

Dernier coup de cœur artistique ? Paolo Coelho, dont je viens de lire Le manuscrit retrouvé.

jazz en touraineDidier Lockwood sera avec Biréli Lagrène et Richard Galliano sur la scène de Jazz en Touraine le 19 septembre. Toute la programmation du festival et les infos pratiques sur www.jazzentouraine.com

DIDIER LOCKWOOD - INTERVIEW PROG!