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Alexandre ClérisseALEXANDRE CLERISSE

« FAIRE UN LIVRE QUI  TRAITE D'UNE ÉPOQUE »

Avec leur BD Souvenir de l’empire de l’Atome, Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen ont remporté le prix Tour d’Ivoire 2013 du festival de BD A Tours de bulles. Alexandre Clérisse revient cette année à Tours avec une exposition et de nouveaux projets dont il nous dit quelques mots.

On parle parfois de roman graphique, notamment pour votre album : quelle est la différence avec la bande dessinée ?

Le terme roman graphique a été inventé dans les années 1980-90, moment où les américains ont commencé à faire de la bande dessinée différemment, avec des histoires plus longues, qui traitaient de thèmes est un peu différent, avec des mises en page plus variées, plus éclatées, qui restaient moins dans le cadre de la case et de la bulle. Le terme est resté, même si la différence n’est pas énorme… Avec L’empire de l’Atome, on est dans une histoire longue, en un seul volume et où graphiquement on peut se permettre de sortir des cases, de jouer sur la mise en page et sur la narration avec par exemple une voix off qui parle dans un ton un peu plus romanesque. Ça reste de la bande dessinée, et peut-être que l’appellation « roman graphique » permet à un public plus adulte de se reconnaître dans certains livres.

Sauf erreur, le scénariste Thierry Smolderen était votre prof à l’école de BD d’Angoulême ?

Oui, en histoire de la bande dessinée et scénario. À la même époque il s’occupait du site Coconinoworld, qui regroupait des auteurs du 19e siècle et des gens qui étaient dans la défense de la bande dessinée, et en parallèle des jeunes auteurs en majeure partie issus de l’école d’Angoulême. Il m’a permis de faire une première BD, Jazz club publiée en ligne puis éditée par la suite. Depuis on a continué à collaborer.

Avez-vous toujours été fan de science-fiction ou cet aspect vient-il de Thierry Smolderen ?

J’ai toujours apprécié la science-fiction depuis l’enfance, mais je ne l’avais jamais abordé dans le travail donc c’était l’occasion d’aborder la chose avec un connaisseur comme Thierry qui a déjà écrit de nombreuses bandes dessinées sur ce thème et qui m’a fait découvrir beaucoup de choses au niveau cinéma, littérature, bande dessinée.

Vos précédents albums sont liés au passé (Jazz Club et Trompe la Mort), vous êtes un féru d’histoire ?

J’aime bien explorer l’histoire, je me suis toujours intéressé au passé, j’aime bien le mettre en relation avec le présent et c’est ce que j’avais essayé de faire dans mes deux premiers livres. Thierry s’est inspiré de ma façon de raconter avec le côté flash-back que j’ai un peu exploré dans ces livres, et qui se prête très bien à ce dernier ouvrage.

 Jazz Club en version intégrale c'est ici :

Vous avez été tenté par l’histoire au fil de vos études ?

J’ai fait une année d’université en histoire de l’art mais depuis tout petit j’avais envie de devenir dessinateur. Comme le secteur est bouché et le chemin difficile il y a bien sûr eu des changements de direction à certains moments, et avec le soutien de mes parents je suis passé par l’histoire de l’art et des études de graphisme, pour finalement revenir à la bande dessinée.

Si on parle technique, vous travaillez uniquement sur ordinateur… ?

Mes albums sont faits entièrement sur ordinateur avec le logiciel Illustrator, généralement utilisé pour le graphisme, la création de logos, la typographie… Je l’utilise de façon illustrative, avec parfois des matières que j’ai peintes… J’essaie d’explorer cette forme d’expression qui s’éloigne un peu du dessin classique; j’utilise des personnages, des sortes de petites marionnettes, presque à la façon des films d’animation. Cela me permet de raconter plus facilement mes histoires, de reproduire exactement ce que j’ai en tête. Ce qui ne m’empêche pas pour des expositions par exemple de faire des planches avec des techniques à l’ancienne avec peinture et encres de Chine pour garder un contact avec le papier.

Et l’animation vous intéresserait justement ?

J’aimerais beaucoup, il y a eu des tentatives avec des camarades étudiants mais l’animation et la production sont un monde à part entière qui demande plus de moyens et de gens, et dont je ne connais pas exactement les techniques. Mais j’aimerais pourquoi pas travailler sur quelque chose lié à l’ambiance, aux personnages, aux décors.

De nouveaux projets en cours ?

Oui je travaille à nouveau avec Thierry sur un projet qui va s’appeler L’été diabolique : une histoire dans le même esprit que L’empire de l’Atome…, mais on change d’univers. Il n’y aura pas de science-fiction mais on garde l’idée de faire un livre qui traite d’une époque, autant au niveau graphique qu’au niveau littéraire ou cinématographique pour en tirer la substance, retrouver et recréer la lumière, les couleurs, l’ambiance, les préoccupations de l’époque en question : les années 60, donc un monde plus coloré, plus pop, avec une histoire autour de l’espionnage.

À la manière d’OSS117 au cinéma ?

Oui il y a un peu de cela, Hazanavicius a peut-être regardé tous les films qui ont été tournés à ce moment-là ! Le but est de trouver et retranscrire l’air du temps. Il y a un gros travail de documentation, de recherche et d’études d’images pour cela.

Votre album a reçus de nombreux prix : heureux ?

Ça nous a fait très plaisir ! J’ai été personnellement surpris et honoré de recevoir des récompenses liées à la science-fiction, car je ne viens pas de ce monde-là. Thierry et moi sommes ravis du succès du livre et des bons retours, après tout le travail investi.

 Les premières pages à découvrir en cliquant ici :Souvenir de l'empire de l'atome

Vous avez du mal à dessiner… beaucoup de choses… les femmes, les voitures, … mais cela peut se travailler, et  mon mode de dessin me permet de m’inspirer de photos ou de films. J’essaie de passer outre la technique pour raconter les histoires et créer une ambiance.

Plutôt E.T. ou Alien ? Plutôt E.T., de la science-fiction dans le cadre quotidien.

L’endroit que vous recommandez à Angoulême ? Le musée de la bande dessinée, dans les anciens chais de cognac avec une collection intéressante de planches d’auteurs contemporains et anciens, des expositions temporaires et une librairie très complète.

Pire souvenir de rentrée ? L’entrée en sixième, un peu perdu dans une nouvelle école où on devient les plus petits !

Alexandre Clérisse sera présent au Festival à Tours de Bulles 2014 qui se déroulera du 10 au 14 septembre 2014 avec pour centre névralgique la place Châteauneuf et la salle Ockeghem où vous retrouverez l'exposition Souvenir de l'empire de l'Atome !

Tous les détails sur www.atoursdebulles.fr

ALEXANDRE CLERISSE