L’AGENDA DES SORTIES DU 37

lien agenda
  • image annonceur
  • image contact

Trouver une sortie



LA PETITE HISTOIRE...

... DU CHATEAU DE TOURS

Ne nous voilons pas la face : comparé à ses célèbres voisins de Chenonceau, Amboise ou Chinon, le château de Tours n’est pas franchement dans le top 3 des châteaux de la Loire. Mais il cache bien son jeu !

Si aujourd’hui il ne reste que deux bâtiments bordant les quais de Loire, la bâtisse avait autrefois fière allure, comme l’ont révélé les fouilles menées dans les années 1970.

Sur les restes de bâtiments en bois, eux-mêmes construits sur les vestiges de thermes gallo-romains, les premières pierres sont posées au XIe siècle sur ordre des comtes d’Anjou, en s’appuyant sur quelques vestiges du mur romain qui entourait Caesarodunum, l’ancêtre de Tours.

L’emplacement est stratégique : juste en face du seul et unique pont qui permet de passer au Nord de la Loire, et bordant la cité, l’édifice est sans doute un point de contrôle d’entrée des hommes et des marchandises tout en étant à quelques pas de la cathédrale.

Le château fait surtout office de résidence, mais les choses changent au XIIIe siècle… Il faut dire que la France prend forme, et Philippe-Auguste inclut la Touraine à ce grand royaume. Le château de Tours est alors agrandi pour se transformer en véritable forteresse défensive… Peut-être pour résister à une possible attaque anglaise ?

Ou tout simplement pour en imposer un peu plus, face à l’importance croissante de Châteauneuf et de la basilique Saint-Martin.

Jugez plutôt : un pont-levis donne accès au château, avec une grosse tour carrée du XIe siècle, et quatre tours dont la tour de Guise qui fait figure de donjon avec trente mètres de haut, un mur d’enceinte allant jusqu’à trois mètres d’épaisseur entoure non seulement le bâtiment habité mais aussi la chapelle et une grande cour. Le domaine s’étend plus loin, avec les nouveaux logis, une basse-cour, une écurie…

Les rois y passent, le futur Louis XI s’y marie, mais à la Renaissance la concurrence est rude face aux nouveaux châteaux au bord de l’eau...Ajoutez à cela un rôle défensif qui décroît et au XVIIe siècle la construction du pont Wilson, et vous comprendrez pourquoi le bâtiment dépérit, servant tour à tour d’arsenal, de dépôt de mendicité, de caserne militaire, et même de carrière de pierres pour construire les quais du fleuve !

Aujourd’hui il ne reste donc que le Logis des gouverneurs, qui servait aux réunions des édiles de la ville, et la tour de Guise médiévale adossée au pavillon de Mars construit au XVIIIe siècle. Fini les militaires et princes, aujourd’hui s’y côtoient artistes locaux et expositions du Jeu de Paume pour le plus grand plaisir des amateurs d’art.