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Bernard Pivot ©S ChapuisBERNARD PIVOT

« alors que j’étais dubitatif, j’y ai trouvé un certain plaisir »

Apostrophes, Bouillon de Culture... Qui ne connaît pas Bernard Pivot et ses émissions qui mettaient la littérature à l’honneur sur nos écrans ? Depuis 2011 l’homme de télévision joue au théâtre, sans laisser de côté son amour des belles lettres. Il nous en dit plus avant son passage en Touraine.

On ne vous connaissait pas d’envie de comédien, qu’est-ce qui vous a poussé à monter sur scène ?

C’est Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, qui m’a invité un jour à un petit-déjeuner et m’a dit « comme tu lisais bien les textes des auteurs invités à Apostrophes ou Bouillon de culture, tu dois très bien lire les tiens. Donc je te donne une salle de mon théâtre, pendant une semaine, tu fais un essai, et si ça te plait à toi et au public tu continues ». Il se trouve que ça a plu au public présent, et alors que j’étais dubitatif au départ  j’y ai trouvé un certain plaisir. Donc j’ai continué quatre ou cinq fois par mois, d’une part parce que je n’ai pas le temps, et aussi pour garder le plaisir de jouer qui s’émousserait sans doute si je jouais plusieurs fois par semaine.

Pour ces Souvenirs d’un gratteur de têtes, comment avez-vous sélectionné les textes que vous lisez ?

Il y a trois sortes de textes : des textes autobiographiques, par exemple je raconte les vendanges dans le Beaujolais car cela a été important dans ma vie ; des textes dans lesquels je raconte mes rencontres avec des grands écrivains comme Simenon, Nabokov, Duras ; et des textes dans lesquels je fais l’éloge de mots ou d’expressions que j’aime beaucoup car ils sont drôles ou malheureusement en voie de disparition. Tout cela est mélangé pour former un spectacle qui, par expérience, n’est pas triste.

Vous êtes aussi devenu un personnage en Touraine car l’Intime Compagnie met en scène votre rencontre avec Marguerite Duras. Pensez-vous que d’autres moments-phares de l’émission pourraient être portés à la scène ?

Je ne sais pas… Je suis déjà très surpris qu’on ait repris mon dialogue avec Marguerite Duras pour en faire un spectacle, c’est une idée très originale et sympathique, et je suis curieux de voir ce que cela donne lorsque deux comédiens endossent la situation professionnelle et les paroles de l’un et de l’autre. Mais je n’imagine pas que d’un seul coup on reprenne tous les autres - Lévi-Strauss, Yourcenar, Simenon… !

Quel regard portez-vous sur la place de la littérature aujourd’hui à la télévision ?

La télévision française est assez remarquable par rapport aux autres que je connais, car la culture y est encore assez présente - dans le service public en tous cas. Dans le privé, la culture n’est pas absente, mais presque. Alors que sur les chaînes publiques la place de la culture n’est pas négligeable, il y a même cette nouvelle émission Stupéfiant. Donc il y a toujours une présence, souvent un peu tardive, mais la télévision française a au moins le mérite de garder une curiosité intellectuelle et artistique, et il faut l’en féliciter même si elle pourrait certainement faire davantage.

Vous êtes très présent sur Twitter, qu’est-ce qui vous plait dans cette pratique ?

Faire court ! Ma réponse l’est aussi vous voyez (rires). Twitter est une école de la concision, de la brièveté, de l’art de savoir dire en peu de mots ce que l’on voit ou ce que l’on pense. Pour moi c’est un exercice de style et un exercice mental que je trouve extrêmement agréables.

C’est un peu l’aphorisme du XXIe siècle ?

Oui en quelque sorte ! La Rochefoucault, Rivarolles et d’autres moralistes des XVIIe et XVIIIE siècle ne savaient pas qu’ils twittaient avant l’heure.

Sur Twitter vous avez fréquemment évoqué la politique nationale et internationale avec les primaires ou Trump : quel regard portez-vous sur la situation politique d’aujourd’hui ?

C’est une question piège ! Je vais répondre ce que j’ai écrit ce matin sur Twitter (janvier 2017, ndlr) : à Paris il fait froid, très froid, même très très froid, mais pas assez pour geler les ambitions politiques.

Twitter Bernard Pivot

Quelle est la dernière chose que vous faites avant de monter sur scène ? Je mange une banane, car c’est un peu sportif… comme les tennismen qui mangent une banane entre deux sets, sauf que ce serait tout de même bizarre si je m’interrompais pendant le spectacle pour manger une banane, les gens seraient assez étonnés !

Quel objet emmèneriez-vous dans l’espace ?  Un stylo et une feuille de papier pour noter mes impressions.

Votre dernier coup de cœur musical ? Ce n’est pas très nouveau, mais « Poètes vos papiers » de Léo Ferré que je n’avais pas écouté depuis des années.

Si vous deviez définir la Touraine en trois mots ? Châteaux, vins et Loire !

Bernard Pivot ©ChapuisC'est sur la scène de l'Escale de Saint-Cyr-sur-Loire que vous retrouverez ce diseur de mots le jeudi 6 avril 2017. N'hésitez pas à réserver dès maintenant en quelques clics.

 

 

Photo ©Sandrine Chapuis