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SILENCE

Scorsese a voulu ici un film contemplatif où l’image prône sur le reste

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Silence, le nouveau long-métrage de Martin Scorsese, est un projet porté par le réalisateur depuis plus d’une vingtaine d’années. Basé sur un roman de Shūsaku Endō, écrivain japonais dont les œuvres reflètent sa foi catholique, le scénario a vu sa première version écrite dans le début des années 90 mais le réalisateur décida de réaliser Aviator et écarta cette adaptation.

Le nouveau long-métrage de Scorsese se déroule donc dans les années 1640. Les jésuites envoient au Japon deux missionnaires portugais, les pères Garupe (interprété par Adam Driver, connu du grand public pour son rôle dans le dernier Star Wars) et Rodrigues (Andrew Garfield : The Amazing Spider-man, Tu Ne Tueras Point..). Ces deux pères sont envoyés en mission pour retrouver la trace de celui qui fut leur formateur, le père Ferreira (Liam Neeson dont nous n’avons pas besoin de retracer la carrière), qui, selon la rumeur, aurait renié sa foi et vivrait désormais maritalement sous un nom japonais.

Avant d’aller voir ce film il faut être conscient de sa durée : plus de 2 heures 30. La première heure possède de très grandes longueurs et ne fait que présenter le récit de façon monotone. C’est après cette première heure que le film prend son envol.

Scorsese a voulu ici un film contemplatif où l’image prône sur le reste. Il n’y a ainsi que très peu de musiques, ce qui peut parfois rendre certains dialogues monotones (l’utilisation de champ/contre-champs ne faisant qu’accentuer que cet effet). Ce silence accompagne le spectateur du début à la fin du film, laissant totalement place à l’image et aux ressentis des personnages.

Cela pourrait être vu comme un point négatif mais c’est ici extrêmement innovant et puissant lorsque l’on voit l’incroyable photographie de Silence (due au travail de Rodrigo Prieto, directeur de la photographie déjà présent sur Le Loup de Wall Street). Le décor est sublimé par l’utilisation de magnifiques clair-obscur ponctués de scènes embrumées par la lueur de flammes (le plus souvent des bougies qui ajoutent alors un coté intimiste).

On retrouve un thème basique, celui du rejet de la religion chrétienne et des souffrances touchant ceux qui la pratique dans un Japon où le christianisme est combattu. Cette souffrance est d’ailleurs très présente dans le film par de nombreuses scènes de tortures (noyade, crucifixion…) pouvant heurter les spectateurs les plus fragiles. C’est d’ailleurs un thème récurrent dans les œuvres de Scorsese (La Dernière Tentation du Christ et dans un autre contexte avec Kundun).

En sortant de ce film on se demande comment le réalisateur américain peut passer d’un film comme Le Loup de Wall Street, dépeignant le portrait d’un homme montant en puissance et totalement dénué d’interdits et de limites, à un film comme Silence, œuvre austère demandant une certaine exigence pour pouvoir apprécier toute la puissance de la mise en scène.

A voir en V.O aux cinémas Studio