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ferrariJEREMY FERRARI

"mon but c’est de faire marrer les gens et d’informer"

Il avait fait salle comble en 2016 au Grand Théâtre de Tours, il renouvelle la performance en 2017 ! L'humoriste Jérémy Ferrari remplira le Vinci de Tours qui affiche complet le 24 mars pour Vends deux pièces à Beyrouth. Un spectacle sur la guerre pour lequel il nous donne quelques clés.

Vous tournez depuis déjà plus d’un an avec Vends deux pièces à Beyrouth, et beaucoup d’événements se sont produits depuis le début : cela a fait évoluer ce one-man ?

Malheureusement il y a eu d’autres attentats en France, il y a eu Trump... J’adapte toujours un petit peu dès que l’actu évolue et j'évoque tout cela dans le spectacle, mais cela n’a pas changé les fondamentaux. Rien n’a pas du point de vue politique et géopolitique. Mais je sais qu’avec les élections cela bougera encore plus.

Les bruits de bombes du début du spectacle mettent le public dans une situation de tension : pourquoi cette volonté de bousculer les spectateurs ?

On utilise des infras extrêmement puissants pour faire trembler le théâtre et faire trembler les sièges, c’est donc assez inconfortable durant les premières minutes du spectacle car on veut créer cette tension. C’est un spectacle sur la guerre et on veut donc mettre les gens dès le départ dans une situation de tension pour générer l’émotion du champ de bataille (à notre échelle bien sûr car on reste au théâtre !). J’ai d’ailleurs travaillé le spectacle de manière un peu cinématographique : les lumières et les musiques ont un thème commun qui évolue au fur et à mesure, autour d’une même base.

Le terrorisme, les guerres et conflits au Moyen-Orient, les associations humanitaires… Vous avez mené un gros travail de recherche d’informations : qu’est-ce qui vous a poussé un jour à choisir un sujet et vous coltiner toutes ces heures de cours et de lectures ?

Je ne sais pas trop… J’avais fait la même chose avec mon spectacle Hallelujah Bordel qui était né de mes lectures de la Bible, du Coran et de la Torah que j’avais débutées pour ma culture personnelle parce que j’étudiais un peu la philosophie où il est souvent fait référence à la religion. Quand j’ai vu les absurdités que contiennent ces textes, c’était impossible de ne pas en faire un spectacle. Mais le problème c’est que je suis un perfectionniste, et je suis toujours en lutte contre moi-même, entre l’envie de dénoncer et la volonté de laisser à chacun sa liberté de penser. Je trouvais donc irrespectueux de faire un spectacle sur la religion sans la connaître à fond. J’ai donc rencontré des rabbins, des imams, j’ai lu des textes religieux, d’autres antireligieux, et ce travail presque journalistique m’a passionné et m’a appris beaucoup de choses, notamment à relativiser mes propos et à taper à peu près juste en mettant mon avis et ma propre sensibilité de côté.

Alors pourquoi la guerre pour ce second spectacle ?

Je n’en sais rien… Peut-être car en étudiant la religion j’ai aussi étudié la guerre, et que le sujet m’intéressait. La tension était déjà de plus en plus palpable au Proche-Orient, en Europe, et malheureusement je n’ai pas eu tort car j’avais commencé à écrire avant les attentats de Charlie Hebdo…
Le thème permet aussi d’un point de vue purement artistique d’aller là où les autres ne vont pas. Aucun thème n’est nouveau, mais l’avantage de se centrer sur un sujet c’est d’être assuré de dire des choses différentes des autres. La recherche permet de ne pas dire de conneries, de s’instruire et de se cultiver, et de pouvoir offrir au public quelque chose de construit, travaillé et différent, sans traiter ces sujets à la légère. Je crois que c’est une question de respect. On ne peut pas aller sur des sujets aussi graves sans être un minimum renseigné.
Et ça me permet aussi d’aller trouver des documents inédits. L’avantage d’étudier un thème pendant deux ans et demi, c’est que je trouve énormément de thèmes inspirants pour moi, et d’un point de vue efficacité humoristique c’est plus simple. Quand vous créez, vous avez des sketches que vous écrivez parfois en une heure, et d’autres sujets qui vous inspirent moins. L’avantage de mettre deux ans et demi à étudier, c’est que j’ai le choix entre plein de sujets qui m’ont inspiré immédiatement. Mais les gens ne viennent pas écouter une leçon de géopolitique, donc mon but c’est de faire marrer les gens et d’informer.
...En gros il y a donc plein de raisons différentes !

Et vous travaillez tout cela avec des co-auteurs ?

J’écris tout seul, mais j’ai mon bras droit qui me conseille, m’aide dans mes recherches et m’apporte un œil extérieur sur tout ce que je fais, que ce soit le one-man ou les projets sur lesquels je suis juste auteur.

Justement quel plaisir trouvez-vous à écrire pour d’autres humoristes ?

J’aime beaucoup cela ! Ca me repose, car pour mes projets je passe mon temps à lire des articles horribles et à rencontrer des cinglés, et le propos du spectacle est lourd à porter. J’ai parfois envie d’un peu de légèreté ! Ecrire pour les autres c’est donc stimulant intellectuellement et artistiquement, et j’aime le défi de rencontrer l’univers de quelqu’un et d’écrire en m’y adaptant.

Nous vous dérangeons en pleine séance d’écriture : une petite indiscrétion sur le projet en cours ?

Je produis le Festival Smile and Song en Belgique, un festival de musique et d’humour. Et dans ce cadre on enregistre une émission de télé en ouverture du gala (le 17 février 2017 ndlr), que je suis en train d’écrire car cette année je participe à tous les duos de ce spectacle…

 

Votre livre de chevet du moment ? Le livre de Philippe Croizon, Plus fort la vie, car je travaille une adaptation de sa vie au cinéma. Il est amputé des quatre membres et a relié les cinq continents à la nage et fait cette année le Paris-Dakar. On a racheté les droits de ses livres, c’est un ami à moi et il a accepté que je m’occupe de porter sa vie à l’écran car il en avait envie depuis longtemps mais les propositions ne l’avaient pas convaincu.

Vous vous éloignez donc de la comédie ? Oui et non, car le film sera quand même drôle. Philippe n’est pas quelqu’un de triste, il dit toujours que ce qui l’a sauvé c’est sa famille (sa femme et ses enfants) et l’humour. Et c’est ce qu’il voulait mettre à l’écran aussi. Bien sûr on ne va pas se taper le cul par terre toutes les cinq minutes, mais il y aura de l’humour dans le film.

Le meilleur moment d’une tournée ? Cette question est complexe… Les premières dates d’une tournée sont très dures car on est terrorisé, mais c’est très excitant ; il y a ensuite une deuxième phase où on a le spectacle en main et la chance qu’il marche, c’est une autoroute, on n’a presque plus peur avant de monter en scène, c’est agréable car on est dans le plaisir tout le temps. Il y a aussi des moments où on a un public qui n’est pas conquis d’avance, ce qui est agréable car il y a un côté challenge pour aller récupérer ces gens… La semaine à l’Olympia était aussi incroyable ! Je ne saurais pas vous dire lequel de tous ces moments est le mieux car c’est tout le temps différent…

Dernier coup de cœur sur écran (petit ou grand) ? J’ai des vrais coups de cœur une fois tous les cinq ans… Et ca fait six mois que je ne suis pas allé au cinéma ! Mais j’ai eu un coup de cœur sur scène pour la pièce Edmond qui raconte la vie d’Edmond de Rostand. Je ne suis pas très fan de théâtre habituellement, je suis rarement conquis, mais c’est la meilleure pièce que j’ai vue de ma vie. Mon ami Guillaume Sentou, un camarade d’On ne Demande qu’à en Rire est  magnifique dans le rôle principal. Jeu, texte, mise en scène, c’est incroyable ! C’est un chef-d’œuvre, qui m’a redonné envie de monter sur scène au théâtre. J’encourage tout le monde à aller la voir si vous le pouvez. Je suis sorti totalement bluffé.

jeremy ferrariJérémy Ferrari a séduit la Touraine : son spectacle à Tours le 24 mars 2017 affiche déjà complet ! N'attendez donc pas trop avant de réserver en quelques clics vos places pour le 14 février 2018 au Vinci .

 

 

Crédits Photos DR.