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FRANCIS PERRIN

« l’indépendance a guidé ma carrière »

Scapin, Sganarelle, Dandin... Francis Perrin connaît Molière sur le bout des doigts pour l’avoir joué à la Comédie Française et dans de nombreux théâtres en cinquante ans de carrière. Le comédien passionné incarne désormais le dramaturge, pour nous faire revivre ses dernières années dans Molière malgré moi.

Ce spectacle correspond-il à une envie de faire connaître Molière ?

L’idée c’est raconter les quinze dernières années de la vie de Molière, car on le connaît par quelques-unes de ses pièces alors qu’il en a écrit trente-trois. Il est joué dans le monde entier depuis trois siècles comme Shakespeare ou Tchekov, c’est un auteur qui représente la France dans tous les pays du monde. Mais ce qui m’intéressait c’était surtout l’homme, le chef de troupe, le chef d’entreprise qui a fait vivre cinquante personnes pendant quinze ans, qui écrivait, qui mettait en scène, qui gérait tout, qui allait chercher des subventions auprès du roi, qui a su plaire à la Cour et au peuple en même temps, ce qui était rare à l’époque.

Il n’y a pas grande différence avec la direction d’un théâtre aujourd’hui ?

Complètement ! Et les caractères qu’il a dépeints dans ses pièces n’ont pas bougé non plus, c’est la force des grands auteurs ! Et ce qui est encore plus fort c’est qu’il a fait rire avec ça, il tourne en ridicule des caractères qui pourraient être dramatiques. Les précieuses, les petits marquis suffisants, les dévots, les hypocrites, les avares… Toute une palette extraordinaire avec une force comique qu’on perçoit sur scène ! Il était d’ailleurs très fier d’être nommé Premier farceur de France.

Certains de vos contemporains montent sur scène pour raconter leur vie : est-ce qu’il y aurait du Molière chez vous ?

Il y a des similitudes dans la passion du théâtre, dans la manière de gérer une troupe et de faire partager sa passion du théâtre au public...

Francis Perrin ©Bernard Richebe

Cela faisait très longtemps que vous n'aviez pas écrit pour le théâtre, qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet ?

C’est une demande qu’on m’avait faite au festival de Pézenas il y a deux ans et demi, en me demandant de faire un spectacle sur Molière pour l’inauguration du Théâtre Molière qui avait été restauré. J’avais dit non, je ne voulais pas remonter seul en scène, et finalement si ! J’avais déjà fait des recherches sur Molière pour un livre que j’ai publié il y a une dizaine d’années, Molière, chef de troupe (édité chez Plon, ndlr), et j’ai donc écrit ce spectacle « malgré moi » car on m’a un peu forcé la main, mais j’en suis ravi car on va atteindre les 200 représentations, c’est formidable ! Je l’ai joué en Amérique, dans les îles des Dom-Tom, c’est vraiment extraordinaire !
L’Amérique était une belle expérience, le spectacle était sur-titré, mais à Boston, San Francisco, Los Angeles, New York ou Washington, les gens étaient enthousiastes, non seulement le public français mais aussi les nombreux américains qui aiment Molière.

Vous avez mené des recherches historiques sur Molière mais aussi pour d’autres livres : auriez-vous loupé votre vocation d’historien ?

Non mais j’adore l’histoire, je prends plaisir à faire mes recherches dans les bibliothèques, à retrouver l’histoire de personnages un peu atypiques comme Triboulet qui a été bouffon pendant 36 ans auprès de deux rois, Louis XII et François Ier, ce qui est exceptionnel ! La Bussière, un comédien pendant la Révolution qui a réussi à sauver plus de 1000 personnes de la guillotine… Ce sont des parcours atypiques que j’ai aimé explorer et raconter.

Y a-t-il d'autres personnages dont vous aimeriez raconter l'histoire ?

Je ne sais pas encore… Je suis très attiré par l’Angleterre des Tudor et notamment le personnage de Thomas More qui m’accroche beaucoup par son intégrité, sa résistance au roi pour rester dans ses idées, jusqu’à en mourir.

Vous n’avez pas fait que du théâtre, on vous a vu à la télévision, entendu à la radio... Vous êtes encore tenté par d’autres aventures artistiques ?

Je viens de fêter mes cinquante ans de carrière, et je peux jouer ce dont j’ai envie. Actuellement je joue le spectacle sur Molière, je tourne la série Mongeville qui a du succès sur France 3, j’écris quand je veux… Je suis comblé, j’espère juste que cela va continuer dans la sérénité. L’indépendance a guidé ma carrière, et c’est ma fierté de l’avoir menée comme je l’entendais. Mais tout cela est maintenant loin derrière. Je suis content d’être encore là et d’avoir encore mon nom au-dessus du titre au théâtre et d’être à la télévision, ce sont des beaux cadeaux de fin de carrière !

francis perrin ©Bernard Richebe

Votre dernier coup de coeur artistique ?  En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, un roman extraordinaire, un livre prodigieux pour partir dans l’imaginaire.

Votre chanson du moment ? Christophe Maé, "Il est où le bonheur"... J’aime bien Chrostophe Maé, il a une voix qui me touche.

La Touraine en trois mots ? Les châteaux de la Loire ! Mes parents m’y emmenaient souvent quand j’étais enfant… C’est peut-être de là que vient mon goût de l’histoire ? J’imaginais la vie dans ces châteaux.

Votre réplique préférée de Molière ?
"Et c’est une folie à nulle autre, seconde,
de vouloir se mêler de corriger le monde" dans le Misanthrope.

affiche Molière malgré moiPour vous glisser dans la vie de Molière, Francis Perrin vous donne rendez-vous le dimanche 5 mars 2017 à l'Escale de St Cyr/Loire

 

 

Crédits photo ©Bernard Richebé.