L’AGENDA DES SORTIES DU 37

lien agenda
  • image annonceur
  • image contact

Trouver une sortie



vincent delermVINCENT DELERM

« ce qui m’intéresse c’est parler d’un parcours »

Depuis bientôt quinze ans, Vincent Delerm chante des moments du quotidien, avec ironie ou mélancolie. De retour en 2016 avec un nouvel album, A présent, il sera en concert à Notre-Dame d’Oé le 14 janvier. L’occasion rêvée de lui poser quelques questions...

Votre dernier disque s’intitule A présent mais ses chansons font souvent référence au passé… C’est un disque nostalgique ?

Je ne crois pas car la nostalgie implique le regret, et mes chansons évoquent beaucoup le passé mais je ne pense pas qu’elles expriment le regret où l’idée que c’était génial et que j’aimerais le revivre. Les gens sont habitués à parler de nostalgie dès qu’on fait allusion au passé sans faire attention au sens du mot. On la confond ou on l’associe souvent à la mélancolie qui est encore autre chose. Evidemment sur mes disques on trouve des chansons qui sont mélancoliques, à côté de choses plus légères. Je ne prétendais pas faire un disque qui ne parle que du présent : à chaque fois que je parle du présent c’est pour faire une sorte d’état des lieux, mais cela n’a pas de sens si on ne fait pas allusion aux choses qui nous ont construits : on en est là aujourd’hui, après être passé par ça et ça et ça, donc forcément on fait appel au passé, mais ce qui m’intéresse c’est parler d’un parcours, d’une trajectoire. Pour moi il est impossible de décrire ce qu’on a sous les yeux sans évoquer ce par quoi on est passé avant.

Vous y chantez en duo avec Benjamin Biolay sur « Les chanteurs sont tous les mêmes » , où vous vous moquez un peu de ce métier : vous ne vous prenez pas au sérieux ?

Cette vision un peu ironique est dans l’esprit de ce que je fais souvent en spectacle, cette autodérision a toujours été là, elle est juste moins perceptible sur un single à la radio ou dans un album. L’essentiel de cette chanson c’est aussi une déclaration d’affection à ce métier, au fait de côtoyer d’autres chanteurs. J’étais fan d’autres chanteurs qui m’ont donné envie de faire ce métier, de faire partie de cette photographie des chanteurs avec leur caricature aussi. Et en même temps est-ce que c’est grave s’il y a des types qui portent une petite veste et font une chanson sur le fait que leur copine s’est barrée ? C’est presque la loi de la nature des chanteurs !

 

On retrouvera donc l'autodérision en live, et aussi des musiciens qui vous accompagnent : vous n'êtes plus seul en scène ?

On sera deux, mais c’est marrant car je ne suis pas si souvent seul sur scène, mais quand on est deux ou trois les gens se souviennent quand même d’un mec tout seul. Peut-être car c’est très incarné et que je raconte des trucs intimes. Sur cette tournée c’est Rémy Galichet qui m’accompagnera, comme une sorte de double, on jouera souvent à deux claviers, il joue également du trombone et d’autres instruments.

Retrouvera-t-on des créations visuelles comme sur la tournée précédente ?

Sur Les Amants parallèles on était un peu frustrés car tout était fait en temps réel avec un système d'ombres chinoises, et les gens pensaient que c’était de la vidéo, ce qui était un peu rude pour nous car c’était dur à réaliser ! Là il y aura donc effectivement de la vidéo, beaucoup de lettrages qui apparaissent sur un tube qui nous sépare l’un de l’autre. J’essaie toujours qu’il y ait autre chose que simplement des chansons, je fais en sorte qu’il y ait une narration, un fil conducteur, des éléments autres que la musique, pour que les gens aient la surprise. C’est important pour moi qu’il y ait plus que des chansons, qu’on ait l’impression que le mec s’est un peu embêté à proposer un spectacle entier et pas juste venir chanter les titres du dernier disque.

Puisqu'on parle de visuel, vous avez récemment publié des livres de photographies : ce sont des images que vous pensiez rendre publiques depuis longtemps ?

Cela fait une dizaine d’années que je fais ces photos, qui se sont accumulées au fil du temps, et je me disais qu’il faudrait en faire quelque chose, mais sans être dans l’urgence et sans nécessité, puisque ce n’est pas mon métier. J’ai donc pris mon temps, et là c’était le bon moment.

Vous vous êtes lancé également au cinéma avec la réalisation d'un premier film, où en êtes-vous ?

On a tourné la première partie il y a un an et on a mis le projet en pause, ce qui m’allait bien dans l’idée de faire les choses par étapes. J’avais envie de retourner sur scène, envie de chanter sur scène. On reprendra plus tard.

C'est une envie que vous aviez en tête depuis longtemps ?

C’est un truc dont on m’a souvent parlé, mais j’ai toujours eu le sentiment que c’était compliqué, plus lourd que ce que je connais dans la chanson et le spectacle où on est un peu le seul responsable. Finalement je me suis laissé convaincre... et c’est effectivement plus compliqué que la musique, cela prend plus de temps !

 

 

Votre gourmandise préférée ? Laissez-moi réfléchir car peut-être qu’on m’en offrira dans ma loge… Le réglisse !

Un film que vous pouvez voir et revoir sans vous lasser ?

Il y en a pas mal, mais celui que je revois toujours juste avant de partir en tournée ou durant les premiers jours, c’est Le Dernier Métro de Truffaut. C’est un film qui m’a donné envie de vivre cette vie, de faire ces allers-retours entre les coulisses et la scène, cela me fait mesurer la chance que j’ai de faire du spectacle.

En tournée quel est le meilleur moment ? Le moment le plus intense c’est dans la loge à 20h, quand les gens sont déjà dans la salle - il y a même certaines loges équipées de haut-parleurs où on entend le bruit de la salle. C’est un moment fort car on sait qu’ils sont venus pour vous, vous êtes responsable de leur soirée, il ne faut pas faire n’importe quoi avec ça. Il y a plein d’autres bons moments avec l’équipe, ou les saluts de la fin du spectacle, mais le plus intense c’est vraiment cette dernière demi-heure avant le début.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette nouvelle année ? De garder les gens que j’aime autour de moi, c’est la seule chose qui compte sur Terre, en tous cas je n’ai pas de plus grande ambition que ça !

vincent delermPour découvrir les nouvelles chansons de Vincent Delerm sur scène, rendez-vous à Oésia (Notre-Dame d'Oé) le vendredi 14 janvier à 20h30 ! Et pour suivre les actualités de l'artiste il suffit de cliquer ici.

 

Photos ©Cauboyz-Tot ou Tard

Vincent Delerm