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de palmasGERALD DE PALMAS

« les mots se baladent avec tout leur bagage »

Toujours entre blues et rock, Gérald de Palmas revient avec un nouvel album, La Beauté du Geste. Un retour aux sources après un détour par l’anglais dans son album précédent, une tournée qui passera par Tours le 14 janvier. Avec nous il revient sur son parcours et ce nouvel opus.

Votre précédent album s’intitulait juste De Palmas : il vous définissait ?

Je n’avais pas trouvé de titre peut-être car je ne savais pas bien où j’étais… Peut-être que le dernier, La Beauté du geste, me ressemble plus… Mais un album est de toute façon ponctuel, c’est une photographie de ce que vous êtes à un moment précis, et trois ans après vous n’êtes plus le même, ni humainement ni musicalement, je ne peux pas donc dire quel album me ressemble le plus.

Vous y chantiez en anglais : vous reviendrez à cette langue à l’avenir ?

Si jamais je rechante en anglais ce ne sera pas pour moi, ou sous un autre projet. Il est difficile d’avoir du poids dans les mots et d’aimer ce que vous êtes en train d’écrire et de dire si vous n’avez pas la socio-culture qui va derrière. Si vous écrivez un mot en anglais, il a son sens propre et éventuellement figuré, mais il n’aura pas le poids de son histoire. En français certains mots ont été utilisés par des politiques, des artistes dans des textes connus, les mots se baladent avec tout leur bagage. Cela ne marche que quand vous êtes baigné dans la socioculture de la langue. Les mots n’ont donc pas le même poids pour un francophone qui écrit en anglais.

Vous jouez tout de même certains titres sur scène ?

Non, pas trop, car j’ai ce travers d’être très sensible à ce que les gens pensent et à l’accueil qu’ils réservent à mes chansons. Quand je sens qu’il y a un petit désamour, cela provoque chez moi la même réaction par rapport à ces chansons. Je suis extrêmement sensible au regard des gens.

Dans La Beauté du geste vous utilisez parfois un langage familier, comme dans « J’ai envie de toi » ou dans « Ma petite reine »...

Ce sont des mots que j’emploierais naturellement dans certaines situations, comme tout le monde, mais le politiquement correct fait qu’on n’ose pas forcément aller vers ça. Je ne voulais pas que ce soit vulgaire, je voulais rester dans la maîtrise, et rester pertinent car il n’y a pas d’intérêt à être cru pour être cru. Il m’a fallu pas mal d’années pour me débarrasser de certaines inhibitions, avoir confiance en moi et pouvoir écrire de façon un peu différente.

 

Cet album a été enregistré dans les conditions du live : on le retrouve donc à l'identique sur scène ?

Il y a toujours des différences car le système d’écoute n’est pas le même entre être chez soi et être dans une salle. Même si l’album est enregistré dans les conditions du live on ne peut pas restituer les arrangements de la même façon. En plus, j’aime bien faire évoluer les arrangements, de manière totalement égoïste puisque c’est tout simplement pour trouver de l’excitation, prendre plaisir à faire de la musique. Y compris pour les nouveaux morceaux, et encore plus pour les morceaux plus anciens auxquels j’aime bien faire un petit lifting.

A presque 50 ans, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis « Sur la route » ?

De manière globale, je pense que vu les cartes que j’ai eues, je ne m’en suis pas trop mal tiré. Que ce soit musicalement et humainement par rapport à mon caractère, ma vie… Je ne vais pas me plaindre, je m’en suis pas trop mal sorti !

Vous êtes maintenant installé à la Réunion, votre île natale : cela modifie votre approche de la musique ?

Probablement, mais de manière inconsciente. Le fait de changer d’environnement, de façon de vivre, inévitablement cela change le processus de création, votre façon de travailler et ce que vous allez produire. Je suis conscient qu’il y a sans doute un changement, mais je ne sais pas ce qui se passe ou se passera précisément.

Donc pas de maloya à l'horizon ?

On ne sait jamais (rires). Mais par contre je sais que ce débit rythmique, ce groove m’a imprégné dans mon enfance. C’est un débit particulier, ni vraiment binaire ni vraiment ternaire, et je sais que dans ma façon de jouer j’ai l’envie d’être entre les deux et je pense que cela vient de cette musique-là…

 

 

Votre livre de chevet ? Je suis dans Schopenhauer, ça n’a pas l’air très funky mais c’est marrant ! Ce sont les Aphorismes sur la sagesse dans la vie.

Sur votre liste au Père Noël ? J’essaie d’arriver à vouloir le moins de choses, à ne plus avoir envie de choses, donc je ne demanderai rien du tout !

Dans votre mp3 ? Kiiara, DD Dumbo, j’aime bien aussi Amon Tobin en musique électronique, Näo…

affiche de palmasPour retrouver le groove de De Palmas sur scène, rendez-vous au Vinci de Tours le samedi 14 janvier 2017. Pour réserver c'est en cliquant ici, et pour suivre les actualités du chanteur c'est juste là.

 

 

Photos ©Denis Rouvre.