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GUILLAUME LE BAUBE
CHANEL KOEHL

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ACTUALITÉS

Parution du livre « Tours, des chemins et des hommes », textes de Benoït Piraudeau, photographies de Guillaume Le Baube et Chanel Kohel, éditions Sutton.
Exposition des photographies jusqu’au 31 décembre à La Boîte à Livres, Tours.
Dédicace à La Boîte à Livres avec Benoît Piraudeau et Chanel Koehl le 17 décembre à 15h.
Exposition au Château de Tours à partir du 2 février 2017 pour trois mois.

TOURS, DES CHEMINS ET DES HOMMES

Le projet : De grands destins ont vécu, sont passés même fugacement, par Tours, et très souvent à un moment charnière de leur existence, de Louis XI à Jean-Paul Sartre. Associer leurs noms connus ou méconnus à notre ville peut surprendre. Sartre, par exemple, c’est plutôt Paris et Saint-Germain. Et pourtant… Ce sont ces hommes, et ces femmes aussi (de Luitgarde, dernière épouse de Charlemagne à Thérèse Planiol, pionnière de la recherche sur le cerveau), qui révèlent le mieux les cinq axes autour desquels Tours s’est construite : les belles lettres, la musique, la gastronomie, l’armée et la médecine. Cinq axes, comme cinq doigts d’une même main de « jardinier » au cœur de la France qui se bat pour maintenir un équilibre poétique. Le livre est ainsi rythmé par des anecdotes historiques, révèle la grande Histoire, sur le fond, et révèle, sur la forme, de l’artisanat pour qui les détails n’en sont jamais vraiment.

L’équipe : Chanel Koehl, Guillaume Le Baube et moi-même avons démarré ce projet en janvier dernier, après quelques mois de réflexion et de tâtonnements. J’ai tracé, un cadre général, pendant qu’eux étaient libres, à l’intérieur de celui-ci, de poser l’œil là où leur talent et leur sensibilité les porterait. Ce faisant, ils sont parvenus à dire ce que je ne pouvais pas exprimer, cette dimension silencieuse, purement contemplative. Les personnages du livre émergent alors comme des « îles broussailleuses » au milieu d’un fleuve de photographies. Cette métaphore est tout à fait ligérienne.

Les photos : Nous avons choisi les photos de Chanel et de Guillaume qui illustraient le mieux récit, et suivant ce procédé, il s’est produit des petits miracles. Je vous donne un exemple.

Dans le chapitre Tours dans la guerre, je relate le désarroi de l’écrivain René Benjamin quand, en juin 1940, atterrissent dans son jardin de Savonnières des bouts de manuscrits enflammés. Ils proviennent, poussés par un vent violent, de l’ancienne bibliothèque municipale incendiée par des échanges de tirs. La scène est très forte, cruciale dans l’histoire de Tours amputée ce jour-là d’une grande partie de son patrimoine historique, médiéval principalement. Comment illustrer cet événement ? Quand la question s’est posée à moi, Guillaume photographiait Eugène Onéguine, un opéra de Tchaïkovski donné au Grand Théâtre, pour dire la chance d’avoir à Tours un tel équipement « à l’italienne » (comme l’est le format du livre). Guillaume m’a présenté ses clichés et parmi eux, une photo du héros de cette pièce, seul sur scène, prostré devant une chaise et sur lequel il pleuvait des feuilles, tombés des cintres… Rien n’avait été calculé, et pourtant le parallèle avec l’abattement de René Benjamin était évident, tragique et merveilleux à la fois. Et pas vraiment déconnecté avec l’actualité du monde aujourd’hui.

Derrière les mots et les images : Mon sentiment est que nous avons besoin de modèles positifs, inscrits dans l’Histoire, la grande et la petite, qui éclairent le présent et pourraient inspirer à de nouveaux talents l’idée de pousser dans ce « Jardin de la France ». Ma seule crainte, en revanche, est que notre société finisse de nous désapprendre la beauté de la langue et de nous faire perdre le goût de nos paysages pour lesquels j’estime qu’aucun combat n’est vain, désuet ou perdu d’avance. La ville de Tours, comme la France, dont elle fut à plusieurs reprises la capitale éphémère dans des moments tragiques (1870 et 1940), ne doit pas être lasse de la grandeur d’âme, de la philosophie et de la poésie de ceux qui, bien inspirés, l’ont traversée. Il faut savoir les apprécier, s’en souvenir, puis regarder droit devant de soi. Libre à chacun ensuite de tracer son propre chemin. J’espère que pour tous, à Tours, il sera beau.

Benoît Piraudeau.