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wax tailorWAX TAILOR

"La musique a une force d'évocation qui fait que chacun se raconte son histoire"

Un come-back qu'on attendait !
Après 
Dusty rainbow from the dark en 2012, et une tournée phénomène avec orchestre symphonique en 2014, Wax Tailor revient avec un 5e album, By any beats necessary dans les bacs ce vendredi 14 octobre. Avant de le découvrir au Temps Machine le 15 novembre, rendez-vous avec cet artiste à ne pas manquer.

Votre album précédent Dusty Rainbow était très narratif : By any beats necessary raconte aussi quelque chose ?

Dusty Rainbow était finalement le seul album où il y avait une histoire, By any beats necessary est donc plus proche des précédents. Mais dès le 1er disque je recevais des messages de gens qui me disaient adorer l’histoire. Au début cela me choquait, je ne comprenais pas pourquoi on me parlait d’histoire. Mais j’ai finalement réalisé que j’avais tout fait pour leur raconter quelque chose, et paradoxalement je m'étonnais après coup que les auditeurs le perçoivent ! C’est finalement ce qui m'intéresse avec la musique : elle a une force d'évocation qui fait que chacun se raconte son histoire. Le tout c’est d’avoir un contexte, de poser un décor pour que les gens voyagent. Un peu comme en littérature, on pose des bases… C’est pour ça que les spectateurs sont souvent déçus par les adaptations de livres au cinéma, car l’imaginaire est bien plus puissant que n’miporte quel réalisateur.

Pour cet album, l'histoire que vous racontez est celle d'un voyage ?

Le point de départ était le besoin d’évasion que j’avais, je me suis donc imaginé sur la route, comme une bande originale pour prendre la route… La mienne part du delta du Mississipi pour aller vers le Nouveau-Mexique, mais c’est personnel : certains s’imagineront peut-être en Argentine !

Les sons que vous samplez ont été grapillés au fil du chemin ?

Cela fait longtemps que je collectionne des disques, et j’ai la chance de voyager, ce qui m’aide à trouver de nouvelles sources. Mais un titre comme "I had a woman" n'a pas de mélodie réempruntée, c’est une composition à partir de 6 ou 7 extraits d’harmonica, note à note. J’ai le sentiment de faire un travail de plasticien, qui passe et repasse devant sa toile... Je réécoute énormément ce que je fais durant la phase de composition. J’ai besoin d’avoir une vision complète de ce que je suis en train de faire, ce qui me permet de réfléchir à un son pour tel morceau et de finalement me dire « ce serait parfait pour le morceau 13 ! ». L’idée est toujours d’emmener les gens quelque part.

 

Et quelle forme prendra le live ? Le voyage sera-t-il aussi fait d'images ?

J’ai une belle petite troupe avec moi ! Deux chanteuses, deux rappeurs, quatre musiciens. Le travail sur l’image n’est pas l'enjeu principal car je ne voulais pas retomber dans ce qu'on avait fait pour Dusty Rainbow qui était un album très narratif. On a donc retravaillé une installation avec un rapport à l’énergie un peu différent de la tournée précédente, plus épuré et plus rock. Par exemple j’ai pour la 1e fois un batteur avec moi sur cette tournée, ce qui n’est pas anodin car jusque-là j’ai toujours été le « chef d’orchestre » de la section rythmique ! L’énergie que cela procure est incomparable !

La composition est aussi une aventure collective ?

Je suis toujours très solitaire, la scène et l'album sont deux temps très différents. L’album c’est mon petit jardin dictatorial, j’ai besoin d’être dans mon histoire, mon fil conducteur, ici le road-trip. Les collaborations arrivent dans un deuxième temps, quand l’album est déjà instrumentalement en place. J’ai des idées de voix pour telle ou telle piste et je contacte les artistes qui m'intéressent pour leur présenter le projet.

Le chanteur est un instrument de plus dans un projet global ?

Je dirais que ce sont des acteurs dans mon scénario.

Justement vous avez travaillé pour le cinéma en réalisant la bande originale du film Paris de Cédric Klapisch, c'est une aventure que vous souhaitez poursuivre ?

Cela me tente, on m’a fait quelques propositions, mais le problème c’est qu’il faut que trois facteurs soit réunis : avoir du temps, le bon projet, et la pertinence de la collaboration. Je peux trouver le projet chouette, mais penser que je ne suis pas la personne la plus adaptée. Mais je pense que ça viendra un jour ou l’autre !

Sur l'album on retrouve des rappeurs comme Ghostface Killah du Wu Tang Clan ou R.A The Rugged Man : vous avez débuté dans le milieu hip-hop, qu'est-ce que cela vous a apporté ?

Tout ! Je suis un enfant du hip-hop de la fin des années 1980, son âge d’or. Aujourd’hui la culture hip-hop a grandi mais elle est partout et nulle part. A l’époque c’était un mouvement alternatif avec certaines valeurs, aujourd’hui c’est mainstream… Comme si l’iceberg s’était renversé : aujourd’hui on voit 90% de choses qu’on préfèrerait ne pas voir, et il faut aller sous l’eau pour voir les 10% qui valent le coup. Dans ma construction personnelle cela m’a apporté plein de choses.

Malgré tout on vous trouve dans les bacs dans la section électro, cela vous convient ?

Il y a 10 ans, j’étais un peu arc-bouté là-dessus, mais maintenant je m’en fous. Pour mon 1er album on m’avait demandé dans lequel des deux genres je voulais être classé, et j’avais opté pour l’électro car déjà à l’époque on était pollué par du rap français de troisième catégorie, du r’n’b poisseux qui étaient classés en hip-hop sans en être. A partir du moment où j'ai vu que The Herbaliser ou DJ Shadow étaient en électro, alors que ce n’était pas forcément de l'électro pure, pourquoi ne pas les rejoindre ! Aujourd’hui je suis plus détendu là-dessus car ce qui m’importe c’est surtout que les gens apprécient ma musique, quelle que soit l’étiquette. Il y a 10 ans j’étais plus snob !

Dans votre mp3 en ce moment ? Le dernier Jack White car je suis amoureux transi de sa musique, dès qu’il sort quelque chose je le fais tourner en boucle !

Dernier film coup de cœur ? Je vais tricher et vous parler d’une série : Vinyl, produite par martin Scorsese, ça me parle vraiment, c’est bien pensé, bien joué, bien réalisé, le chef déco est fou… C’est parfait !

Si vous pouviez voyager dans le temps, où iriez-vous ? En 1967, car la période 67 à 71 est obsessionnelle chez moi ! J'aurais voulu naître 25 ans plus tôt et connaître cette époque, c’est une période qui me passionne musicalement et sociétalement, j’ai la sensation que la musique et la société étaient liées. Je pourrais partir sur une ile déserte avec des albums de ces années-là et je serai aux anges !

Le meilleur moment dans un voyage ? C’est la découverte, le moment où on a une petite perte de repères, on se réveille le matin du 2e jour et on se rend compte qu’on n’est plus chez soi.

wax tailor albumEmbarquement prévu mardi 15 novembre au Temps Machine avec une première escale musicale assurée par le local de l'étape G.Bonson ! Toutes les infos pour réserver sont sur le site du Temps Machine, et pour suivre les actualités de Wax Tailor et vous procurer l'album, direction le site web officiel.

 

Photos ©Géraldine Petrovic