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LA PETITE HISTOIRE...

...DE LA FORTERESSE DE MONTBAZON

Sachez que la Touraine, sous ses apparences de beau Jardin de la France et paradis des princesses et châteaux de contes de fées, a eu sa part de massacres, viols et autres atrocités. De quoi faire passer Game of Thrones pour une simple fiction gentillette !

L’un des acteurs de ces épisodes sanglants n’était autre que Foulques III, comte d’Anjou. Ou Foulques Nerra pour les intimes, le noir, en référence à son teint mat.

Nous sommes à la charnière des Xe et XIe siècle, et il ne fait pas bon s’opposer à cet homme violent et cruel : assoiffé de conquêtes, il étend bientôt ses territoires de Vendôme jusqu’à Angers.

L’homme est en effet en lutte perpétuelle contre ses voisins. A l’époque, si on n’attaque pas, on est attaqué. Si on ne gagne pas du terrain, on en perdra ! Au fil de ses conquêtes, Foulques fait édifier des fortifications, à Montrésor, Langeais, et… Montbazon !

Les moines de l’abbaye de Cormery n’auront ainsi pas résisté longtemps à l’arrivée du combattant, et leur plainte auprès du roi en 991 restera lettre morte. Une fois installé aux abords de l’Indre, Foulques s’empresse de faire élever un donjon sur le talus qui permet de surveiller la rivière et les ennemis, dont son cousin le comte de Blois. L’édifice en impose : 36 mètres de hauteur (contre 28 aujourd’hui), des murs épais de 3 mètres au sol, une porte inaccessible sans échelle…

La place semble imprenable, mais ne résistera pas à certains assauts au fil de son histoire. Quant à Foulques, après avoir alterné toute sa vie entre cruauté et repentance extrême sur le chemin de Jérusalem, il  meurt au retour de son 3e voyage en Terre Sainte. C’est son fils Geoffroi qui prend le relais, avant que d’autres figures historiques ne posent leurs valises à Montbazon. Henri II Plantagenet puis Philippe Auguste transformeront ainsi le simple donjon en véritable forteresse au XIIe siècle.

Mais ce n’est que bien plus tard qu’une Vierge Marie pointe le bout de son nez. Pas d’apparition miraculeuse dans l’histoire, mais juste l’opiniâtreté d’un curé de campagne.

L’abbé Chauvin officie à Montbazon entre 1840 et 1890, ce qui lui laisse le temps de ravigoter la vie paroissiale locale. Et puisque l’impératrice Eugénie passe dans les parages lorsqu’elle se rend en Espagne, pourquoi ne pas redonner un peu d’allure à une forteresse presque en ruines qu’elle aperçoit sur son passage ? Ce sera chose faite en 1866 avec la pose d’une statue de 9,5 mètres au sommet du donjon.

Depuis, les mécènes se sont succédé pour remettre le donjon sur pied, et redonner à la forteresse du Faucon Noir son lustre d’antan… et ses habits d’autrefois avec les fréquentes animations qui replongent les lieux dans l’ambiance du Moyen-âge !