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LA PETITE HISTOIRE...

...DE MAX ERNST

Max Ersnt en Touraine ©D.BayTouraine, terre d’artistes ? A bien y regarder, notre belle région a accueilli Calder et ses mobiles, le poète Ronsard, les peintures d’Olivier Debré, les sculptures de Rodin et Claudel… Et aussi Max Ernst, mort il y a 40 ans tout juste.

Un Allemand un peu fada ? Plutôt dada ! Fils de peintre, le rejeton abandonne vite ses études de philo pour se consacrer à l’art. Il peint des premières toiles plutôt expressionnistes, mais se laisse bien vite happer par la nouveauté, synonyme de créativité échevelée : le surréalisme et le dadaïsme. Autrement dit : à bas les conventions, et vive l’imagination !

Véritable éponge artistique, Max Ernst fréquente le Montparnasse des années 1920 où il côtoie les poètes Paul Eluard, André Breton, Tristan Tzara ou Louis Aragon, et  l’Allemagne où il organise régulièrement des expositions-performances qui ne sont pas du goût de tout le monde… au point que l’expo de 1920 à Cologne est fermée pour trouble à l’ordre public !

Agitateur culturel, Ernst est aussi créateur de décors de ballet avec Joan Miró, sculpteur suite à sa rencontre avec Giacometti, … et cœur d’artichaut si l’on en croit ses multiples mariages.

Le jardin de la France Max ErnstEn matière d’art, il expérimente constamment : après la peinture, il crée des collages, puis invente le « frottage » : il passe un crayon sur une feuille de papier posée sur un support qui fera apparaître des reliefs où chacun laisse planer son imagination. Avec le « grattage », il travaillera les pigments directement sur la toile, et poursuivra constamment ses recherches dans tous les arts à la fois.

La plus belle Max ErnstSes explorations artistiques se poursuivent malgré son départ forcé pour les Etats-Unis lorsqu’éclate la 2e Guerre Mondiale (il est Allemand, souvenez-vous, et donc un potentiel ennemi). Marcel Duchamp et Marc Chagall sont aussi dans la Grosse Pomme new-yorkaise, de quoi poser ensemble les jalons de l’expressionnisme abstrait façon Jackson Pollock.

Et la Touraine me direz-vous ? Eh bien c’est après la guerre que Max Ernst revient en France, et s’installe à Huismes, petit village du Véron. De 1955 à 1963, il pose ses valises d’artiste globe-trotteur dans une ancienne ferme aux murs de tuffeau. Le détail a son importance, puisque le peintre et sculpteur apprendra à travailler cette pierre si typique du Val de Loire sous les conseils du maire d’Huismes et tailleur de pierre Gilles Chauvelin.

fontaine max ernst amboiseDe son séjour en Val de Loire naîtront le tableau Le Jardin de la France et de nombreuses sculptures, sans oublier bien sûr la fontaine de la ville d’Amboise ! Reparti vers le Sud en 1963, ce sculpteur qui a marqué le paysage tourangeau est à redécouvrir cet été grâce à l’exposition de l’Ecomusée du Véron de Savigny-en-Véron.

 

Illustrations :

Photo Max Ernst à Huismes ©D.Bay
La plus belle, 1967, collection Jean-Gilles Chauvelin ©Bernard Delorme Adagp, Paris 2009

Max Ernst ©D Bay