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STEPHANE ROUSSEAUSTÉPHANE ROUSSEAU

« Je casse l’image que les gens pouvaient avoir de moi »

L’humoriste venu du froid vient « briser la glace », le titre de son dernier spectacle. Le Québécois y mêle humour et ses personnages hauts en couleur avec des intermèdes musicaux grâce à des musiciens qui l’accompagnent sur scène. Il nous en dit plus.

Vous jouez votre spectacle sous deux titres différents en France et au Québec, les Français sont plus durs à faire rire sur certaines choses ?

Pas du tout ! C’est à peu près le même spectacle, avec quelques nuances car la langue est différente et les références aussi, mais c’est le même fil rouge, le même décor, les mêmes musiciens sur scène. Ce spectacle a débuté en France sous le titre «Brise la glace», mais ce titre n’est pas aussi exotique pour le Québec où je ne suis pas comme ici l’homme qui vient du froid, et puisque là-bas le public me connaît bien je ne peux pas prétendre «briser la glace» avec eux... J’avoue que j’ai d’ailleurs une préférence pour le titre québécois «Stéphane Rousseau est une princesse».

Vous êtes donc vraiment une princesse ?

En réalité c’est sans doute le spectacle le plus macho que j’ai proposé, et le titre m’amusait. « Brise la glace » est aussi un titre qui correspond bien au spectacle car j’y casse l’image que les gens pouvaient avoir de moi, je brise aussi le quatrième mur car j’interagis avec le public… Même si on reste dans la suite logique de mon spectacle précédent «Les confessions » avec l’idée de me raconter, le rythme y est différent.

Et pourquoi macho ?

Parce que j’y expose beaucoup de mes défauts, je défais l’image du gentil garçon et du bon gendre. Je parle de mon manque de compassion, de mon côté égocentrique, cynique, narcissique, alcoolique… évidemment j’exagère ! Je force le trait sur certains trucs, et je me donne aussi des défauts qui m’appartiennent peut-être moins, mais c’est pour dresser le portrait d’un homme qui se pose des questions à l’aube de la cinquantaine, qui fait le bilan de l’ensemble de ses conneries, et se demande ce qu’il peut faire pour s’améliorer et devenir un meilleur père, un meilleur amant, un meilleur mari, un meilleur copain… voir le chemin qui reste à faire car il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Et avez-vous adapté ce spectacle avec l’aide de comparses français, comme à votre habitude ?

Pour l’adapter de la France au Québec cela se fait naturellement, mais pour la France j’ai collaboré avec Arnaud Demanche, un humoriste français qui m’a aidé à trouver des références qui vous parlent, ou tout simplement des tournures de phrases, car des fois cela ne tient pas à grand-chose. Même si cela fait 13-14 ans que je viens régulièrement en France, il me manque quand même quelques clés. Des fois je ne comprends pas pourquoi une phrase ne fonctionne pas, et inverser deux mots peut faire toute la différence parce que le public n’a pas le temps de se poser des questions, il doit tout de suite comprendre les expressions. L’humour c’est chirurgical, ça doit être très précis, et c’est aussi musical, il doit y avoir une sorte de musique sympa qui permette de recevoir un rire à la fin de la phrase, et certaines musiques traversent très mal l’Atlantique, des expressions, des mots… C’est donc primordial d’avoir un second regard, venant de quelqu'un qui connaisse bien le terrain et puisse donner son point de vue.

Comment interviennent les musiciens et la chanson dans le spectacle ?

J’ai toujours aimé chanter mais j’en avais marre des bandes-sons, j’avais envie d’une vraie interaction et j’ai donc trouvé deux musiciens extraordinaires avec qui j'interagis car je les interpelle pendant le spectacle, on s’amuse beaucoup ensemble. En plus d’être très bons musiciens ils ont le sens de l’humour. Il fallait trouver un ton juste, que la musique ne prenne pas trop de place non plus, mais j’aime bien que cela vienne ponctuer les textes. Le but est toujours de faire sourire, et ça donne un dynamisme différent au spectacle, et des moments dans l’énergie pure de la musique rock, ou des morceaux de nostalgie qui peuvent nous ramener des souvenirs émouvants. C’est forcément une plus-value d’avoir ces deux êtres exceptionnels sur scène avec moi !

Vous dites ça au cas où ils nous lisent ? Mais si vous aimez chanter, est-ce que vous n'avez pas été tenté de sortir un disque ?

Ça m’a tenté souvent, j’ai même reçu des propositions au fil de ma carrière, mais je ne me suis jamais lancé totalement car j’ai énormément de respect pour les super chanteurs, interprètes et musiciens qui existent, et je savais que je ne me prenais pas assez au sérieux pour le faire sérieusement. Et je me suis surtout demandé si j’allais m’amuser dans ce genre d’expérience. Ayant participé à des plateaux musicaux, je me suis demandé si c’était mon univers, car il y a quelque chose de très intéressant dans tout ça, chanter permet de délivrer et vivre des émotions extraordinaires, mais je ne pense pas avoir complètement la fibre. Peut-être qu’un jour je commettrai un album mais pour l’instant je me suis donc retenu car j’ai déjà pas mal de cordes à mon arc.

Justement vous avez participé à la comédie musicale Chicago, vous retenteriez ce genre d'expérience ?

J’y avais pris beaucoup de plaisir mais je trouvais cela très exigeant. C’est 7 représentations par semaine : j’en suis à 4 ou 5 avec mon spectacle et je trouve déjà cela énorme, donc même si on n’est pas seul en scène et que c’est peut-être moins prenant, c’est tout de même très exigeant... et le voyage en groupe c’est pas mon truc ! Une vingtaine de personnes c’est beaucoup d’égos sur scène et moins de place dans la loge ! Donc ça reste un bon souvenir et j’y ai pris énormément de plaisir, mais j’ai refusé d’autres offres depuis car il y a tellement de gens qui ne rêvent que de ça que je préfère leur laisser le champ libre car ils le méritent sans doute plus que moi.

Avez-vous d'autres projets à venir en plus du spectacle ?

Sincèrement j’ai envie de me la couler douce, de peindre, de dessiner un peu plus, peut-être de jouer au cinéma… Mais j’ai du mal à faire deux choses à la fois. Quand je suis en tournée et que mon agent m’appelle pour des propositions j’ai tendance à dire non facilement car je suis fait comme ça, je dois absolument terminer un truc avant d’en entamer un autre. Je n’aime pas être débordé, c’ets sans doute mon côté fainéant qui me rattrape, j’aime bien avoir du temps pour moi, pour mes amis, pour voyager, … La tournée touche à sa fin, il reste une soixantaine de dates, après je vais pouvoir réfléchir à de nouvelles choses, peut-être l’écriture, jouer au cinéma ou ailleurs…

Vous évoquiez la peinture et le dessin, ça fait partie de votre jardin secret ?

Ça fait partie de mon jardin secret… et de mon instagram ! C’est pour moi un exutoire, je me sens libre dans l’atelier, je ne cherche pas à faire du beau, c’est presque thérapeutique, il y a un petit côté "je m’extériorise" sur toile ou sur papier, c’est un sentiment de liberté et cela me permet sans doute aussi de libérer certains petits démons.

photo Stephane Rousseau

La 1e chose que vous faites en arrivant en France ? Une sieste à cause du décalage horaire, et ensuite un café ou une bière en terrasse selon l’heure de la journée. J’aime bien regarder les gens marcher à Paris…

Un artiste québécois que vous nous conseilleriez ? Tout dépend de ce dont vous avez envie… c’est compliqué… Je dirais Fred Pellerin, qui vient parfois en France au fil de l’année : c’est un conteur, ses spectacles sont très folkloriques et émouvants, il est génial, généreux, tendre, touchant, il faut être attentif car c’est presque un dialecte, il joue dans un vieux français québécois très imagé, avec beaucoup d’humour.

Dernier film vu au cinéma ? The Revenant, et avec mon fils Vice-Versa.

C’est la saison du carnaval, votre costume préféré ? Je suis un collectionneur de déguisements, j’en ai des coffres pleins ! Mais depuis que je suis gamin Spider-Man  a toujours été mon favori, je l’ai dans ma table de chevet, au cas où on aurait besoin de moi pour sauver le monde...

stephane rousseau brise la glacePour "Briser la glace" avec Stéphane Rousseau, rendez-vous au Vinci de Tours le mardi 15 mars 2016. Et pour suivre son actualité, direction Facebook ou son site officiel.

STEPHANE ROUSSEAU