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AGNÈS JAOUI

« si quelque chose m’enthousiasme j’ai du mal à dire non »

Comédienne, réalisatrice, metteuse en scène, Agnès Jaoui a plus d’une corde à son arc. Depuis plusieurs années, le public a même pu en découvrir une nouvelle : le chant. Avant son passage à l’Intime Festival l’artiste a répondu à nos questions.

La musique fait partie de votre vie depuis longtemps, qu’est-ce qui vous a poussé à la faire sortir de votre sphère privée ?

Pour être sincère, c’est parce qu’on est venu me le proposer. Cela a été presque naturel, à partir du moment où j’ai rencontré ces musiciens à Cuba et qu’on a commencé à chanter ensemble dans les bars, alors que je chantais aussi du classique dans les églises en France avec le groupe Canto Allegre, ça a fini par se savoir. Pour le film Le rôle de sa vie le réalisateur m’a demandé de chanter car cela faisait partie du personnage que je jouais. C’est comme ça qu’Olivier Guzman a demandé à mon agent si c’était bien ma voix, et m’a proposé de chanter professionnellement. Je me suis dit : après tout, pourquoi pas ! Et c’était l’occasion aussi que les musiciens qui ne gagnaient pas bien leur vie dans les bars la gagnent mieux en tournée…

D’un point de vue technique, vous vous étiez formée en chant lyrique, est-ce que le passage à la chanson traditionnelle ou de variété n’est pas difficile techniquement ?

Avoir fait du chant lyrique me facilite les choses, mais c’est un travail différent avec beaucoup de points communs tout de même. Etant comédienne j’ai l’habitude de la voix parlée sur scène… Le chant lyrique est quelque chose que j’aime beaucoup, et je sais qu’en France on a longtemps dit qu’il fallait travailler soit l’un soit l’autre et surtout pas les deux types de chant, mais je ne suis pas d’accord et j’aime faire les deux. D’ailleurs j’en profite parfois dans les concerts pour les mêler. Il m’est arrivé de mélanger du classique et de la variété et je trouve toujours ça très joyeux et enrichissant, pour moi comme pour le public.

On retrouve sur votre album Nostalgias des chansons de grands noms de la musique latinoaméricaine : comment les avez-vous choisis ?

Je travaille avec le Quintet Oficial depuis près de 15 ans, donc entre chaque disque ou concert on essaie des chansons nouvelles, c’est un échange entre les musiciens, moi et Fernando Fiszbein qui est le directeur musical. On teste des choses, la plupart du temps les chansons viennent de moi mais elles ne sont pas toutes intéressantes musicalement… C’est un travail commun qui se fait sur le long terme.

Ces voyages musicaux sont aussi l’occasion de voyages personnels dans ces pays pour en ramener des chansons ?

Oui je voyage en Amérique Latine parfois pour des films, ou à Cuba car j’y ai des liens. J’en profite pour écouter de la musique mais cela vaut pour n’importe quel voyage, pour le Portugal où n’importe quel endroit où je peux entendre de la musique. Quand je fais des interviews je demande en général à avoir un moment pour aller dans les musées, et le soir quand on me demande ce que je veux faire je dis que je voudrais écouter de la musique, quand ce sont des pays de musique évidemment.

Vous arrivez à conjuguer tant dans vos envies que dans votre emploi du temps vos activités musicales et de comédienne ?

Des fois j’ai mal à la tête ! Je m’y perds parfois, d’autant que je ne dis pas oui à tout, mais dès que quelque chose m’enthousiasme j’ai du mal à dire non. Je me retrouve parfois à me demander comment je vais faire pour tout concilier, mais les choses se font. J’ai peu de jours de congé, mais n’exagérons rien, je ne travaille pas à la mine, c’est du plaisir !

Jean-Pierre Bacri a par exemple annoncé la réalisation d’un nouveau projet avec lui, « Place Publique » qui abordera les questions de vie privée et vie publique, comment gérez-vous ces aspects-là dans un monde où la vie privée s’étale un peu partout ?

C’est le titre qu’il a donné à tout le monde ! C’est pour l’été 2017, car justement avant cela je chante, je joue,… Pour la vie privée, en réalité il suffit de dire non. Si j’avais eu quinze ans et que la célébrité m’était tombée dessus, je n’aurais sans doute pas su dire non, cela doit être franchement compliqué pour les gens qui n’ont rien demandé, les fils de gens célèbres, etc. Après, on peut dire non, et on découvre aussi avec Facebook et compagnie que certaines personnes aiment qu’on sache tout d’elle ! Donc s’ils adorent ça tant mieux pour eux ! En ce qui me concerne, on sait qu'il y a des endroits où il ne faut pas aller si on ne veut pas devenir un personnage public, c'est aussi simple que ça. C'est entre autres pour cette raison que je vais peu à la télé car je sais ce que ça déclenche.

Un rêve fou ce serait de vous voir préparer une comédie musicale : est-ce l’un de vos projets ?

Ça fait absolument partie de mes envies ! A chaque fois qu’on commence un film avec Jean-Pierre, on se dit que ce sera une comédie musicale et à chaque fois ça ne l’est pas du tout. Mais l’envie est là, nous verrons quand elle se réalisera.

 

Le sport que vous aimez pratiquer ? La barre au sol.

La dernière exposition vue ? Une expo à laquelle j’ai participé à Rouen au Musée des beaux-arts. Je ne vous la conseille pas car j’y ai participé mais pour découvrir le musée qui est une splendeur et qui fait un beau travail avec « Le temps des collections », une chouette idée pour ouvrir le musée à d’autres publics.

Votre moment préféré sur scène ? Les derniers morceaux.

En ce moment dans votre mp3 ? Dorsaf Hamdani, qui chante et du Fairouz et du Barbara, et un album d’Albin de la Simone qui date un peu mais que j’ai remis et que je n’arrête pas d’écouter ces jours-ci.

agnes jaouiLa tournée 2016 d'Agnès Jaoui passe par l'Intime Festival de Saint-Avertin le jeudi 25 février 2016. Pour découvrir l'ensemble de la programmation du festival, rendez-vous sur le site de la ville.

 

Photos ©Patrick Swirc

 

AGNES JAOUI