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LA PETITE HISTOIRE...

...DU DESSIN DE PRESSE

Journal L'illustrationComment faire pour montrer ce que le lecteur ne peut pas voir ? Avant que la photo ne se démocratise, c’est le dessin qui fait office d’illustration... comme le journal du même nom qui, de 1843 à 1944, ne sera imagé que de croquis et dessins variés.

Mais l’essor de la photographie, de plus en plus simple et bon marché, et perçue comme plus fidèle au réel, renvoie le dessin au placard… ou presque : la caricature a toujours de beaux jours devant elle!

Apparue dès le XVIIe siècle, la caricature prend son envol avec la Révolution. Il faut dire que les grands hommes et leurs petitesses offrent de quoi s’amuser aux dessinateurs de l’époque. Les artistes du XIXe siècle seront encore mieux lotis car de Louis XVIII à Napoléon III en passant par Louis-Philippe, ils ont à peine besoin de forcer le trait.

Dans les journaux mais aussi sur des feuilles volantes vendues à l’unité dans la rue ou chez le marchand d’estampes, la gravure et le dessin ont leurs stars : Honoré Daumier fait les beaux jours des journaux La Caricature et Charivari dans les années 1830, aux côtés de Cham, Grandville ou Gavarny.

Les «victimes» bien malgré elles de ces croquis moqueurs sont conscientes du danger du coup de crayon : alors que la presse écrite n’est accessible qu’aux lettrés, le dessin, lui, est visible de tous, y compris le peuple analphabète ! Censure, condamnations… la répression.

Louis Philippe en Gargantua par DaumierLe grand Daumier lui-même passe par la case prison pour une gravure dans laquelle Louis-Philippe apparaît en Gargantua. Les experts du dessin moqueur s’arrangent donc pour contourner l’obstacle avec des images plus subtiles, et s’intéressent aussi au peuple pour en caricaturer les mœurs.

 

Ce combat à armes légales dure jusqu’en 1881, lorsque l’abolition des lois sur la presse lâche la bride aux artistes. On s’en donne alors à cœur joie dans la presse ou pour des affiches de propagande : l’affaire Dreyfus, la séparation entre l’Eglise et l’Etat, les deux guerres mondiales,…

Canard EnchainéAprès un passage à vide post-1945, le dessin revient en force dans les années 1960-1970, aidé par la BD qui a le vent en poupe. C’est là qu’on voit naître Hara-Kiri puis Charlie Hebdo, emmenés par les crayons affutés du Professeur Choron et de Cavanna et leurs acolytes. Quant au Canard Enchaîné, il persiste et signe : depuis 1914, ses pages noir&blanc s’imagent uniquement de dessins.

Gelluck 11 janvierAujourd’hui, si la caricature est considérée comme élément de la liberté d’expression et autorisé par la loi, le dessin peut aussi être attaqué en justice pour injure ou discrimination. Une chose est sûre : il n’arrête pas encore la bêtise armée qui pense abattre la pensée crayonnée à balles réelles.

dessin P.Gelluck

 

 

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