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Pascal FoussardPASCAL FOUSSARD

« Avoir une direction stable c’est important »

Pascal Foussard connaît le Tours Volley Ball comme sa poche : joueur, entraîneur, et aujourd’hui manager, il a  accompagné le TVB vers les sommets des championnats français et internationaux. PROG! fait le point avec lui, entre Tours et ses fonctions de manager en équipe de France.

Vous avez fait toute votre carrière au TVB : vous n’avez jamais eu envie de vous frotter à d’autres clubs ?

Cela fait effectivement 34 ans que je suis là, mais j’ai la chance d’être dans le meilleur club français depuis des années. Même en tant que joueur et entraîneur je sentais qu’il y avait des possibilités, et j’ai grandi avec le club, on a passé ensemble beaucoup d’étapes depuis la montée en Pro A, les Plays Off, être européen, gagner des titres, être champion d’Europe… Il y a toute une progression incroyable pour un club de volley et dans une région comme la Touraine.

Vous êtes aujourd’hui manager : cela consiste en quoi ?

C’est l’équivalent de ce qu’on appelle directeur sportif dans le foot, avec peut-être un peu plus de pouvoir. Je m’occupe de la gestion du club, des recrutements tant sportifs que financiers, sous le regard du président Jacques Bouhier avec qui nous échangeons quotidiennement. Il est directeur de chez Leclerc donc il m’a en quelque sorte mis au poste de directeur de magasin, et je fais la "gestion des stocks" toujours en relation avec lui. Ce travail en osmose est important, et je ne pense pas qu’on aurait ces résultats sans cela. On le voit dans le paysage sportif tourangeau : avoir une direction stable c’est important.

Vous ne vous mêlez donc plus de l'entraînement ?

Oh si! Je m'en mêle énormément, je suis un manager assez atypique car je suis très proche du terrain, j'assiste à tous les entraînements, je suis sur les matchs avec l'entraineur Mauricio Motta Paes pour des raisons pratiques et des économies d'échelle. Je suis un manager qui est très présent sportivement, ce qui reste logique puisque je ne peux pas décider de garder ou de recruter des joueurs sans savoir ce qui se passe en entrainement et en match. J'essaie d'avoir une vue précise de ce qu'on fait et de ce qu'on va faire.

Question recrutement il y a environ 2/3 de joueurs français au TVB : c’est le reflet du volley français d’aujourd’hui ?

Tout à fait car les meilleurs joueurs français jouent à l’étranger. En équipe de France, sur les 14 joueurs au Championnat d’Europe, 10 jouent à l’étranger. Au total il y a un volant de 20-25 joueurs qu’on ne peut pas toucher financièrement donc comme il n’y a pas un gros volume de joueurs français on est obligé d’aller voir ce qui se passe à l’étranger. C’est peut-être dommage pour le volley français, mais les rapports économiques comptent : prendre un joueur français représente parfois un investissement plus important qu’un joueur étranger à niveau égal.

Observe-t-on le même phénomène de fuite des talents entre le centre de formation du TVB et les équipes pro ?

Aujourd'hui le TVB est au très haut niveau français, donc la passerelle est compliquée. Tous les ans on a deux joueurs du Centre de Formation qui sont en permanence avec nous, ils tournent, et le Centre abreuve beaucoup de clubs de Pro B, de N1 et de N2, mais nous sommes là aussi pour ça. La formation n'est pas destinée qu'au TVB, elle doit servir à l'ensemble du volley français. Il ne faut pas penser la formation uniquement pour soi, sinon on ne progresse pas. On a un axe de formation très régional car on est basé sur des classes horaires aménagés dans un collège et un lycée, et on a le centre de formation, mais on essaie d'avoir un recrutement régional pour que le volley se développe dans la région et pour rester cohérent par rapport aux subventions qu'on reçoit de la ville, du département et de la région.

Et justement quel est l'état du volley en Région Centre ?

Le volley est faible, donc si le centre de formation peut amener les joueurs à intégrer d'autres clubs de la région c'est intéressant pour le développement de notre sport.

Le début de championnat est mitigé, quand peut se produire le tournant d'un championnat de France ?

L'an dernier on a tourné entre la 8e et la 11e place jusqu'en février et ensuite on n'a plus perdu un seul match et fini 4e. Le volley est un sport de vitesse et de précision donc il faut plus de temps que dans d'autres sports pour voir se dessiner les résultats. Cette année les joueurs sont revenus tardivement des compétitions internationales et c'est pareil pour toutes les équipes.

En parlant de vitesse, des changements de règles du jeu sont intervenus en 1998 pour favoriser le dynamisme des matchs et leurs retransmissions télé. Avec le recul, ça a marché ?

Au début j'étais contre, comme beaucoup par rapport à tout changement, mais avec le recul c'est effectivement plus dynamique, chaque point compte. Avant cela, les matchs pouvaient durer 4h, c'était donc compliqué de passer à la télé, alors qu'aujourd'hui les matchs ne dépassent pas 2h-2h15, un format qui passe mieux auprès des médias qui s'y intéressent de plus en plus. Avec des règles plus simples le grand public est plus présent, donc c'est un choix gagnant.

L'année 2015 a été marquée par les succès à tous les niveaux (Supercoupe, Coupe de France et Championnat avec le TVB, victoires en Championnat d'Europe et Ligue Mondiale avec les Bleus): il vous reste encore des rêves à réaliser ?

Je suis venu en équipe de France avec Laurent Tillié et Arnaud Josserand autour d'un projet : une olympiade. C'est un travail sur quatre ans, jusqu'ici on a fait les championnats du monde où on a fini 4e, on a gagné la Ligue mondiale et les championnats d'Europe, donc maintenant on veut se qualifier pour les Jeux Olympiques, et c'est très dur. Mais c'est le point d'orgue de notre projet, finir avec les J.O. C'est une compétition que je n'ai jamais faite de ma vie. Je n'ai donc qu'un souhait c'est d'y aller et finaliser ce beau projet avec une participation aux J.O.

Le travail au TVB et en équipe de France est-il très différent ?

Oui, ne serait-ce que parce qu’au TVB les joueurs sont salariés et pas en équipe de France. Avec les Bleus on passe beaucoup de temps ensemble - 150 jours en 5 mois ce qui est énorme, donc il faut être fin dans ses relations, écouter, passer du temps avec les gens. On a un staff à l’écoute des joueurs et les joueurs le sont aussi envers le staff, c’est une des clés de notre réussite.

Votre péché mignon ? Le fromage et le vin.

Une bonne résolution 2016 ? Refaire un peu plus de sport mais je manque de temps.

Dans votre playlist du moment ? Oh vous savez j'écoute juste la radio en voiture. Dans les vestiaires j'entends aussi beaucoup de choses, qui me plaisent plus ou moins.

Dernier coup de cœur cinéma ? Je n'ai pas le temps d'y aller !

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